DiEULAFoy, l*Art antique de la Perse , I, p
2. Eivat ôà £vtÔ; toj -sp'.6oXo'j T^pô; tf] avaCaa-i t^ s::\ ?ôv ra^ov ^Âpouarj o^xr^fia ajxtxpôv tôt; Mayoïç TTîTîoiTjjx^vov, ot 8f) eoûXaaaov tÔv Kupou liçov. ÀRRiEN, VI, 29.
3. Il y a un mot zend, pairidaêza, d'où les Grecs ont dû tirer leur mot jrapdiÔÊiaoç, que les lexicof^mphes signalent comme un terme emprunté à la langue perse; mais dans l'idiome de VAvesta ce mot n'a que le sens vague d'enclos {Vendiddd, III, 18-19; V, 40 1. Il n'y aurait rien d'étrange à ce que, dans le dialecte qui se parlait en Perse sous les Achéménides, ce vocable ait été employé dans une acception plus particulière, qu'il ait s:*rvi à désigner ces parcs remplis de beaux arbres et de gibier auxquels tenaient tant les grands seigneurs perses, comme nous le savons par Xénophon et par Plutarque. I.e mot n'existe plus en persan, mais il est entré dans l'hébreu sous la forme ^wn/fc». jardin, d'où il a passé dans l'arabe, où fkrdans veut dire paradis, et, par l'arabe, il est naître <'n Perse. On le trouve dans le nom du poète célèbre Firdausi.
Lorsque, après avoir examiné les annexes de la tombe, on arrive enfin à celle-ci, on a bientôt reconnu qu'elle présente tous les traits caractéristiques sur lesquels Aristobule a cru devoir insister. On y retrouve 1^ forme quadrangulairc, le soubassement massif, que surmonte une chambre de petite dimension, et ce toit à double pente qui donne, sur les petits côtés, un fronton qui est le seul que Ton rencontre dans tout ce qui nous reste de l'architecture perse. La porte est étroite et basse, elle a 0",78 sur un l^jSS de haut; il faut se courber pour en franchir le seuil. Sans doute l'expression qu'emploie ici Arrien parait supposer un effort plus pénible qu'un simple mouvement de la tête et des épaules. On pourrait conjecturer qu'ici, par exception, Arrien, pour arrondir sa phrase, a légèrement forcé le sens du texte qu'il suivait ; mais il y a une autre explication plus naturelle. Si M. Dieulafoy ne s'est pas trompé en supposant ici un double jeu de vantaux, Aristobule, après avoir été contraint de se courber pour ne pas heurter du front le linteau, s'est trouvé emprisonné, entre les deux battants, en pleines ténèbres, dans un réduit qui n'a pas un mètre carré de superficie (fig. 377) ; il a pu lui paraître que c'était là une entrée fort incommode, dont il a gardé un mauvais souvenir. Enfin, dernière conformité entre l'édifice décrit et l'édifice réel, la hauteur de celui-ci est assez médiocre pour que, comme le dit Strabon, les cimes des arbres dépassassent le mausolée et le dérobassent à la vue.
Voilà bien des ressemblances entre l'édifice décrit par Aristobule et celui que nous étudions. On objecte que le mot ^rjoyo; ne convient pas au Gabré. On peut répondre que ce terme ne s'appliquait pas seulement aux tours proprement dites, à celles qui flanquent un mur de ville ou qui gardent l'entrée d'un pont. Plusieurs hellénistes ont déjà fait remarquer qu'il avait souvent été employé pour désigner les habitations isolées dans la campagne * ; mais ce qui est plus décisif, c'est que le mot en question ne se trouve pas chez Arrien, qui semble avoir suivi de plus près le texte d'Aristobule. Qui sait s'il n'a pas été ajouté par Strabon qui, n'ayant pas sous les yeux d'image du monument, ne s'en est pas fait une idée très nette, et, pour le définir, s'est servi, un peu au hasard, d'un terme inexact?
On dit encore que jamais tous les objets énumérés par Arrien et Strabon n'auraient pu tenir dans la chambre. du Gabré. Celle-ci, longue de 3", 16 et large de 2°, 18, se trouve avoir ainsi un peu plus de
\. Jacobs, <lans son coninienlairo sur V Anthologie, vol. 8, p. 333; Coraî, clan^ ses nolps sur Héliodore, vol. U, p. 28. Thésaurus, o<l. Didot. .«. v.
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6 mètres carrés' ; mais c'est plus d'espace qu'il n'en fallait pour grouper les trois meubles que renfermait la chambre funéraire, un lit, un cercueil et une table. Lit et cercueil n'ont pu guère avoir plus de 2 mètres de long ; il restait, au fond de la cellule, la place de la table sur laquelle étaient dressés les vases et les bijoux. Donnez au lit un peu moins d'un mètre de large et autant au cercueil, appliquez-les contre les deux parois opposées, vous aurez encore entre les deux un étroit passage. Le problème est simplifié si l'on admet que « le cercueil était au milieu du lit^ »; dans ce cas, celui-ci, une sorte de divan, aurait servi do support a la bière. Quant aux tapis, aux pelisses de couleur, aux cliules à franges, point d'embarras pour en disposer; toutes ces étoffes couvraient le sol et la couche funéraire, enveloppaient le cercueil et étaient tendues contre les parois ^
Pour revoir Pasargade et Persépolis, à son retour de l'Inde, Alexandre s'était séparé du gros de son armée, à laquelle il avait donné rendezvous à Suse ; c'était avec un escadron de cavalerie et quelques troupes légères qu'il avait fait ce détour, entrepris celte excursion dans les montagnes du Fars*; elle dut être très rapide. Aussi, quand, après avoir réparé de son mieux les outrages qu'avait subis l'intérieur du tombeau, il ordonna que la porte en fût murée. Ce travail, qu'il voulut voir achevé avant de partir, fut exécuté à la hâte; on boucha l'entrée de la tombe avec des moellons mêlés à un mortier de terre, et le conquérant apposa sur l'argile encore humide l'empreinte du cachet royal*. Pour protéger la dépouille deCyrus contre une nouvelle injure, il comptait moins sur cette mince barrière que sur la terreur de son nom. Nous ne saurions nous étonner de trouver aujourd'hui toute grande ouverte cette porte que le doigt du vainqueur d'Arbèles aurait jadis scellée de son anneau. Lorsque, plus tard, les chercheurs de trésors revinrent voir s'il restait encore dans la tombe quelque chose à prendre, deux ou trois coups de pioche suffirent à faire voler en éclats