‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 269 sur 412 · Histoire de /'A/7, (. H, pp. 2o7-2:i8, (ig. 100 el · texte numérisé non relu

Histoire de /'A/7, (. H, pp. 2o7-2:i8, (ig. 100 el

2. Tkxier, Defirription de rAnnètiie et de la Perse, [>l. 17 à 2M.

ces nervures d'une finesse singulière où Touvrier, au risque de se perdre parfois dans la minutie du détail, fait montre de son habileté de main. 11 n'y avait rien, dans les traditions de l'ancienne architecture orientale, de celle des Assyriens et du premier empire perse, qui annonçât et fit prévoir les effets que l'on devait demander plus tard, beaucoup plus tard, à la dangereuse complaisance de cette matière.

Tous les indices concordent donc entre eux; il ne nous semble pas qu'il puisse être question d'attribuer à ces monuments une haute antiquité. Pour notre part, nous nous sentons ici bien loin du règne de Cyrus, au delà duquel on parle de reporter la construction du gros œuvre de l'un de ces édifices. Nous ne saurions non plus faire descendre la date de ces palais jusqu'au temps où l'art sassanide, en possession de tous ses moyens, rivalisait de hardiesse et de grandeur avec l'art byzantin. Sarvistan et, à plus forte raison, Firouz-Abad et Férach- Abad sont certainement antérieurs au Takht-i-Khosrou , au Takht-i- Ghero, au Tagh-i-Bostan et à Altun-kupru. L'appareil des murs et des voûtes est ici bien moins soigné et bien moins régulier; l'exécution des arcs témoigne d'une maladresse singulière et laisse pourtant deviner que le constructeur prévoit déjà les services que l'on pourra demander à la voûte; il sent que, grâce à la variété des combinaisons qu'elle comporte, elle se prête, mieux que tout autre système, à couvrir de vastes espaces sans les couper par des supports intérieurs. Né très tôt en Chuldée de l'emploi des seuls matériaux que le constructeur y eût à sa disposition, l'art de la voûte est ici sorli de l'enfance; mais il n'est encore qu'au début de la période où, tirant de son principe des conséquences nouvelles et fécondes, il donnera naissance d'une part à cette architecture byzantine dont Sainte-Sophie est le chef-d'œuvre, et d'autre part à celte architecture du second empire perse d'où sont issues, par une filiation directe, les belles mosquées de la Perse du moyen âge. Ces édifices de Firouz-Abad et de Sarvistan, nous les croirions volontiers contemporains des derniers Arsacides ou des premiers Sassanides.

Il y a dans Strabon un curieux passage qui n'a peut-êlre pas assez attiré l'attention. Après avoir parlé des résidences royales de Suse, de Persépolis et de Pasargade, puis dit un mot d'autres palais que les rois Achéménides avaient à Gabae dans la haute Perse et à Taocé sur la côte, le géographe continue en ces termes * : « Du moins il en était ainsi du temps où les Perses étaient maîtres de l'Asie; mais, dans la suite,

i. Strabon, XV, ]n, 3.

LA PEKSE.

après que la Perse eut été réduite à une situation inférieure d'abord par les Macédoniens, puis plus encore par les Parthes, ces antiques palais se virent abandonnés pour des demeures naturellement plus modestes; car si, jusqu'à présent, la Perse a conservé des rois à elle, ceux-ci ont beaucoup perdu de leur puissance et ils dépendent du roi des Parthes. >» C'est peut-être les palais de ces rois particuliers de la Perse, vassaux des Parthes, que représenteraient les ruines de Firouz-Abad, de Sarvistan et de Férach-Abad. On s'expliquerait aisément que, dans un accès d'orgueil et de patriotisme, l'un d'eux ait eu la tentation de rappeler, par la décoration de sa résidence, le souvenir des antiques héros de sa race; plus d'un chef perse, avant Ardéchir, a peut-être rêvé de rendre à la Perse son indépendance et sa puissance d'autrefois.

Si l'on craint de trop vieillir encore ces édifices en les faisant remonter jusqu'au premier siècle de notre ère, on peut les attribuer aux premiers Sassanides; après la révolution qu'ils avaient accomplie, ceux-ci étaient encore mieux fondés à se réclamer ainsi des gloires de ce passé qu'ils avaient fait revivre. Jusqu'au jour où Chosroès Anushirvan se bâtit, dans la vallée du Tigre, le grand palais de Ctésiphon, ces princes agiraient eu là leurs habitations d'hiver, dans ces plaines plus voisines de la mer, plus basses et plus tièdes que celles de Pasargade et de Persépolis. Firouz-Abad notamment, avec sa forte enceinte, son colossal autel du feu et ses bas-reliefs taillés dans le roc, parait avoir été, sous le second empire perse, un centre d'une réelle importance.

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