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qui l'enveloppent comme d'une collerette dont Tourlet se découpe en festons '. Sans doute ce motif, dont les monuments de TAsie Antérieure offrent de nombreux exemples, n'y a pas tout à fait le même dessin que dans Tordre perse; il y est plus court et plus renflé; mais le principe n'en est pas moins le même, dans l'un comme dans l'autre cas-. Quoiqu'il y ait entre les traductions des nuances sensibles, c'est bien de la même forme végétale que se sont inspirés, chacun à sa manière, tous ces artistes, ceux de la Mésopotamie et de la Syrie comme les architectes de Darius. Ce motif se retrouve d'ailleurs en Perse même, dans les montants du trône royal sculptés sur les tombes rupestres, et, à Persépolis, sur la face interne du chambranle des portes ; par- , . ^P' r||l|!|!!f ^ tout là il présente tout à fait ' -'^^-^ ^^^* i^^'. M
le même aspect que dans la colonne (fig. 324). On retrouve encore dans ce trône un autre des motifs du chapiteau corn- /?o.s/V^,lesvolutesopposéesdeux à deux, qui, disposées dans le sens vertical, se développent en sens contraire; elles décorent la barre transversale de ces sièges (fig. 325) ; c'est, trait pour trait, le plus singulier des motifs dont la réunion pique si fort la curiosité des archéologues.
Il résulte de cette analyse que le plus compliqué même des deux types du chapiteau perse est une création originale où se sont fondus des éléments de provenance diverse; si l'Egypte y a fourni son contingent, ce qui y prédomine, ce sont les motifs empruntés à l'art de l'Asie Antérieure, peut-être à celui de la Médie, que nous connaissons mal, en tout cas à celui de la Chaldée et de l'Assyrie, avec l'adjonction d'un membre, les piliers à volutes, dont la genèse reste obscure. Par son caractère général, la création de l'architecte perse fait songer surtout à certains ouvrages assyriens; voyez par exemple les pieds des sièges figurés dans les bas-reliefs de Ninive ; on y trouve déjà cette accumulation
L Histoire de VArt, t. II, fig. 129, 383, 386; t. IH, fig. 80, 84, 84. On trouvera d'autres exemples des mêmes formes, empruntés, eux aussi, aux ivoires assyriens, dans Dieulafoy, VArt antique, IH, fig. 53, 54, 56.
2. Voir pourtant le pied de trAne en bronze que nous avons emprunté à la coUerlion de Vofîué (t. II, ftp. 383); là la ressemblance est bien frappante.
325. — Ornement de la barre transversale du trône royal. Dieulafoy, l'Art antiquCy III, fig. 97.
un peu lourde d'ornements qui distingue le chapiteau de Persépolis'. Malgré les relations que la conquête avait établies entre TÉgypte et la Perse, la part de TÉgypte n'est et ne pouvait être ici que très secondaire; c'est ce que démontre une dernière observation. Dans les deux colonnes, l'égyptienne et l'iranienne, il y a un contraste très marqué entre les lignes du fût et l'ampleur avec laquelle s'épanouissent, dans le chapiteau, les formes qui relient les supports à l'entablement; mais le principe d'où l'on part pour obtenir ce contraste n'est pas le même en Perse et en Egypte. Prenez une colonne égyptienne, celle même que l'on semble avoir imitée à Persépolis, et réduisez-la aux formes élémentaires qui succèdent à Tépannelage et qui précèdent la mise au point; vous obtenez deux cônes tronqués, d'inégale hauteur et opposés par la moindre section (fig. 326). Le même procédé de simplification, appliqué à la colonne de Persépolis, donne un cône tronqué sur lequel repose un solide parallélipipédique (fig. 327)'. L'architecte perse aura beau compliquer la transition, comme ill'a fait dans son second type, il aura beau insérer toute une suite de formes accessoires entre le fût et le chapiteau proprement dit, il n'effacera point la trace de l'opposition première et de la diversité des origines. Là même où des ouvriers égyptiens auront été requis de prêter leur concours à l'érection de l'édifice et auront réussi a y introduire tel ou tel des motifs qui leur étaient le plus familiers, la colonne iranienne, svelte fille du bois et soutien d'un comble de bois, resteratoujours très différente de la colonne égyptienne.
Toute pareille est l'impression que laissent l'étude et la comparaison des bases. Il n'y en a qu'une seule, en Perse, qui rappelle la base égyptienne, et c'est celle de cette colonne qu'il y a tout lieu de croire vraiment autochtone et antérieure aux relations avec l'Egypte (fig. 291). La ressemblance est frappante; mais pour l'expliquer il n'est pas besoin