DiEi'LAFoY. rArt antique de la Perse, t. II, p
pés sur la fameuse terrasse; il n'y a eu, sous les Achéménides, qu'une seule architecture royale, celle de Persépolis. On en a la preuve à Suse et à Hamadan. A Suse, il fallait aller chercher la pierre, dans la montagne, à trois ou quatre jours de marche; elle n'en a pas moins joué h\ le même rôle qua Persépolis, où elle se trouve à pied d'œuvre. Les palais de Suse, signés de Darius el d'Artaxerxès Mnémon, sont, à quelques détails près, des répliques fidèles des palais de Persépolis. A Hamadan, on a signalé quelques traces d\m monument dont il ne subsiste que des fragments de fûts cannelés et les bases; or cellesci sont toutes pareilles aux bases campaniformes de Persépolis et de Suse*; elles doivent avoir appartenu à une de ces salles hypostyles dont le type est connu par les ruines voisines dlstakhr; en effet. Tune d'elles porte une inscription qui est presque l'exacte copie de celle qui a été relevée à Suse; Artaxerxès Mnémon y donne sa généalogie et y atteste qu'il a construit Vapaddna d'où provient ce fragment, qui appartient aujourd'hui au Musée de Tiflis^ On a là les débris du palais que les héritiers de Cyrus s'élaient fait bâtir, dans leur capitale du nord, sur le modèle des édifices de Persépolis; ces restes ne sont certainement pas ceux du palais de bojs dont Polybe, qui ne puisait qu'aux meilleures sources, marque très bien, en quelques mots, le caractère original. Hiver comme été, l'air à' Hamadan est vif et sec; point de pluies abondantes, point de chaleurs humides qui attaquent et désagrègent le bois. Il en est de même dans toute l'étendue de Vlrak-adjémi. Les palais que la dynastie des Sofis avait bâtis à Ispahan, et où supports, plafonds et combles sont en bois, restent encore debout, quoique depuis un siècle et demi ils soient abandonnés et que les princes
1. Keh Porter, Travels, II, p. i\o. Morier, A second joumey through Pei'sia, p. 268. Sir H. Rawlinson, qui a souvent visité Hamadan entre i83a et 1839, a vu cinq ou six do ces bases du type classique perse, dont une est figurée, d'après Morier, p. 266 du tome II «le Thefivegreat monarchies of the eastern world, par G. Rawlinson. Ces intéressants débris ont échappé, nous ne savons comment, à Coste et Flandin; les restes de fûts et de bases (jui ont atliré leur attention sont bien plus simples et paraissent d'un caractère très primitif (Fla.ndi.n, Relation, t. I, pp. 387-388; Coste et Flandin, Perse ancienne, pi. XXV).
2. Je dois à M. James Darniesteter une traduction de la partie du texte qui peut se lire sur la photographie que j'ai entre les mains; il est en tout point pareil li Tinscription de Suse (Oppert, le Peuple fies Mêdes, n^ 18), sauf qu'il ne paraît pas contenir, comme celui-ci, la mention d'une restauration. Artaxerce aurait été ici le vrai créateur du palais. L'inscription a été mentionnée dans les Proceedinfjs of the society of bibliral arrhœolocfy, 5 mai 188.">; mais l'auteur de la traduction qui y est donnée ne semble pas avoir remarqué la difTérence que croit apercevoir M. Darniesteter. Pour savoir à quoi s'en tenir, il faudrait avoir une copie plus complète du texte, dont certaines parties se voient mal sur le cliché, par suite «le la forme courbe «h* Toripinal; les lettres étaient gavées sur le tore.
Kadjars, établis à Téhéran, ne les entretiennent point. L ancien palais des rois Mèdes, à Ecbatane, avait été protégé par le prestige des souvenirs qui s'y rattachaient. Les récits d'Hérodote et surtout ceux de Ctésias laissent deviner ce que l'imagination populaire avait fait du rôle et de la vie de ces antiques souverains qui les premiers avaient fondé la prépondérance de la race arienne dans le monde oriental ; il courait à leur sujet des contes analogues à ceux qui ont été recueillis plus tard dans le Chah-nameh, Grâce à ces traditions et à ces légendes, l'édifice qu'ils avaient bâti demeurait, tel qu'ils l'avaient laissé, cher à ce peuple mède dont les chefs et les prêtres avaient gardé, dans la monarchie nouvelle, une très grande situation et dont les fils comptaient parmi les plus vaillants soldats de l'armée perse. Ce n'était pas lui que les rois du sang d'Achéménès habitaient toujours lorsqu'ils venaient passer à Ecbatiine la saison chaude; mais ils le conservaient et y siégeaient peut-être en pompe à certains jours, à titre d'héritiers des Déjocès, des Phraorte et des Cyaxare, comme aujourd'hui encore le Sultan, à Constantinople, quitte son palais de Dolma-bagtché pour aller célébrer à Stamboul, dans le Vieux Sérail, parmi les bâtiments élevés par ses ancêtres, dans ces cours qui d'ordinaire sont désertes, la cérémonie du Courban-bàiram. Cette architecture du bois qui s'était couverte, à Ecbatane, d'une si riche parure, ce n'est pas de Babylone qu'elle a été apportée sur le plateau de l'Iran, soit à l'époque des Arsacides, soit dans des temps antérieurs. Elle se serait inspirée, dit-on, de ces édicules faits de bois, de métal et d'étoffe que l'on voit figurés dans les bas-reliefs assyriens et que nous avons essayé de restituer d'après ces modèles*; mais ceuxci, quel qu'en fût l'usage, n'étaient jamais que de petite dimension et tenaient moins de la maison que de la tente ; c'étaient ou des kiosques à jour, dressés au milieu d'un jardin, ou des tabernacles posés au-dessus d'un autel ; mais il y avait loin de là à un palais, tel que celui dont avait besoin, pour se placer dans un cadre digne de sa fortune nouvelle, cette dynastie qui, après avoir abattu Ninive, avait étendu sa domination jusqu'à l'Euxin et à l'Halys. Si elle s'était décidée à copier les résidences royales de ces monarques assyriens dont elle se portait l'héritière, elle aurait élevé, au pied de sa citadelle, un de ces édifices aux murs épais où la décoration consistait surtout en bas-reliefs ciselés dans la pierre et en briques émaillées. Or rien ne ressemblait moins que le palais d'Ecbatane à ces montagnes d'argile séchée au soleil; il