‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 220 sur 412 · RiCH, A narrative, p · texte numérisé non relu

RiCH, A narrative, p

3. Sur le caractère do l'appareil persépolitain, voir Trxier, Description, t. II. pp. 165-166; Fl'VNDIN, Relation, t. II, p. 150.

298'. — Excavations préparées pour recevoir les queues d aronde, plan et coupe. Dieulafoy, LArt antique, I, flg. 16.

blocs que contient une paroi qui a près de 1 000 mètres de long sur une

/ -Ai

hauteur de 10 à 13 mètres, c'aurait été compliquer singulièrement un travail qui, même dans les conditions où il a été exécuté, étonne en-

core par sa grandeur, par la somme d'efforts et de dépenses qu'il représente ((ig. 300). C'est sans doute pour la môme raison qu'ici les assises ne sont pas réglées, sauf par endroits. Il y a, sur la face sud, tout un pan de muraille où la pierre a reçu à peu près les mêmes façons que dans le monument de la vallée du Polvar; mais ce nest là qu'une exception. Partout ailleurs on a tenu à utiliser, le plus vile possible, tous les matériaux qui avaient été apportés sur les chantiers. Les pierres sont de grandeurs et de surfaces apparentes très inégales; il y en a de carrées, de rectangulaires, de trapézoïdales, d'autres sont plus ou moins irrégulières; toutes s'enchevêtrent les unes dans les autres. Les lits et les joints de tous ces blocs sont d'ail-

300. — Persépolis. Mur de soutènement du plateau, appareil des assises sur la face du grand escalier. Flandin et Cosle, Perse ancienne, pi. LXVIII.

leurs dressés avec une telle précision, qu'il y a des endroits où l'on peut à peine les distinguer, et c'est ce qui explique la longue durée de cet ouvrage que tant de siècles ont laissé presque intact. C'est bien de l'appareil polygonal, mais du polygonal exécuté, de propos déhbéré, par des gens qui connaissaient toutes les finesses de la taille la plus savante et qui ont eu recours à ce mode de pose parce qu'il donnait à l'ensemble du mur une plus forte cohésion, une faculté supérieure de résistance. Nos ingénieurs, dans des conditions analogues, ne font-ils pas encore souvent usage de cet appareil?

Du plus ou moins de régularité des assises, on ne saurait donc rien inférer au sujet de l'âge des monuments où se présentent ces variantes, qui sont ici sans importance. Le constructeur perse, suivant les circonstances, employait, à son gré, diverses formes du grand appareil. Comparez, par exemple, les deux tours funéraires de Pasargade et de Nakch-i-Roustem ((ig. 301). Elles sont bâties sur le même plan et, dans toutes les deux, malgré quelques irrégularités, l'appareil présente une tendance marquée a l'horizontalité des assises.

Ces tours offrent une curieuse particularité de construction/ qui

301. — La tour funéraire de Nakch-i-Rou8teni. Dieulafoy, I/Art antique, I, pi. VI.

n'a pas encore été bien expliquée. On y remarquera des alvéoles rectan-

Page 1