‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 230 sur 412 · m^itoirc de l'AH, t. V, pp. ISM-IHO; pp · texte numérisé non relu

m^itoirc de l'AH, t. V, pp. ISM-IHO; pp

leur cavalerie*. On ne saurait donc s'étonner que, tout en changeant (le matériaux, les architectes de Cyrus et de Darius se soient inspirés du palais d'Ecbatane et des autres édifices du même genre que renfermaient les villes de la Médie; s'ils conservèrent la charpente pour les combles, ils firent la colonne de pierre, ce qui leur permettait de lui donner une plus grande hauteur et ce qui lui assurait une plus longue durée. Dans chacune des architectures qui ont employé la colonne, dans régyplienne, dans la perse, dans la grecque, dans celle du moyen âge chrétien, la colonne a, comme un être vivant, sa physionomie propre et personnelle, dont le caractère est déterminé moins encore par le détail des formes secondaires, par la présence ou l'absence des cannelures, par le profil de la base et du chapiteau, que par la proportion de l'ensemble. Or la colonne perse, quelques dimensions qu'elle afifecte, garde toujours la marque de son origine ; là même où elle se compose d'énormes pièces de calcaire taillées en tronc de cône, encore sent-on qu'elle est née du bois ; son ancêtre légitime, c'est quelque cyprès séculaire qui, sur l'ordre de Déjocès ou de Phraorte, est tombé sous la hache du bûcheron, dans les forêts de l'Elbourz ou du Zagros.

Ce qui reste plus obscur, c'est la question de savoir comment est venue à l'artiste perse l'idée de son chapiteau, des éléments qui le composent et du mode de groupement suivant lequel ils sont réunis. Une première observation, c'est que, dans la maison du Mazendéran (fig. 319) comme dans le palais d'Ispahan (fig. 320), la tête de la colonne présente une forme qui rappelle, en gros, celle du chapiteau persépolitain. Ici, c'est une pièce de bois transversale qui fait bras de croix avec le fût; là ce sont des tablettes superposées qui vont, en s'élargissant, à la rencontre du comble. La poutre qui joue de part et d'autre le rôle d'architrave est bien plus exposée à fléchir, sous le poids de la toiture, que ne le serait un bloc lapidaire de même dimension ; c'est ce dont le constructeur se rend compte, au village comme dans la brillante capitale de Chah-Abbas, et il se préoccupe de réduire autant que possible la portée des poutres sur le vide; c'est ainsi que s'explique cette tendance très marquée du membre terminal de la colonne à se développer dans le même sens que l'architrave. C'était de même un comble de bois qu'avait à soutenir la colonne de l'architecte perse; son chapiteau devait donc, lui aussi, affecter cette disposition rectangulaire qui le distingue du chapiteau égyptien et du chapiteau grec.

Page 1