CHAPITRE III
i. — LES IDKES DES PERSES STR l'aUTRE VIE.
Quelle idée les Perses du v° et du vr siècle, les compagnons de Cyrus, de Darius et de Xerxès se faisaient-ils de la vie d'oulre-tombe et quels hommages rendaient-ils à leurs morts? On ne saurait le dire; il n'y a rien chez Hérodote ni chez aucun autre écrivain grec qui ait trait à ces croyances, et il n'y est fait aucune allusion dans la seule inscription qui soit arrivée jusqu'à nous, gravée sur une tombe perse; nous voulons parler du long texte qui se lit sur le monument de Darius fils d'Hystaspe\Si, à défaut des auteurs classiques et des documents originaux, nous consultons YAvesta^ nous n'y apercevons que des traits très eifacés de ces conceptions naïves, d'un caractère tout primitif, que nous avons vues régner chez les peuples de l'Egypte et de la Syrie, que nous retrouverons chez les Grecs et les Romains et que nous aurions aussi rencontrées chez les Aryas de l'Inde, proches parents des Iraniens, si la route que nous avons suivie nous avait conduits dans les vallées de rindus et du Gange. On a démontré que les Férouers, qui jouent un si grand rôle dans la mythologie mazdéenne, n'étaient, à l'origine, comme les Pitris des Hindous, que les ancêtres divinisés*; mais, dans le système de TAvesta, fruit du patient travail d'abstraction auquel s'est appliquée, pendant de longs siècles, une école sacerdotale, les Férouers ne sont plus « que la forme spirituelle de l'être, indépendante de sa vie matérielle et antérieure à elle ». Ils n'ont plus aucune relation avec les corps qu'ils ont jadis animés; ce ne sont plus que des génies alliés d'Ahura Mazda, qui lui prêtent leur concours dans la lutte