‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 271 sur 412 · Menant, lea Achéménides, pp · texte numérisé non relu

Menant, lea Achéménides, pp

2. J. Darmrsteter, Orm/iz'/ et Ahriman, pp. 130-132. Introduction au VendMdd, p. lxxiv. notf i.

qu'il soutient contre les démons; mais peut-être entrevoit-on quelque chose des usages perdus d'un passé lointain dans certains passages du livre sacré, par exemple dans ce discours que les Férouers sont censés adresser à leurs fidèles : « Qui nous louera? Qui nous offrira un sacrifice? Qui méditera sur nous? Qui nous bénira? Qui nous recevra avec de la viande et des habits dans les mains*? » Ces aliments et ces vêtements que Ton doit tenir prêts pour accueillir le Férouer, on y a vu, plus tard, une aumône préparée pour les indigents; mais n'y a-t-il pas plutôt là un vague souvenir de quelque rite analogue au sraddha ou repas funéraire dont il est si souvent question dans les lois de Manou*?

Quoi qu'il en soit, à l'époque où ont été rédigés ces livres du clergé mède où nous allons chercher les doctrines qui, élaborées par les Mages, ont fini par s'imposer à tout l'Iran, on avait depuis longtemps dépassé la première hypothèse par laquelle débute partout l'esprit de l'homme, quand il s'essaye à résoudre le problème que pose devant lui chaque vie qui s'éteint. C'était une autre croyance qui avait triomphé, celle qui naît du besoin de trouver dans un monde meilleur la réparation des injustices dont le spectacle nous choque sur cette terre et de donner à la loi morale une sanction suprême. Sous l'influence de cette préoccupation, qui tient une si grande place dans les pensées des fondateurs du mazdéisme, on en était arrivé à rompre tout lien entre le corps et l'âme; celle-ci, croyait-on, aussitôt qu'elle s'était séparée de sa dépouille mortelle, avait à entreprendre un difficile et dangereux voyage qui, suivant la manière dont avait vécu le défunt, la conduisait au séjour du bonheur ou à celui de la souifrance, au paradis, comme nous disons, ou à ^enfer^

Ces corps que l'Ame a quittés pour aller recevoir, auprès du trône d'or d'Ahura Mazda ou dans « les ténèbres sans fin », sa récompense

1. The Z€nfiavesta,Part II, The Sîrôzahs, Yasts ami Nydyis,transhted by J.Darmesteter, p. 102 (Farvardin Yast).

2. Loiseleur-Desloxgghamps, Manava Dharma Sastra, Lois de Manou (8®, 1833), î, 9o; IH, 82, 122, 127, 146, 187, 274. Aujourd'hui encore, chez les Parsis, n'avoir pas de postéril/î est regardé comme un affreux malheur, ce que les Destours expliquent en disant que cehii qui n'a pas mis d'enfants au monde n'a point donné d'auxiliaires à Ahiira Mazda dans sa lutte contre le mal et, par suite, s'expose à aller en enfer; mais, au fond de ce sentiment qui était si général chez les Giecs et les Romains, n'y a-t-il pas autre chose que l'on ne saisit plus, une ohscure survivance de cette idée que celui qui n'a pas procréé de fils n'aura personne pour lui offrir les sacrifices héréditaires et pour en nourrir ainsi ses mânes?

3. Voir surtout le Yast xxii, dans The Zendavesta (traduction Darmesteter), Part. II, pp. 314-323. Sur l'idée de la résurrection finale, \oir Vlntroduction au Vmdtdâd, p. lxxix et le Yast xix, 89 et versets suivants.

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