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379. — Pasargade. Couronnement de la tour funéraire. Dieulafoy, l'Art antique, I, fig. 18.
Certains voyageurs ont eu la pensée de voir dans ces tours des
380. — Nakch-i-Roustem. Entrée et glissière de la tour funéraire. Dieulafoy, l'Art antique, I, pi. XI.
pt/rccs OU temples du feu*. Nous ne nous sommes pas arrêté à cette
\. Texikr, Ih'sr.riptlonf t. H, pp. 149-i.'i0. MoritM' avait eu la nif^nio iiléo.
hypothèse. Le culte de la flamme céleste ne se célébrait pas en chambre
381. — Nakch-i-Rou8tein. Coupe transversale de la tour funéraire. Dieulafoy, l'Arl antique, I, H^^ 10.
close, et ce n est pas par une esplanade, c'est par un toit à quadruple versant que la tour se termine (dg. 382), ce qui, toutes légères que soient les pentes de cette couverture, exclut ridée d'un autel dressé sur le sommet de cet édifice. Au contraire, l'épaisseur de ces murs et de ce toit, la solide clôture de ces portes de pierre convien draient bien à des Trésors y comme ceux où, selon les
historiens, les rois de Perse entassaient et conservaient, à Pasargade et à Persépolis, ces énormes quantités de métaux précieux que les
382. — Nakch i-Roustem. Toiture de la tour funéraire. Dieulafoy» l'Art antique, I, fig. 26.
tribuls de toute TAsie faisaient affluer entre leurs mains \ La conjecture paraît séduisante à première vue'; mais, si Ton ne peut rien dire de Pasargade, ne serait-il pas étrange, pour le trésor de Persépolis, que celui-ci, au lieu d'être compris dans Tenceinte qui renfermait les résidences royales, en eût été éloigné de plus d'une lieue et se fût ainsi dressé tout seul au milieu de la plaine (fig. 383)? Le trésor qui fournissait aux libéralités du prince devait être à la porte même de son palais et en former une dépendance.
Ces deux monuments étaient donc bien des sépultures ; mais on ferait fausse route en imaginant de chercher dans la tour de Pasargade le tombeau de Cyrus. Sans doute le mot Trupyoc, à le prendre dans son acception la plus ordinaire, semblerait s'appliquer mieux à un b&timent comme celui-ci qu'au Gabré; mais nous avons dit pour quelle raison nous ne croyions pas devoir attacher une grande importance à ce terme, qui n'est peut-être qu'une glose de Strabon. En revanche, dans la description que nos deux auteurs ont empruntée à Aristobule, il y a deux traits que l'on ne saurait effacer et qui ont, l'un et l'autre, une importance capitale: c'est l'existence d'un péribole et l'étroilesse singulière de l'entrée du caveau ; or il y a autour du Gabré des restes considérables d'un portique et d'un mur d'enceinte, tandis qu'aucun voyageur n'a signalé la moindre trace de semblables annexes auprès de la tour de Pasargade. D'autre part, si, dans celle-ci, la face principale a trop souffert pour qu'on puisse avoir la mesure exacte de la porte, on est en droit de restituer cette porte d'après celle de la seconde tour, les deux édifices étant de tout point pareils, et, à Nakch-i-Roustem, la baie a 1"',50 de haut sur 2",20 de large, dimensions qui n'ont rien que de normal et ne justifient pas l'insistance avec laquelle Arrien affirme qu'il y a un effort a faire pour pénétrer dans le tombeau de Cyrus. Si l'on n'admet pas l'identité de ce tombeau et du Gabré, il faut donc prendre son parti de la disparition du monument vu par Alexandre et par Aristobule.
On s'est demandé si ce type, ainsi représenté, dans chacune des capitales de la Perse, par un exemplaire unique et d'une exécution très soignée, n'avait pas son office propre, n'était pas affecté à un service d'une nature toute particulière. La première conjecture qui s'offre à l'esprit, c'est que ce pourraient être là des édifices où, comme dans les dakhmas des Parsis, les cadavres auraient été exposés à la morsure des
\, Arrien. Anabascy III, i8, 19.
2. G. Rawlinson, The five qreat monarchie», 4« édition, t. m, p. 350, noto 6.
LA TOMBE COiNSTRUIïE. 615
caraivores, jusqu'à Tentière destruction des chairs. 11 y a une première difficulté, c'est qu'aucun des auteurs anciens qui parlent de la Perse et de ses mœurs ne fait la moindre allusion à des bâtiments de cette sorte; mais on pourrait répondre que les Grecs, jusqu'à Texpédition d'Alexandre, n'avaient guère dépassé Suse, qu'ils n'ont ni tout vu, ni tout dit, et que nous sommes loin d'ailleurs de posséder l'ensemble complet de leurs témoignages ; ainsi nous ne connaissons l'œuvre de Ctésias que par les citations des écrivains postérieurs et par les courts extraits qu'en a donnés Photius*. On a une autre et meilleure raison d'écarter tout d'abord cette hypothèse ; c'est qu'elle n'est pas compatible avec la disposition de ces bâtiments. Les dakhmas^ de simples enclos, sont largement ouverts à ces rapaces, qui s'y abattent par volées ; les morts doivent y être couchés les yeux tournés vers le soleil; ils doivent être exposés à la pluie qui dissoudra ces restes impurs*; ici, au contraire, nous trouvons des édifices couverts d'une solide toiture et dépourvus de fenêtres; ils n'ont d'autre accès qu'une porte, qui était évidemment destinée à rester close, une fois qu'y aurait été introduit le dépôt confié à l'épaisseur de ces murs.
On s'obstine pourtant à ne pas vouloir que ce soient là des tombes comme toutes les autres, dernières demeures des Perses de haut rang. A propos de la mieux conservée des deux tours, Coste supposait déjà que les corps des princes, avant d'être portés aux tombes royales, séjournaient dans ce bâtiment pour y être nettoyés et embaumés ^ Cette idée a été reprise par M. Dieulafoy. « C'est dans cette chapelle, dit-il, que le corps du roi subissait, à l'abri de tous les regards, la décomposition préalable qui précédait l'ensevelissement définitif, tandis que les cadavres de ses sujets, avant d'être mis en contact avec la terre, étaient exposés pendant de longues années dans des dakhmas semblables aux tours funéraires des Guèbres de Téhéran et de Yezd*. » 11 croit trouver une confirmation de cette conjecture dans une excavation en queue d'aronde, pratiquée au-dessus de la porte, à même le linteau; il y voit « un logement préparé pour recevoir une tablette de pierre ou de marbre sur laquelle était gravé le nom du prince provisoirement inhumé dans la tour. L'inscription devant être changée souvent, on avait pris soin de donner au refouillement une forme qui
i. Les fragments do Ctésias ont été réunis par Charles Millier, dans la Bibliothèque (frecquc'latine de Didot, à la suite d'Hérodote.