‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 237 sur 412 · nbtoive de rAit, t. II, p. 227. fi · texte numérisé non relu

nbtoive de rAit, t. II, p. 227. fi

La vraie base perse, c'est la base campaniforme (fig. 292, 304). On a voulu la retrouver en Egypte *; mais aucun des édifices dont les Perse> admirèrent la magnificence à Thèbes ne leur montra rien de pareil; il> ne rencontraient partout, interposé entre le sol et le fût, que ce mince plateau qui joue dans la composition de Tordre un rôle si effacé. Lui non plus, le décor n'a rien qui rappelle l'Egypte. Sans doute il y a souvent, en Egypte, au pied de la colonne, un bouquet de feuilles*: mais ces feuilles tiennent au fût et non à la base ; elles ont d'ailleurs la pointe tournée vers le comble, et la colonne semble sortir de celte verdure comme la tige d'une plante s'élance au-dessus du collier des folioles radicales. Ici au contraire les feuillages qui enveloppent le corps de la campane sont tous renversés vers le sol; ils descendent au lieu de monter. 11 n'y a donc rien ici qui puisse passer pour une réminiscence de l'art égyptien. Nous avons dit comment, dans l'hypothèse qui nous paraît la plus vraisemblable, la forme de la campane aurait été suggérée à l'architecte par celle que le constructeur de village avait jadis été conduit à donner au bloc de pierre sur lequel reposait le pied du tronc d'arbre, support de son humble toit^ Quant à Fornementation. elle est assez élégante pour que l'on soit tenté de croire que les premiers modèles en ont été fournis par un de ces ouvriers ioniens dont parfois on s'imagine sentir la touche dans maint détail de l'architeclure perse; mais, quelle que soit d'ailleurs la main qui l'a ciselé dans la pierre, le motif garde une physionomie qui n'est ni assyrienne, ni égyptienne, ni grecque. Nulle part ailleurs les éléments n'en sont ainsi disposés, ni surtout tournés dans ce sens. Ainsi donc, tout ici est

\. DiKULAKOY, IWrt antique, II, p. 86. Quoi qu'en dise M. Dieulafoy en citant Lepsin*. passim, je ne trouve nulle part de bases campaniformes dans les types d'archilectar»' lépAre que j'ai sous les yeux, par exemple dans ceux qui remplissent quatre des planchadu premier volume de Prisse d'Avenues; on n'y voit jamais que des disques sansépai>seur, qui n'ont pas plus d'importance que ceux sur lesquels porte la colonne lapidaire. M. Dieulafoy renvoie aussi au temple de Mesatîrat-ea-Sofra, en Nubie (Lepsics, t. II. pi. 139); mais TMifice qu'il vise est, de l'avis de M. Maspero, une construction qui dit»au plus tôt de l'empire d'Axoum, c'est-à-dire du cinquième siècle de notre ère; cV-» une église chrétienne bàlie sur les ruines d'un temple égyptien. Dans le dessin en qu»^tion, il n'y a qu'une colonne dont la base ait une lointaine, très lointaine analogie ai*-la base campaniforme, et cette colonne est évidemment de très basse époque; on y *»*nt. dans toute la modénature, l'influence de l'art romain. A côté, autant que Ton peut »»n juger par une vue pittoresque, les colonnes voisines ont des bases toutes byzantin»^*. D'ailleurs, à suj)poser que, par impossible, un temple nubien recelât cette base campaniforme que l'on cherche vainement en Egypte, comment les Perses auraient-ils él«^ !*> prendre? On sait comment échoua la conquête de l'Ethiopie tentée par Camhy<e.

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