DiEULAFOY, VArt antique, II, pp
3. Pour les détails des feuillures et de la suspension des portes, au Gahrc, et dans la tour funéraire de Nakch-i-Roustemy voir Dieulafoy, IWrt antique^ I, p. 48, lig. 19, 34 et 54, pi. VI et XI, et III, p. 2, note 2.
4. Dieulafoy, l*Art antique. II, p. 29; au palais de Darius (n® 3 du plan), il y a des traces évidentes d'une porte qui aurait été insérée dans la baie {Ibidem, p. 30 et pi. XVI ; mais les trous de scellement sont très grossièrement exécutés et déparent rarchiteclure
LES FORMES SECONDAIRES
Les portes latérales ne diffèrent de celles des façades que par de moindres dimensions (fig. 337); elles sont aussi ornées de sculptures. Au contraire, le tableau est lisse dans les fenêtres et dans les niches qui étaient réparties, à intervalles réguliers, entre les entrées des pièces. Toutes ces baies ont les mêmes proportions et les mêmes profils ; la hauteur y est à la largeur comme trois est à deux, et il n'y a qu'un seul listel autour de Touverture. Ce qui fait la différence, c'est que quelques-unes d'entre elles sont percées à travers tout le massif de Tédicule, et jouent ainsi le rôle de véritables fenêtres, tandis que d'autres, en bien plus grand nombre, fermées au fond par une dalle, n'ont qu'une faible profondeur; ce sont les niches ou tahtchés, comme on les appelle
339. -— Siisc. Fragment du chambranle de la porte d*une salle hypostyle, d'après la restitution
de M. Dieulafoy.
en Perse; elles ouvrent sur l'intérieur des appartements. Aujourd'hui encore, la maison orientale la plus luxueuse n'a pas d'autres armoires que quelques grands placards où l'on empile, pendant le jour, les matelas et les couvertures que Ton en tirera le soir; on n'y rencontre
df» la façade; il parait certain qu'il y a eu un remaniement, postérieur à la cliule des Achéniénides. Quelque chef local aura voulu habiter cet édifice, qui avait peut-Atre moins souffert de l'incendie que les grandes salles d'apparat; il se sera clos en adaptant à la porte extérieure un vantail rigide, précaution qui jmuvait être nécessaire dans des temps troublés. Nous devons dire pourtant que Coste n'avait pas eu la même impression." A la partie supérieure des faces internes des embrasures de portes et fenêtres, on voit, dit-il, des refouillemenls destinés à recevoir les gonds d'une fermeture qui devait avoir deux vantaux. Une rainure circulaire de 22 centimètres de largeur sur 0 de profondeur règne dans toute la hauteur des principales portes et indique la place où étaient logés et encastrés les pivots des vantaux (texte in-f", pp. 40.')-106). »n se peut que les deux observateurs aient également raison, que chacun d'eux n'ait que le tort d'avoir trop g»»néralisé; il n'y avait pas de clôture aux salles de réception; mais il est difficile d'admettre que les pièces habitées par le roi el par s<»s femmes n'aient pas été fermées. TOMK V. 07
rien qui ressemble à nos secrétaires, à nos commodes, à nos étagères; tout au plus y voit-on, clos de lourdes serrures, quelques longs coffres qui servent à serrer les objets les plus précieux; aussi, pour avoir où poser ce que Ton ne veut pas laisser traîner à terre, y ménage-t-on encore partout ces niches creusées dans l'épaisseur des murs; que de fois, en Asie Mineure, j'ai été heureux d'en trouver une à portée de ma main, quand j'arrivais à l'étape, pour y ranger mes armes, ma montre et ma boussole, mes papiers et mes carnets de voyage !
Quant aux fenêtres, elles paraissent avoir été moins rares dans les palais qui avaient le caractère de maisons habitées que dans ceux qui n étaient que des salles de réception. Ainsi, sur la façade principale du palais de Darius (fig. 290, n° 3), qui présente un bien moindre développement que celle de la Salle aux cent colonnes^ on en compte quatre (fig. 293), au lieu des trois qu'il y a dans l'édifice colossal*. Il n'y a rien d'invraisemblable dans l'hypothèse d'un volet, orné sans doute de ces fines dentelles de bois ou de métal dont l'usage s'est perpétué dans tout l'Orient, volet qui serait venu buter contre la feuillure dont l'indication s'aperçoit sur le plan de l'édifice (fig. 293) et dans la vue pittoresque qui en représente l'état actuel (fig. 294)*.
Les escaliers jouent un grand rôle dans cette architecture de la Perse qui, à l'exemple de l'Assyrie, place ses édifices sur de hautes terrasses, d'où ils dominent au loin la plaine. A Pasargade, si le Takhl avait reçu les bâtiments royaux qu'il.était destiné à porter (fig. 297), l'architecte aurait eu à se préoccuper des moyens d'accès; mais les travaux ayant été interrompus, sans doute à la suite d'un changement de dynastie, nous ne savons pas comment il aurait résolu le problème. Au même endroit, devant la tour carrée (fig. 301), on ne trouve qu'une rampe perpendiculaire, adossée à la façade, où elle s'appuie comme une échelle contre un mur^ A Persépolis, il eût été difficile de s'en tenir à cette solution très élémentaire. Il fallait ménager des communications faciles entre les campagnes environnantes et la plate-forme où le roi et sa cour établiraient leur demeure. Sur cette plate-forme même, les édifices avaient leur pied à des niveaux différents; il fallait que l'on pût s'élever sans effort de l'une à l'autre des esplanades qui se succédaient sur ce plateau artificiel, et que les degrés n'occupassent pas un trop vaste espace sur la terrasse où ils prenaient naissance, qu'ils ne
i. Flandin et CosTE, Perse ancienne, pi. CXIJX.