‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 238 sur 412 · Ihhfem, t. V, p · texte numérisé non relu

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original, aussi bien le thème décoratif que la l'orme du solide auquel il s'applique. La base de Persépolis et de Suse est une œuvre bien venue, dont la conception et Texécution font honneur à Tartiste perse. Dans son chapiteau, lorsqu'il a voulu le développer et le compléter, il a laissé des incohérences et des longueurs ; on ne saurait cependant ne point admirer le grand goût et l'art ingénieux avec lequel, dans ses bustes de taureau, il a plié la forme vivante aux nécessités de la décoration architecturale. Il a su la simplifier sans lui enlever l'accent de la vie ; les traits caractéristiques de l'espèce sur laquelle s'est porté son choix restent franchement accusés, quoique les menus détails soient éliminés; ils auraient risqué de distraire et de troubler le regard. Les poils de la nuque et du dos, de l'épaule, des fanons et des flancs sont réunis en masses d'un ferme contour, auxquelles la frisure des boucles dont elles se composent donne un relief plus vigoureux ; en même temps le collier qui pend au col, orné de rosaces et d'un riche fleuron qui tombe sur la poitrine, écarte toute idée de réalité; ce sont là des êtres sacrés et presque divins, que l'imagination de l'artiste a comme créés à nouveau et modelés à son gré pour les adapter à la fonction qu'elle leur donnait à remplir. Cependant, tout placé qu'il soit en dehors des conditions de la nature, l'animal n'a pas perdu sa physionomie propre. Dans le mouvement de la tête, légèrement inclinée en avant et sur le côté, on sent la force indomptée qui anime ce corps ample et puissant. Hardiment indiquées, la construction et la musculature des membres inférieurs, repliés sous le ventre, laissent deviner de quel élan le taureau se lèverait et se dresserait en pied, s'il venait à se lasser de son éternel repos. J'en ai fait plusieurs fois l'expérience au Louvre, devant la partie de chapiteau colossal que notre musée doit à M. Dieulafoy : parmi les visiteurs qui se pressaient dans cette salle, parmi ceux mêmes qui semblaient le moins préparés à éprouver ce genre d'impressions, il n'en est pas un qui n'ait subi le charme, qui, de manière ou d'autre, n'ait rendu hommage à la noblesse et à l'étrange beauté de ce type singulier. Que serait-ce donc si l'on pouvait jouir de Tensemble, voir le chapiteau tout entier debout sur la haute colonne cannelée et accompagné d'une longue suite de chapiteaux pareils, qui porteraient comme lui un entablement décoré d'émaux et d'appliques de métal? Pour faire saisir l'originalité de ces formes et donner quelque idée de l'effet qu'elles devaient produire, le crayon et le pinceau sont un peu moins impuissants que la parole ; nous ne pouvons que renvoyer aux restaurations de M. Chipiez (planches III, V, VII et VIII).

i!| O. — LES FORMES SECONDAIRES

L'élude de la modénalure perse confirme Thypothèse que nous a suggérée l'étude de la colonne : après Cyrus et Cambyse, sous le règne prospère et brillant de Darius, Tart s'est développé; il a admis des formes nouvelles qui, tout en offrant peu de variété, sont au moins plus amples et plus riches que celles dont il s'était contenté tout d'abord.

A Pasargade, le seul monument qui soit assez bien conservé pour prêter à des observations intéressantes, c'est le petit édifice connu sous le nom de Gabré Madéré-i-So/eiman (fig. 329). On a parlé du « caractère archaïque de l'architecture grecque du Gabré » ; on a dit à ce propos que « les Perses ont demandé aux Grecs ioniens les secrets de Fart apporté dans la vallée du Polvar-Roud* ». Cette assertion ne nous parait pas justifiée. La seule moulure qui caractérise la corniche et la plinthe du Gabré est le talon, ici renversé, là droit (fig. 330, 331 et 332). Or le talon est une moulure très simple, et il n y a aucune raison d'en attribuer aux 0 1* ^j Grecs l'invention et la propriété exclu- : sive. C'est ainsi que nous en avons signalé la présence dans deux tombeaux d'Amrit, en Phénicie, où il n'y a pas la moindre trace d'influence hellénique et que l'on s'accorde à considérer comme très anciens, ^le BurdJ-el-Bezzak et l'un des méghazyl^ celui dont le soubassement est flanqué de quatre lions*.

On insiste aussi sur les denticules, qui apparaissent, par places, au-dessous de la corniche (fig. 333)'^; l'architecte, comme s'il avait eu un repentir.

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