‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 226 sur 412 · Palais n« :t · texte numérisé non relu

Palais n« :t

318. — Tableau comparatif des différentes colonnes de Persépolis. Flandin et Coste, Perse ancienne, pi. 168 bis.

ne laisse pressentir celle que ciselleront plus tard avec tant de soin les ouvriers de Darius et de Xerxès. C'est un quartier de roc à peine dégrossi; très large par en bas, où il prend son assiette sur le sol, il s'amincit à son sommet, où le poteau vient s'engager dans une dépression circulaire qui se creuse au milieu de la face supérieure. Malgré l'indécision du travail, la forme qu'il affecte ainsi se rapproche plus ou moins de celle d'une pyramide; lorsqu'on sentira le besoin de s'arrêter à un type nettement défini, on n'aura point de peine à tirer de celle

TOMK V. Oi]

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ébauche incertaine riieureux contour de cette cloche dont nous avons admiré, dans les palais du Grand Roi, le profil élégant et la riche décoration. Nous avons déjà donné des preuves nombreuses de la persistance des habitudes locales * ; il n'y a aucune raison de croire que les demeures où vivaient, il y a quelque vingt-cinq siècles, les habitants de ce que les Grecs appelaient THyrcanie différassent sensiblement de celles que le

319. — HabitatioQ des paysans du Mazendéran. Dieulatby, VArt antique, II, fig. 35.

voyageur rencontre aujourd'hui dans le Ghilan et le Mazendéran. Cette colonne de bois aurait donc servi, de toute antiquité, dans cette partie au moins de l'Iran, à soutenir la toiture, et nous en aurions une fidèle copie dans la plus ancienne colonne de pierre qu'aient dressée les architectes perses, dans l'unique colonne qui soit encore debout, à Pasargade, parmi les ruines que l'on s'accorde à nommer le jmlais île

1. Histoire de l'An, t. 1. p. IIG; t. II, pp. 140, li.'i, 164, 171-172, 178: t. V, pp. 7H, :<:iy-:n:<.

Cyrus (tîg. 291). La matière seule est différente; mais c'est le même aspect. Point de cannelures; à distance on pourrait prendre ce fût lisse pour le tronc d'un arbre très droit et très élancé. Mais quelle forme avait le chapiteau? On Tignore ; quant à la base, plus élémentaire encore que le dé qui remplit la même fonction dans la maison que nous avons décrite, ce n'est qu'un disque interposé entre le sol et le fût. Là où les eaux pluviales n'étaient pas aussi abondantes que sur le versant septentrional de l'Elbourz et où Ton ne risquait pas de les voir monter jusqu'à une certaine hauteur, un plateau de ce genre suffisait à prévenir le contact du bois et de la terre humide.

Sont-ce ces maisons de paysan qui ont suggéré aux premiers architectes qu'ait employés la royauté perse l'idée de tenter cette transcription lapidaire d'une forme née du bois? Ce qui permet d'en douter, c'est que la Perse est bien loin de l'Hyrcanie; dans la vallée du Polvar, on n'avait pas sous les yeux ces types d'habitation. D'autres modèles, mieux faits pour provoquer l'imitation et d'ailleurs plus rapprochés, ont pu éveiller cette pensée dans l'esprit de Tartiste chargé de bâtir le palais du conquérant qui avait transporté l'empire des Mèdes aux Perses. L'architecture du bois s'était développée en Médie, dans une contrée qui touchait d'une part à la région dés grandes forêts, et qui, de l'autre côté, était coutiguë à la Perse; là, dans cette Ecbatane qui pendant un siècle avait été l'une des cités reines du monde oriental, elle avait construit des édifices dont Tampleur et la beauté étaient célèbres dans tou riran. Un des écrivains les mieux informés et les plus exacts de l'antiquité, Polybe, après avoir défini le site et résumé rapidement l'histoire d'Ecbatane, à propos d'une expédition d'Antiochus le Grand, décrit ainsi le palais qui faisait la gloire de cette capitale : « Le palais a près de sept stades de tour, et la magnificence des divers bâtiments dont il se compose donne une haute idée de la richesse des princes qui les premiers ont créé cet ensemble. Quoique le bois employé dans la construction fui tout cèdre et cyprès, nulle part il ne se montrait à nu; solives des plafonds, lambris, colonnes qui soutenaient les portiques et les péristyles, tout était revêtu de lames de métal ; ici brillait l'argent, et là c'était l'or; toutes les tuiles étaient d'argent*. » L'historien parle ensuite du temple d'^na, lisez Anahit; lors de l'arrivée d'Antiochus dans cette ville, les colonnes des portiques qui enveloppaient le sanctuaire étaient encore, dit-il, toutes dorées *. L'historien n'indique pas de quelle ma-

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