Flandin et Coste, Texte, p
i. DiKUL.vKOY, VArt antique île la Perse, l, p. 28.
permit de substituer une plaque à une autre sans détériorer Tédifice. » Nous avons beau chercher dans ses planches VI et XI auxquelles il renvoie et que reproduisent fidèlement nos figures 301 et 380 ; nous n'y distinguons rien qui ressemble à la dépression, au cadre creux dont il parle; il n'y a là qu'une moulure en relief, le couronnement du chambranle. On ne rencontre d'ailleurs, rii chez les historiens occidentaux ni dans VAvesta^ pas un texte qui soit favorable à l'hypothèse d'une sorte de station ou de stage que les cadavres des simples particuliers ou des rois auraient eu à faire dans un dakhma ou dans un tombeau provisoire, avant d'être mis en terre*. 11 y a enfin à tenir compte d'un curieux détail de construction; nous voulons parler de la glissière taillée dans le seuil de la porte (fig. 380). Si nous ne nous trompons, l'observation faite par le voyageur offre un argument de plus contre la conjecture de l'archéologue. Pourquoi tout cet appareil, si le corps ne venait dans cette tour que pour y être mis aux mains des embaumeurs ou pour y être abandonné, pendant un temps plus ou moins court, à l'action des forces qui le dissolvent et qui le détruisent? S'il en eût été ainsi, on l'y aurait porté sur un brancard, comme on le fait aujourd'hui pour les cadavres que l'on dépose dans les dakhmas; on les étend là presque nus, sur les barres d'une grille de fer. On s'explique au contraire la disposition du seuil, si l'on admet qu'elle ait été adoptée en vue de faciliter le maniement des lourdes caisses de bois ou de pierre, des cercueils où le mort, protégé par un rigide et pesant couvercle, s'était couché pour dormir en paix son sommeil éternel.
Le plus sûr, c'est donc encore de ne pas chercher ici autre chose qu'une variante de la tombe perse, variante qui rappelle, à certains égards, une des formes de la tombe lycienne, ces tours funéraires comme il y en a plusieurs à Xanthos (fig. 268). L'analogie est réelle ; mais faut-il en conclure qu'il y ait eu emprunt, et, si l'on croit à une imitation, est-ce les architectes perses qui, après la campagne d'Harpagos en Asie Mineure, se sont inspirés des exemples de la Lycie, ou bien les satrapes envoyés de Suse ont-ils importé ce type dans la province où ils représentaient le grand roi et où ils mouraient en fonction? Ne sachant ni quand ni pour qui ces sépultures ont été bâties, à Pasar-
i. Il est bien question dans VAvcUa (Farijard V, 10-13) d*une petite maison construite exprès pour y déposer les corps, quand les intempéries de l'hiver empêcheraient de le porter tout de suite au dakhma; mais il résulte du contexte que le législateur n'a là en vue qu'une sorte de cahute qui ne servira que comme pis-aller, pour préserver de la souillure la maison mortuaire ; dès que l'on pourra, dans le délai d'un mois au plus tard, le cadavre devra être conduit au dakhma.
gade et à Persépolis, on n'est pas en mesure de répondre à ces questions. Entre les tours perses et les tours lyciennes, il y a, dans bien des détails, une assez sensible différence pour qu'il soit difficile de supposer que les unes soient la copie des autres; nous croirions plutôt à une simple rencontre. Prise dans son ensemble, cette forme est assez simple pour avoir été trouvée et adoptée, sans aucun concert préalable, à peu près vers le même temps, par deux peuples qui Tun et Tautre construisaient en grands matériaux. N'est-ce pas une idée qui a dû venir naturellement à l'esprit des hommes que celle de donner à la tombe où ils ensevelissaient leurs princes ou leurs pères quelque chose de l'aspect et de la solidité d'une forteresse?
Si, faute d'inscriptions et de renseignements historiques, on ne peut même essayer de deviner pour qui ni quand ont été érigées les sépultures en forme de tour, il n'en est pas de même des tombeaux creusés dans le roc qui, voisins des ruines de Persépolis, dominent la plaine de Mervdacht (fig. 383). L'un d'eux est signé et daté ; tous les autres, groupés dans le même district et exécutés dans la même donnée, appartiennent certainement à la même période, à celle de la seconde dynastie achéménide, qui commence avec Darius fils d'Hystaspe et ne finit qu'avec la monarchie perse.
Jîi W. — LA TOMUK SOUTEHRArNK.
Dans deux de nos planches, dans celle où est restauré un palais d'habitation (IX), et dans celle où est restitué l'ensemble des édifices du plateau (X), on aperçoit les hypogées funéraires qui s'ouvrent sur le versant de la colline à laquelle est adossée la terrasse de Persépolis, et l'emplacement de deux de ces tombes est indiqué sur le plan général (fig. 29, n"* 10 et H). Avant môme que les explorateurs dont nous résumons les travaux eussent commencé d'étudier sur place les restes de la capitale des Perses, on savait par Diodore que l'on trouverait là des tombes royales. L'historien, après avoir décrit l'enceinte fortifiée qui renfermait les palais, s'exprime ainsi : « A l'orient de celte citadelle, à environ 4 plèthres de distance (123 mètres), est une colline appelée le Mont-Royal^ qui renfermait les tombeaux des rois de Perse. On avait taillé le roc ; on avait pratiqué dans ses flancs des chambres nombreuses, parmi lesquelles se trouvaient les caveaux des souverains défunts. Point d'avenue qui y donnât accès; c'était à l'aide de
machines construites tout exprès que Ton soulevait les corps et que Ton réussissait à les installer dans leur dernière demeure*. »
En gros, la description est exacte et donne une idée juste de ia situation des tombes. Diodore avait puisé à de bonnes sources; mais il n'avait pas vu les lieux, et, ici comme dans ce qu'il dit de la cité voisine, il paraît avoir ajouté à ce que lui fournissaient ses notes certains traits qui ne sont pas conformes à la réalité. Il s'est figuré une nécropole comme il y en avait tant en Grèce et en Asie Mineure, un massif rocheux dont toute la face aurait été percée de sépultures pressées les unes contre les autres et de profondes galeries. Or il n'y a en tout, derrière Persépolis, que trois tombes, les deux qui figurent sur notre plan (fig. 290, 10 et H), et une dernière, plus éloignée vers Test, qui se trouve en dehors de l'espace que celui-ci comprend. Quatre tomt)es analogues se voient à 5 kilomètres vers le nord-ouest de Persépolis (fig. 383), taillées dans le mur vertical par lequel se termine, au-dessus de la plaine, un autre massif de rochers, dans l'endroit que l'on appelle Nakch-i'Itoustem, à cause des bas-reliefs où l'on croit reconnaître un des héros du Shah-Naineh^ ou, en raison de ces sépultures, Kabresfankaurôun^ « le cimetière des Guèbres » (fig. 384).
Toutes ces tombes, celles de l'un comme celles de l'autre groupe, se ressemblent d'une manière frappante. Il n'y a entre elles que des différences de détail ; qui en décrit une les décrit toutes ; aussi noire planche I suffit-elle à donner une idée de ces sépultures*. Chacune d'elles se divise, dans le sens de la hauteur, en trois parties sensiblement égales; elle a en tout 22",50 d'élévation. La partie du milieu, plus longue, forme avec les deux autres ce que l'on appelle la croix grecque \ A Nakch-i-Roustem, la partie inférieure delà surface taillée s'arrête à une dizaine de mètres environ au-dessus du sol de la plaine ; elle dessine là une sorte de large banc, compris entre deux saillies du roc. C'est comme une sorte de vestibule qui, au lieu de se développer en plan, est tout en hauteur. La roche y est dressée à l'outil, mais sans un ornement ni une moulure. A vrai dire, le monument ne commence