‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 276 sur 412 · l)iELL.\FoY, l'Art antique, I, p · texte numérisé non relu

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elle s'y serait bien vile éteinte faute d'air. Nulle part d ailleurs, ni dans les historiens ni dans VAvesta, il n'est fait mention de sanctuaires clos où, comme en Egypte, on aurait conservé mystérieusement des images ou des objets quelconques, symboles augustes de la divinité. Il n'y a donc pas d'hésitation possible; c'est bien là une tombe. Enceinte, portique, édicule, tout cet ensemble a été conçu et exécuté en vue de recevoir la dépouille d'un mort, et ce mort n'a pu être qu'un personnage important. Or il se trouve justement que Pasargade renfermait le tombeau de Cyrus, auquel Alexandre fil sa visite comme Napoléon, à Potsdam, alla s'incliner devant le cercueil de Frédéric le Grand. Strabon, après avoir rappelé l'incendie de Persépolis, continue ainsi : « Alexandre passa ensuite par la ville de Pasargade, qui était aussi une ancienne résidence royale. Il y visita le tombeau de Cyrus. C'était une tour de dimensions médiocres, au milieu d'un parc dont les arbres touffus la dérobaient aux regards. Pleine et massive par en bas, cette tour se terminait par un toit et par une chambre, dont l'entrée était tout à fait étroite. Aristobule y pénétra, dit-il, par l'ordre d'Alexandre, pour donner ses soins au tombeau. Il y trouva un lit d'or, une table garnie de vases à boire, un cercueil d'or, des habillements en quantité et des joyaux enrichis de pierres précieuses. Tous ces objets existaient lors de cette première visite d'Aristobule ; mais dans la suite ils furent enlevés, excepté le lit et le cercueil, qu'on avait cassés, après avoir déplacé le cadavre, ce qui prouva que ce pillage était l'œuvre non du satrape, mais de voleurs qui avaient laissé sur les lieux ce qu'il n'était pas facile d'emporter. En tout cas, ceux qui avaient fait le coup avaient opéré malgré la présence d'une garde permanente, composée de mages qui recevaient un mouton chaque jour pour leur nourriture, plus un cheval tous les mois. Mais le départ de l'armée d'Alexandre pour ses expéditions lointaines de la Bactriane et de l'Inde avait été un signal général de troubles et de désordres; c'est ainsi qu'entre autres malheurs on avait eu à déplorer cette profanation du tombeau de Cyrus. Tel est le récit d'Aristobule, qui, par la même occasion, nous fait connaître l'inscription que portait le tombeau :

Passant, je suis Cyrus; j'ai donné l'empire aux Perses et régné SUR l'Asie, ne m'envie donc pas cette tombe *.

Strabon rapporte ensuite les assertions de deux auteurs, Onésicrite

i. Stkaiïon, XV. m, 1.

et Ârislos de Salamine, dont Tua attribuait à cette tour dix et l'autre deux étages. Un détail suffît à montrer combien ils sont peu dignes de foi ; l'un et l'autre de ces écrivains parlent d'inscriptions grecques gravées sur le tombeau du roi perse; ce ne sont pas là des témoins oculaires et des narrateurs honnêtes et exacts, à la manière de cet Aristobule dont nous aurions tant aimé à avoir l'œuvre même sous les yeux. Arrien, lui aussi, a compris que le récit d'Aristobule était le seul qui méritât confîance ; c'est le seul qu'il mentionne, et on croit sentir qu'il a peut-être transcrit presque mol pour mot la page dont Strabon se borne à donner un résumé fidèle. La description du monument est, chez Arrien, plus développée; mais elle est en même temps plus précise, ce qui n'eût pas été le cas si cet écrivain s'était mis à paraphraser un texte qui lui aurait paru trop sec ; ce procédé d'amplification se serait trahi par le vague et l'obscurité des termes. C'est le contraire qui arrive; Arrien définit mieux le caractère et la disposition de l'édifice. « Quant au tombeau même, dit-il, la partie inférieure en était faite d'un massif quadrangulaire, en pierres de taille; au-dessus se trouvait une chambre bâtie avec les mêmes matériaux, et couverte d'un toit; celle-ci n'avait qu'une petite porte, si étroite qu'un homme même de taille moyenne avait, pour y passer, à se mettre fort à la gêne*. » Pour ce qui est du contenu de la tombe, mêmes renseignements que dans Strabon, mais avec un peu plus de détails ; la seule indication qui mérite d'être relevée, c'est celle qui a trait au cercueil; celui-ci, d'après Arrien, était posé sur le lit ^

Les premiers explorateurs ont admis que le Gabré est bien la sépulture royale qu'a vue et où est entré Aristobule^ mais on a cherché ré-

\. Arrien, Anabase, VI, 20.

2. *Ev jx^aw Si T^; xX^vtjç r\ nusXo; êxsiTo tj i6(jrij;xa to'j KÛ/ou g/ou9a. Hieii de plus posilifet de plus clair. Il est vrai que Ton trouve plus haut : 1/ 8à itîi oîx7ip,a7t tiusXov xP"''^^ xslaOai, îva TÔ (jbijjia To3 Kupou «rfOanro, xai xX^vïjv 7:apà tJ 7:uA(o, ce qui semblerait indiquer que le cercueil était à côté du lit, et non sur le lit. H y a là une difficulté qui n'a pas échappé aux meilleurs éditeurs d'Amen, Krueger et Sintenis; mais ils sont d'avis que l'expression cv ^ui9fo est trop formelle pour qu'on puisse la révoquer en doute et que, dans le premier passage où il est question du lit, il faut ou efTacer napà, ou supposer qu'un copiste a écrit napà au lieu de Otco. On peut encore s'expliquer la chose autrement. Arrien, lorsqu'il adaptait à son récit la description d'Aristobule, n'aurait pas compris, lors de la première mention du lit, que celui-ci servait de support au cercueil, et il aurait ajouté napx pour rendre la phrase plus claire. Un peu plus loin, il trouvait une indication qui ne pouvait laisser de doute dans son esprit; mais ce détail ne l'aura pas frappé; il ne se sera pas relu, et il aura laissé ainsi subsister la contradiction.

3. Morier parait avoir le premier proposé d'identifier le (labré et le tombeau de Cynis. Ker Porter et Texier n'ont pas le moindre doute à ce sujet. Coste, au moins dans ses notes manuscntes, est du même avis. Stoize est des plus affirmatifs.

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