‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 222 sur 412 · DiEULAFOY, Premier rapport, pp · texte numérisé non relu

DiEULAFOY, Premier rapport, pp

4. QuLNTE-Ct'RCE, V, VII, o : « Milita ceclro œdirtcatu erat regia; (fu.i» ccleriter, igiie coucepto, late fudit iiicencliiim. »

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que, là où les descriptions et les discours ne lui donnent pas roccasion de se livrer à sa verve de rhéteur en quête de beaux développements, il se borne souvent à traduire les documents anciens, aujourd'hui perdus, que, comme Arrien, il avait encore entre les mains \ L'étude des ruines confirme d'ailleurs son témoignage. Les supports sur lesquels reposaient les plafonds des salles hypostyles sont trop écartés pour que l'on puisse admettre qu'ils aient été destinés à recevoir des poutres de pierre ; vu la largeur del'entre-colonnement, il aurait fallu donner à ces architraves une longueur démesurée. Ces supports sont d'ailleurs très minces; ils se seraient brisés,* si l'on avait entrepris

de les charger d'un poids semblable à celui de la couverture lapidaire des édifices égyptiens. D'ailleurs , en examinant les combles figurés dans les tombes rupestres de Persépolis, on y reconnaît à première vue la copie exacte de combles en charpente. Pour couvrir de vastes espaces comme ceux des salles hypostyles, il fallait une énorme quantité de bois ; tout ce bois, surtout là où l'incendie a fait son œuvre, n'a pu disparaître sans qu'il en reste quelque trace; aussi dans certains édifices, comme dans la Salle aux cent colonnes, le sol est-il partout jonché de cendres et de charbons. Ceux-ci forment là une couche assez épaisse pour que Ton en tire un sûr indice de l'existence des charpentes ; mais ils ne nous apprennent pas comment elles étaient établies, d'après quel système étaient assemblés les éléments qui les composaient. Ce qui permet de les restituer, c'est l'empreinte qu'elles ont laissée sur le sommet des antes, à Pasargade et à Persépolis. Les entailles que le ciseau a ménagées dans la tête de ces piliers donnent, en coupe, la dimension et le profil des madriers dont les extrémités portaient autrefois sur les crans de cette sorte de crémaillère (fig. 288 et 304).

Là où, comme dans les bâtiments de faible ou de moyenne dimension, il y avait, sur la façade, un portique compris entre deux antes, la charpente était fort simple ; elle se laisse aisément restaurer. Voici

i. DossoN, Étude sur Quinie-Curce, sa vie et son œuvre, 1886, in-S*». Voir surtout la seconde partie, sur les sources et la critique de Quinte-Curce.

304. — Persépolis. Palais n* 6. Profil d'une anto. Coste et Flandin, pi. CXLII.

par exemple ce qu'elle devait être dans le petit palais de Darius (fig. 290, n° 6). Les deux croquis ci-joints en montrent Tcntablement, vu d^ dessous et de dessus, tel que M. Chipiez le rétablit d après Tarcbitecture feinte des tombeaux et d'après les entailles ménagées dans la face latérale de Tante (fîg. 305 et 306). Deux madriers superposés forment Tarchitrave, au-dessus de laquelle on voit les abouts des solives, qui présentent au dehors Taspect d'une série de denticules. Dans l'intérieur du comble, ces solives supportent un lourd matelas de terre; celui-ci est maintenu en . place, comme dans les constructions de la Lycie, par une haute corniche faite de trois ou quatre cours de madriers. Le tout forme, au-dessus du portique, une très forte saillie, à la manière d'un auvent.

La terrasse est encore aujourd'hui en usage dans toute la Perse. Épaisse de près d'un mètre, elle est faite d'une sorte de

pisé, où il entre de la paille hachée; la terre en est fortement pilonnée. Sur chaque toit, on rencontre un rouleau destiné à réparer les dommages causés par la saison des pluies. La terrasse a un défaut : elle résiste mal à des intempéries trop prolongées; elle finit par se détremper et par laisser passer l'eau. En revanche, faite d'une matière qui est mauvaise conductrice de la chaleur, elle atténue, mieux que tout autre mode de couverture, les effets des ardeurs de l'été. On peut d'ail-

305 et 306. — La charpente du petit palais de Darius, restituée par M. Chipiez, en projection isométrique, et le pilier encore subsistant.

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