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LES IDÉES DES PERSES SUR L'AUTRE VIE

de rinfeclion du cadavre, et, pour sortir d'embarras, c'était à la dent des carnassiers qu'ils avaient recours. Quant à ceux que nous appellerions les laïques, ils mettaient encore en terre la dépouille mortelle de leurs proches; mais cette précaution prise d'entourer le cadavre d'une couche de cire était peut-être une concession faite aux idées qui commençaient dès lors à prévaloir; comme le dallage des dakmas et de leurs puits, cette enveloppe interposée prévenait tout contact entre l'élément pur et les chairs vouées à la dissolution. Sous le bénéfice de celte convention, qui les mettait en règle avec leurs scrupules religieux, les rois se bâtirent dans la plaine ou se creusèrent dans la montagne des tombes dont il est fait souvent mention chez les écrivains grecs.

Si l'on se retourne d'un autre côté, si l'on consulte les récits de voyage où sont décrits les monuments qui subsistent encore sur le sol de la Perse, l'impression que laisse cette étude concorde avec celle que l'on a gardée de la lecture des auteurs classiques. On est tout d'abord frappé d'un phénomène singulier. Plusieurs villes de cette contrée, comme Yezâ-i-cast et d'autres encore, sont bâties au sommet de massifs rocheux qui dominent les campagnes d'alentour*; en tout cas, à Ecbatanc comme à Baghistana, à Persépolis comme à Suse, la montagne, avec ses hautes falaises de calcaire, est toute proche; là où les hommes ne se sont pas établis sur ses dernières pentes, on l'aperçoit à une faible distance. Cependant, pas plus en Perse qu'en Médie, on n'a pas encore trouvé une seule de ces nécropoles taillées dans les flancs du roc, comme il y a en tant en Egypte et en Syrie, en Asie Mineure et en Grèce; ici, pas un de ces sites où la cité des morts, avec ses centaines ou ses milliers de chambres souterraines distribuées par étages, avec les escaliers et les couloirs qui les relient, tient plus de place que n'en a jamais pris la cité des vivants.

Nulle part non plus on n'aperçoit, soit dans l'enceinte même, soit aux abords des villes, ces édifices funéraires de formes variées et ces groupes de sarcophages dont regorge par exemple la Lycie. On n'a rien signalé de semblable à ces buttes qui, dans la Basse Chaldéc, sont nées de l'amoncellement des cercueils en terre cuite que l'on entassait les uns au-dessus des autres*. Si M. Dieulafoy, au cours de ses fouilles, a rencontré, dans l'épaisseur des murs de Suse, beaucoup de ces cuves d'argile, la place même qu'elles occupaient et les objets qui les accompagnaient lui ont prouvé que ces sépultures n'étaient pas

1. Flandin ot CosTE, Viinc moderne, pi. 81, 82. Texier, Desniption, pi. 88.

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