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réunies par un plan vertical. C'est surtout la spire inférieure qui étonne le regard; on ne s'en explique point le mouvement; on ne voit pas quelle forme animale ou végétale en aurait suggéré la pensée première.
Grâce à cette succession, à cette accumulation de motifs, Tarchitecte arrive, il est vrai, à passer sans heurt de la forme conique du fût à la forme rectangulaire du chapiteau bicéphale; mais Tun au moins de ces motifs, le prisme décoré de volutes, n'est pas d'un efifet heureux. Le grand défaut de cette transition, c'est d'ailleurs d'être trop longue et de sembler trahir un certain embarras; elle prend, si vous mettez à part la base et le chapiteau bicéphale, plus du tiers de la hauteur totale du support. Ce problème de la jonction des formes s'est imposé à tous les peuples dont l'art a fait une grande place à la colonne; mais aucun d'eux n'a employé, pour le résoudre, une méthode aussi laborieuse et aussi compliquée.
C'était la colonne à double chapiteau et à volutes qui se dressait entre les quatre énormes piliers des propylées monumentales du plateau de Persépolis, elle encore qui là, dans le grand palais de Xerxès, soutenait le plafond de la salle centrale, tandis que dans les portiques qui flanquaient cette salle sur trois de ses faces, on s'était contenté du simple chapiteau bicéphale. C'est aussi à ce type que paraissent avoir appartenu les supports de la Salle aux cent colonnes, ceux de l'intérieur comme ceux du portique de la façade'; il en est de même dans la salle hypostyle d'Artaxerxès, à Suse. Le premier type, le plus simple, paraissait suffire pour les petits palais, pour ceux qui servaient d'habitation; mais on préférait le second, plus décoratif et d'un aspect plus riche, pour ces édifices somptueux où le souverain recevait les hommages des chefs de son peuple et des ambassadeurs étrangers. Si, comme dans l'un de ces bâtiments, dans celui où la colonne était le plus colossale, ce type complexe ne se rencontrait pas partout, au moins y figurait-il dans la partie principale de la construction, dans la
1. On n'avait, jusqu'à ces derniers temps, retrouvé que de faibles débris de ces chapiteaux; cependant Coste avait pu en voir assez pour s'exprimer ainsi dans ses notes manu:^crites : « Les fûts des colonnes sont cannelés à vives arêtes; les chapiteaux sont formés de quatre parties distinctes, comme ceux du portique n® i . » Les fouilles faites il y a une dizaine d'années ont dégagé de nombreux fûts et débris de chapiteau (Stolze, Bemerkunyen, f.). Dans les planches 67, 68 et 60 tle l'atlas jiublié par la mission allemande, sous ce titre, Détails des colonnes^ on trouvera photographiés des fragments du groupe des taureaux, des piliei-s à volutes, et de la partie cylindrique qui fait la transition entre ceux-ci et le fût. On a tous les éléments nécessaires pour une restitution de la colonne.
pièce où à certains jours de l'année le roi des rois siégeait en graude pompe sur son trône; celle-ci se distinguait ainsi, à première vue, des portiques latéraux sous lesquels se répandait la foule admise à contempler ce spectacle.
Quand on a décrit la colonne perse et analysé les éléments qui la composent, on ne résiste pas à la tentation de se demander d'où elle vient, si Ton peut ainsi parler, c'est-à-dire où elle a pris naissance, jusqu'à quel point elle est originale et dans quelle mesure les artistes qui l'ont créée se sont inspirés de types antérieurs et de modèles étrangers; on veut s'expliquer les caractères particuliers qui la distinguent, tels que la gracilité singulière de son fût et les formes toutes spéciales de sa base et de son chapiteau.
On a proposé d'admettre que le support égyptien, à le considérer même dans ses types les plus achevés, dérive du pilier qui, taillé dans la roche vive, servait à soutenir le plafond des hypogées. Cette théorie n'a rien d'invraisemblable. On suit pas à pas le travail qui, par une suite de retouches et d'heureux perfectionnements, a dégagé du pilier massif la noble et fière colonne de Louqsor et de Karnak; celle-ci, jusque dans ces édifices qui sont le chef-d'œuvre de l'art égyptien, garde des proportions qui en rappellent les origines et la physionomie première ; il lui faut d'ailleurs rester puissante et un peu trapue pour ne pas fléchir sous le poids des énormes architraves, des lourds combles de pierre dont le fardeau lui est imposé par le constructeur*. A mesurer de l'œil la colonne perse, on sent qu'elle n'a pas le même point de départ (fig. 318). Si, jusque dans les édifices les plus grandioses qu'ait bâtis la royauté achéménide, elle ne porte jamais que du bois, elle n'a pu avoir d'autre rôle avant que l'architecture dont elle fait partie intégrante se fût essayée à de si hautes entreprises, et, par suite, elle laisse deviner le temps où, dans des constructions plus simples, le support était tiré de la même matière que le comble en charpente. C'était un tronc d'arbre. Ce support primitif, le grossier ancêtre de l'élégante colonne des édifices de Persépolis et de Suse, on peut s'en faire une idée par celui sur lequel reposent les toitures plates des maisons dont se composent aujourd'hui les villages du Mazendéran, une de ces provinces riveraines de la mer Caspienne où les Ariens ont séjourné avant de se répandre sur le plateau de l'Iran (fig. 319). Il y a une ressemblance frappante entre l'entablement de ces habitations et celui des palais
l. Histoire de l'Art, !.. H, pp. .■)4:)-oo2.
perses, tel que nous le comprenons et que nous l'avons restitué ; mais la colonne ne se prête pas moins bien h la comparaison. La pièce de bois qui la couronne fait sur le fût une saillie très marquée; elle s'étend, de droite et de gauche, dans le même sens que Tarchitrave, comme pour mieux Tépouser et lui fournir un plus solide appui; sa masse est à
peu près celle que présenterait, avant Tépaiinelage, le chapiteau bicéphale des ordres persépolitains. Le fût est très élancé, il est légèrement conique, l'arbre ayant toujours, a sa tête, un moindre diamètre qu'à son pied.
Enfin, il n'est
pas jusqu'à la
^ij^S^ base de cet
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