TOME V
cemmenl à montrer qu'il était impossible d'identifier ces deux édifices *. Il est difficile de ne pas s'intéresser à un monument auquel se rattachent, peut-être ajuste titre, de pareils souvenirs; d'autre part, il y a bien peu de bâtiments antiques, parmi les plus fameux môme de la Grèce et de Rome, dont nous ayons une description aussi circonstanciée que celle du Tombeau de Cyrus; enfin la partie principale de cet ensemble est fort bien conservée, et il y a des traces très visibles encore des dépendances, des parties accessoires ; le tout a été relevé avec soin par des voyageurs dont les témoignages concordent. Le problème mérite donc qu'on le discute, et nous possédons les données qui peuvent servir à le résoudre. Cette description d'Aristobule, relisez-la en ayant sous les yeux le plan, la vue perspective et la coupe du Gabré (fig. 376, 329, 375}; vous serez tout d'abord frappé de nombreuses concordances. Il y est question du péribole^ dans l'intérieur duquel, au bord de la voie par laquelle on montait au tombeau, se trouvait la loge des prêtres chargés de veiller sur la sépulture*; or nous avons les restes de l'enceinte, et il serait possible que des fouilles fissent retrouver la place même de la maison de garde. Quant à la colonnade, elle n'est pas mentionnée en termes exprès; mais le mot péribole, souvent employé par les écrivains grecs à propos de ces temples de l'Asie Mineure et de la Syrie où le sanctuaire s'entourait de cours spacieuses et de vastes dépendances, suffit à éveiller, par lui-même, l'idée des portiques qui enveloppaient ces parvis. Aristobule n'a rien dit de ces galeries couvertes, parce qu'elles n'étaient pas pour le surprendre; il en avait beaucoup vu de semblables ; ce qui provoqua son attention, ce fut les canaux , les pelouses verdoyantes et les beaux ombrages que Ton traversait pour arriver à l'enclos ; la Grèce n'avait rien qui ressemblât à ces parcs touffus, à ces paradis^ comme on disait, au milieu desquels les Perses aimaient et aiment encore à placer leurs monuments^.