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374. — Carte de la plaine de Mëched-i-Mourgab. Flandia et Coste, Perse ancienne,
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tous côtés des montagnes abruptes et des défilés faciles à défendre, que les deux premiers souverains auraient eu leur principale résidence. Ce site aurait été abandonné par Darius, après la révolution qui fit passer la couronne à une autre branche du clan des Achéménides; il l'aurait quitté pour un climat plus tempéré, pour la plaine plus basse, plus spacieuse et plus fertile, où il commença la construction de la terrasse sur laquelle, après lui, ses héritiers continuèrent d'élever ces nobles édifices dont la réunion formait, au moment de l'expédition d'Alexandre, cet ensemble que les compagnons du conquérant désignèrent sous le nom de Persépolis.
Les seules tombes que Ton ait chance de rencontrer sur remplacement de la plus ancienne des deux capitales seront donc celles des deux premiers princes de la dynastie ou de membres de leur famille. Or, de tous les monuments dont la trace a été relevée dans ce canton, le mieux conservé, celui qui attire tout d'abord l'attention, c'est l'édifice que les indigènes appellent Gabré-madéré-i-SoIeiman, « le tombeau de la mère de Salomon » (fig. 329). C'est une petite chambre, surmontée d'un toit à double pente et portée sur un soubassement que constituent six assises qui débordent l'une sur l'autre de manière à dessiner de larges
373. — Le Gabré. Coupe longitudinale. Dieulafoy, VArt antique de la Perse,
I, flg. XXXI.
emmarchements; plus haute que les autres, l'assise inférieure fait fonction de socle; on en atteignait le niveau par un escalier qui est aujourd'hui en partie détruit (fig. 375). L'ensemble affecte ainsi une forme pyramidale qui, malgré les dimensions restreintes du bâtiment (il n'a que ^i mètres de haut), ne laisse pas de lui donner de l'ampleur et une certaine majesté *.
Ce qui ajoutait à l'efiTet, c'était un portique qui régnait au moins sur trois côtés de l'édicule; plusieurs des bases sont encore en place. Le mur de ce portique était percé de trois portes étroites et basses, dont les jambages subsistent; il semble qu'il y ait eu une cour extérieure, qui aurait enveloppé, au moins en partie, le parvis intérieur; c'est ce que l'on infère de la présence d'une quatrième porte, plus
i. Le soubassemont a ii",40 do long sur 1.3",3r) do laif^'o. Hantour du sorlo, 5", 15 : do la chambre, .H^.oH.
large, qui fait face à Tuoe des baies de la première enceinte; mais les masures et les sépultures modernes qui se sont pressées là sousla protection du tombeau vénéré de la mère de Salomon n'ont pas permis à M. Dieulafoy de vérifier cette conjecture par une fouille qui aurait suivi
376. — Le Gabré, plan restitué. Dieulafoy, l'Art antique, I, pi. XVIIl.
les arasements des murs. Nous n'en reproduisons pas moins son plan, qui donne des détails que ne paraissent pas avoir observés les explorateurs précédents (fig. 376). On y remarquera que la porte placée en regard de la façade du Gabré n'est pas dans Taxe de ce monument,
mais un peu à droite de cet axe; même ouverte toute grande, elle n*aurait donc pas laissé apercevoir au visileur, encore retenu dans la cour extérieure, la porte du naos, de cette petite chambre qui est la partie essentielle de toute cette ordonnance, sa raison d'être et comme son centre organique. Partout, dans ces arrangements, se trahit le souci de cacher d'abord Tédicule lui-même, puis surtout le dépôt qu'il abrite derrière ses murs épais, bâtis en gros blocs de calcaire appareillés à joints vifs et avec un soin extrême. Un intrus aurait pu, malgré la double enceinte et en dépit de la surveillance exercée, pénétrer sous le portique et profiter de l'inattention des gardiens pour jeter un coup d'œil dans l'intérieur du sanctuaire, au moment où celui-ci s'ouvrirait devant les prêtres qui avaient le droit d'y pénétrer. « Pour prévenir cette surprise, l'architecte qui construisit cet édicule tailla dans l'épaisseur des tableaux le logement de deux portes distinctes et s'ingénia à en rendre impraticable l'ouverture simultanée. Quand on voulait entrer dans le Gabré, il fallait tout d'abord rabattre à l'intérieur la porte extérieure, puis s'arrêler dans la chambre laissée entre les deux vantaux, fermer le premier, qui aurait fait obstacle à la manœuvre du second, et tirer alors à soi la deuxième porte (fig. 377)*. »
Cet édifice était-il une chapelle ou une tombe? Le caractère tout particulier de ses dispositions s'accorderait également avec les deux hypothèses. Dans l'un comme dans l'autre cas, on a pu vouloir écarter et repousser les regards profanes. Ce qui tranche la question, c'est ce que nous savons des rites du culte mazdéen. Ces pyrées que nous voyons représentés sur les tombes et sur les monnaies, rien n'y ressemble moins que cet édicule avec la crête aiguë de son toit, et jamais on n'a pu allumer la flamme sacrée dans cette étroite cellule sans fenêtres;
377. — Plan de l'entrée du Gabré. Échelle de 0^,034 par mètre. Dieulafoy, l'Art antique, I, fig. 5i.