‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 233 sur 412 · DiEirLAKOY, l'Art antique, H, f»p · texte numérisé non relu

DiEirLAKOY, l'Art antique, H, f»p

LA PEIISE.

et surtout de celui des deux lions qui décorent le fourreau d'épée. Autant qu'il est permis d'en juger par le peu que nous savons de cette histoire, les Perses, la veille même de leur avènement à l'empire, ne devaient guère être plus civilisés, plus soucieux du luxe des

belles formes que ne le sont aujourd'hui les Lurs et les Bakhtiaris ; ils ont donc dû commencer par prendre de toutes mains les éléments de cet art que les nouveaux maîtres du monde oriental ne pouvaient pas se dispenser de créer, s'ils ne voulaient pas paraître inférieurs à leurs devanciers. Les Mèdes, dont les Perses étaient encore les vassaux, fournirent le premier et principal apport; ce fut leur architecture qui donna la disposition des salles, la composition des combles et cette proportion élancée de la colonne. qui restera toujours le caractère distinctif de l'ordre perse.

Mais, du jour où, dans le sud de l'Iran, on se mettait à bâtir en pierre, le changement de matériaux impliquait la nécessité d'employer des motifs autres que ceux qui étaient nés du bois, et, pour satisfaire ce besoin, il était naturel de s'adresser tout d'abord aux peuples qui, après les Mèdes, étaientles plus proches voisins des Perses, à ceux qui habitaient le bassin du Tigre. On a quelques raisons de croire que la Susiane était déjà rattachée à l'empire mède avant Cyrus; or, entre la plaine susienne et la chaldéenne, la limite a dû toujours être aussi indécise qu'elle l'est aujourd'hui, dans cette région, entre les territoires qui dépendent du Chah et ceux qui relèvent du Sultan. Il est d'ailleurs probable que, bien avant de devenir les maîtresses du bas pays, les tribus des monts de l'Iran s'étaient accoutumées à demander aux centres industriels de la Mésopotamie ces produits

323. — Colonne égyptienne dans les peintures des tombes. Prisse d'Âveanes, Histoire de l'Art égyptien, t. I.

manufacturés qui lui viennent aujourd'hui de TEurope, par Bender-Bouchir. Enfin, vers le milieu de son règne, Cyrus s'emparait de Babylone.

Il semble donc qu'il y ait eu un premier art perse qui aurait emprunté à la Médie et à la Chaldée tout ce qu'il ne tirait pas des conditions particulières du milieu et de son propre génie. Cet art, contemporain de Cyrus et de Cambyse, n'aurait connu qu'un seul des deux types du chapiteau perse, celui que nous appellerons le type simple, hypothèse qui s'accorde avec les résultats de la comparaison instituée entre les motifs assyriens et les motifs égyptiens dont les architectes des rois Achéménides ont pu s'inspirer, lorsqu'ils ont eu à relier au comble de bois leur colonne de pierre.

Avec Darius et les grandes constructions de Persépolis, une période nouvelle s'ouvre pour l'art, dans l'empire agrandi et doté enfin d'une organisation qui en accroît les ressources. Les Perses ont occupé l'Egypte; comme tous les conquérants qui s'y sont succédé, depuis la chute de son indépendance jusqu'à nos jours, ils avaient été éblouis par la splendeur de ces édifices ; aussi eurent-ils aussitôt la pensée d'imiter ces merveilles. C'est ce que Diodore atteste, d'après un écrivain qu'il ne nomme pas, mais qui pourrait bien être Ctésias. « Les Perses pillèrent l'Egypte, ils enlevèrent de ses temples, au temps où Cambyse les incendia. For et l'argent, l'ivoire et les pierres précieuses ; ce fut, dit-on, après avoir emporté en Asie toutes ces richesses et y avoir emmené des artistes égyptiens, qu'ils bâtirent les fameux palais de Persépolis, de Suse et de laMédie\ « L'étude de l'architecture persépolitaine confirme cette assertion. Nous y avons déjà relevé, nous y relèverons encore plus d'une trace de l'imitation des formes propres à l'Egypte ^ C'est ainsi que le second type du chapiteau persépolitain, le type composite, paraît avoir emprunté à certaines colonnes égyptiennes l'un tout au moins des éléments qui le constituent (fig. 312 A). Si les consoles en croix qui supportent les taureaux semblent être une forme particulière à laquelle nous ne trouvons ailleurs rien de comparable, il y a une curieuse analogie entre le membre qui précède ces consoles et des chapiteaux tels que ceux de Soleb et de SesebP. De part et d'autre, en Perse comme en Egypte, on croit reconnaître dans le motif que l'architecte a introduit là une même interprétation conventionnelle de cet élégant bouquet de palmes qui couronne le tronc du dattier, palmes qui sont ramenées par l'ornemaniste au même

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