DiBCLAFOY, VArt antique, I
3. C'est M. Oppert qui a le premier émis cette idée {Panargades et Mourghab, dans Journal asiatique, t. XIX, 1872, pp. 5l8-oo5). Je ne sais où il a pu voir que la distinction qu'il indique avait été déjà observée par les Perses, «< comme le démontrent, dit-il, les plans et les coupes des tombeaux de Persépolis et de Nakch-i-Roustem, donnés par Flandin et Coste ». Les cuves que renferment les caveaux sont toutes pareilles, et elles ont perdu leur couvercle.
prises pour tenir les importuns à distance et pour prévenir jusqu'aux indiscrétions d'un regard curieux, on a peine à se les expliquer si Ton refuse d'admettre que là trônait encore après sa mort, entouré d'une garde respectueuse et fidèle, ce fondateur d'empire dont la figure avait été si vite agrandie et transformée par le travail de l'imagination populaire, si bien que, dès le temps d'Hérodote, comme celle d'un héros ou d'un demi-dieu, elle ne se laissait plus apercevoir que confusément, dans un lointain obscur, à travers les vapeurs dorées de la fable.
Malgré la faible hauteur de l'édicule central, cet ensemble ne devait pas manquer de noblesse et d'effet, lorsqu'il était inlact, tel qu'il s'offrit à la vue d'Alexandre, lorsque celui-ci entra pour la première fois à Pasargade. On peut s'en faire quelque idée par les tarheh$ des sultans osmanlis, qui forment un groupe si pittoresque à Eyoub, au fond de la Corne d'Or et, par ces imams-zadehs que l'on rencontre dans toutes les parties de la Perse*. Autour des tombes musulmanes comme jadis à Pasargade, de vieux platanes trempent leurs branches dans les bassins qui servent aux ablutions ; partout une ombre épaisse et une délicieuse fraîcheur qui disposent l'âme au recueillement. Dans l'intérieur de la chambre funéraire, même demi-jour qui amortit l'éclat des riches tentures sous lesquelles on devine le relief du cercueil; celui-ci a parfois des dimensions colossales, pour faire croire que le saint ou le héros enseveli dans cette bière était plus grand que les autres hommes. La différence n'est guère que dans les formes architecturales des édifices; aujourd'hui c'est une coupole qui recouvre ces sépultures. Malgré ses dimensions restreintes, l'édicule qui a peut-être abrité la dépouille de Cyrus répondait bien à sa destination et avait sa beauté. Les larges degrés qui en constituent le socle le grandissent en lui donnant l'aspect d'une pyramide qui se continue et qui s'achève par la pente du toit. Portée sur ce piédestal et construite en grands matériaux dont le bon agencement et la solidité ont défié les siècles, la tombe même prenait ainsi une valeur singulière. Plusieurs des voyageurs qui ont visité le (îâfôr<? s'accordent à témoigner de l'impression que leurafaite la simplicité sévère du monument et ce que Tun d'eux appelle sa majesté*.
i. Le mot imnm-zadeh, « fils <rimam )», est employé en Perse pour «lésigner ces monuments qui passent pour <Hre les tombeaux de l'un des douze imams, descendants d'Ali, que vénère la piété des musulmans chiites. Le Gabré rappelle à Texier le tombeau de Chah-Rizâ, prés de Koum-chah. La sépulture du fils d'Ali se trouve au milieu d'un jardin arrosé d'eaux courantes et entouré de cellules réservées pour les gardiens du tombeau {Description, t. IT, p. 156).