‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 285 sur 412 · Diodore, XVII · texte numérisé non relu

Diodore, XVII

2. Cette planche représente la tombe à laquelle Coste, dans son plan de la néfrop-»!'* {Fersc ancienne, pi. 169) donne le n» 1, celle que l'on aperçoit à rextrêrae droit**, ilan* la vue fiénérale de la nécropole (fig. 384). C'est une réduction de la planche iX> *W Texier.

3. Coste indique, pour la longueur du bras transversal de la croix, à >'akcb-î- Houstem, i8™,63, et pour celle des deux autres bras, H mètres. A Persépolis, latomb' n» 10 aurait 24™, 30 d'élévation, la partie moyenne 17 mètres, et la partie ^upériea^ 10°»,50 de long.

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qu'avec la seconde partie de cet ensemble. Celle-ci, avec ses quatre colonnes engagées et sa haute porte, encadrée d'un chambranle à trois listels que surmonte la gorge égyptienne (fig. 385), avec son comble orné d'un cours de denticules (lig. 289), est la copie d'une façade de palais. C'est là, sous le portique simulé, que se trouve l'entrée du caveau. Au-dessus de l'entablement, le frontispice se rétrécit. Le bras supérieur de la croix correspond exactement, en largeur, au bras inférieur; mais il est sensiblement plus haut. Le champ, poli avec plus de soin qu'il no Test dans le reste de la façade, est rempli

par un bas-relief d'un caractère tout reli- >

gieux. Au-dessus d'une sorte d'estrade, sans doute imitée de celle qui, dans les salles de réception, supportait le trône du roi, celui-ci est debout, sur un socle formé de trois marches; on le reconnaît à son costume et à la tiare dont il est coiffé dans les sculptures du palais*. De la main gauche, il tient un arc qui pose sur le sol, et il étend la droite, en signe de serment ou d'adoration, vers un autel sur lequel brûle le feu sacré. Tout en haut, entre le roi et Tautel, plane, portée par de larges ailes, l'image d'Ahura-Mazda, derrière laquelle est indiqué le disque solaire.

Le roi et le dieu ne sont pas les seuls personnages auxquels l'artiste ait donné place dans cette section du frontispice. Le plancher de l'estrade esl soutenu par vingt-huit figures d'hommes, qui forment deux files superposées. 11 y a, d'une figure à l'autre, des différences de costume très accusées; c'est que, comme on pouvait déjà l'inférer d'une phrase de la longue inscription gravée sur la tombe de Darius, ces porteurs représentent les différents peuples de l'empire, les différentes provinces qui le composent. « Si tu penses, dit le roi, combien est grand le nombre des pays que Darius le roi a possédés, et que tu dises cela, regarde l'image de ceux qui portent mon trône, et tu le comprendras. Alors tu sauras que la lance de l'homme perse allait loin; alors tu sauras que l'homme perse a livré des combats loin de la

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383. ~ Nakch-i-Rou8tem. Porte d'une tombe royale. Flandin et Coste, Perse ancienne, pi. CLXXVII.

\. La ligure du roi a, suivant. Ips tombes, île 2'",20 à 2"»/fO. Los fi^Miros dos portours ont onviron 1 m^tro do moins.

Perse *. » La conjecture est confirmée par la découverte qu'ont faite, en 1885, MM. Babin et Houssay, les collaborateurs de M. Dieulafoy. Grâce à un léger échafaudage qu'ils avaient fait appliquer contre le rocher, au tombeau de Darius (fig. 386), ils ont pu en explorer la partie supérieure plus attentivement que ne l'avaient fait leurs prédécesseurs, et, sous les pieds de sept de ces figures, ils ont retrouvé, cachés par une croûte d'enduit calcaire qui se laissait détacher aisément, les noms connus de plusieurs des satrapies. Enfin, il y a encore d'autres figures, sculptées à droite et à gauche du grand bas-relief, sur le bandeau qui l'encadre, et en retour d'angle, sur la tranche étroite qui relie la surface inégale du roc brut à la surface polie du frontispice de la tombe-. Ce champ complémentaire est partagé en trois registres, qui correspondent aux trois étages du tableau principal; chacun d'eux contient, de chaque côté, une figure dans le cadre et deux sur la tranche, et ces figures représentent, à gauche, des gardes tenant en main une longue lance et, à droite, des serviteurs sans armes.

L'intérieur de ces tombes est d'une simplicité qui contraste avec le travail qu'a coûté la préparation de la façade et le luxe de la décoration extérieure. On pénétrait par une porte placée dans l'entre-colonnement du centre; mais le roc n'avait pas été évidé dans toute la hauteur de la baie; on avait seulement ménagé, en bas, un passage par lequel on ne pouvait entrer qu'en se courbant et qui était muré après rintroduction de la dépouille royale dans le caveau. Celui-ci se partage en une sorte de vestibule et une chambre plus basse dans le sol de laquelle sont creusées, suivant les tombes, de une à neuf cuves funéraires (fig. 387 et 388). Ce dernier nombre est celui des sarcophages de la tombe de Darius ; mais six de ces fosses se trouvent à la gauche de l'entrée, tandis qu'à droite il n'y a rien de pareil (fig. 389); il a été fait au monument des additions qui n'entraient pas dans le plan primitif, et où l'on n'a pas eu souci de la symétrie. Deux des tombes de Nakch-i-Roustem, celles

1. Spikgel, Die altpersischen Keilimcknflen, 2° édition, p. 57.

2. Dans notre planche I, où la vue est prise presque de face, les figures placées en retour d'équerre sont invisibles, parce qu'à droite elles sont noyées dans Torabre ei parce qu'à f^auche on n'aperçoit pas la tranche; il en est de môme dans la plupart des vues de ces tombes qui ont été données par Coste et par Texier; elles se rapprochent toutes plus ou moins du géométral. Où l'on comprendra le mieux cette disposition, c'est dans la photogravure que M. Dieulafoy a publiée du tombeau de Darius [l'Art antique ^le la Persef I, pi. X); elle est prise de côté, de sorte que les trois registres de gauche s'y accusent avec tout leur développement. Enfin, la coupe que nous donnons plus loin montre à leur place les figures qui décorent la tranche perpendiculaire au fond du tableau (fig. 388).

386. — Le tombeau de Darius avec l'échafaudasTi*. D'après une photoj/raphie de M. Houssay. Duruy, Hialoire des Grecs, t. II, p. 37.

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que Ton voit à gauche dans la vue d'ensemble (fig. 382), offrent aussi

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•J87. — Pcrsëpolis. Plan de la tombe royale an sud-est du plateau. Flandin et Coste, Perse ancienne^ pi. CLXIII.

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388. — Persëpolis. Coupe de la tombe royale au sud-est du plateau. Flandin et Coste, Perse ancienne^ pi. CLXIII.

une particularité curieuse; les deux caveaux y dessinent des lignes courbes (fig. 390). D'ailleurs nulle inscription, nul ornement surles parois

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de ces hypogées. Ce sont partout les mêmes proportions restreintes ei la même simplicité. Toutes les chambres sont à plafond plat, hors une

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389. — Nakch-i-Roustem. La tombe de Darius. Plan. Flandin et Coste, Perse ancienne^ pi. CL XX.

seule, celle de la tombe située au nord-est du plateau, h Persépolis, où, dans le vestibule, Toutil a dessiné une arcade à plein cintre (fig. 391).

390. — Nakch-J-Roustem. Plan des tombod de gauche. Flaadin et Coste, Per.^e ancienne j pi. CLXX.

Cette tombe se dislingue encore de ses voisines par un autre trait. Le frontispice est, comme partout, taillé dans le roc; mais celui-ci présentait, au-dessous du bras inférieur de la croix, un retrait, un creux

qui aurait produit à Toeil un fâcheux effet et risqué peut-être de compromettre la solidité de Tensemble. On a donc bâti là, au-dessous du tombeau, un mur en appareil polygonal qui remplace l'escarpement que fournit ailleurs la coupe verticale de la falaise calcaire (fig. 392). Si Ton a pris partout la précaution d'interposer cette paroi lisse, naturelle ou construite, entre le sol de la plaine et le seuil de Thypogée, c'est que l'on a voulu rendre la tombe inaccessible. Point ici de ces rampes ou de ces escaliers auxquels Tarchitecte perse savait si bien donner à la fois l'aspect monumental et la commodité. Aujourd'hui même, après que le pied des chercheurs de trésors et des curieux a pu,

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391 . — Persépolis. La tombe du nord-est. Coupe longitudinale. Flandin et Coste, Perse ancienne, pi. CLXV.

tout à loisir, pendant de longs siècles d'abandon, frayer des sentiers par lesquels on parvient jusqu'au portique, en s'aidant, non sans effort et sans danger, de tous les accidents du roc, il y a encore plusieurs lombes auxquelles Coste n'est arrivé qu'à l'aide des cordes par lesquelles il s'est fait descendre du haut de la falaise ; nous avons vu comment MM. Babin et Houssay ont dû s'y prendre pour se mettre en état de relever les inscriptions et les sculptures du sépulcre de Darius (fig. 386). L'étude des lieux a donc confirmé pleinement l'assertion de Diodore, ce qu'il dit des moyens mécaniques auxquels on avait recours afin de hisser les corps jusque dans le caveau ; elle explique aussi l'anecdote rapportée par Ctésias *. Darius, racontait l'historien, avait ordonné qu'on lui creusât un tombeau dans la Double Montagne^; ses ordres

i. § 15 dos extraits donnas par Photiiis des Ihp-stxà <le Ctésias.

2. La chaîne qui domine Persépolis et Nakch-i-Roiistem serait encore aujourd'hui, assure-t-on, désifi^née par les Persans sous le nom de Ikita, « double ». Voir Gh. Muller dans ses notes sur Ctésias (pp. 64-G.'i). On s'explique cette appellation en jetant un coup

avaient été exécutés. Il voulut alors aller visiter le monument; mais les Chaldéens et ses parents Ten empêchèrent. Ces derniers entreprirent l'ascension ; ils s'élevaient en Tair, tirés par des prêtres postés sur le sommet du roc, quand ceux-ci, effrayés par des serpents, Iftchèrent les cordes; les malheureux tombèrent et se tuèrent dans leur chute. Darius éprouva une grande douleur de cette catastrophe; il fit couper la tête aux quarante mages qui avaient été chargés de la manœuvre.

Le tombeau devant lequel cet accident est arrivé, nous le connaissons (flg. 386, 389); il est à Nakch-i-Roustem, où rinscriplion qu'il porte le désigne tout d'abord à la curiosité du voyageur. Celte inscription est très longue ; elle est gravée dans les trois langues qu'employait la chancellerie perse, sur le mur du fond du portique, entre les colonnes; elle remplit aussi une partie du cadre supérieur. Par malheur, elle a souffert; le texte perse surtout, celui dont la traduction offrirait le moins de difficultés, présente des lacunes qui ne se peuvent combler qu'à l'aide du texte assyrien*. Cependant, toute discutable que soit l'interprétation de certains passages, l'ensemble ne laisse pas place au doute. C'est bien le plus grand roi qu'ait eu la monarchie, Darius, fils d'Hystaspe, qui porte la parole; il énumère les provinces de son vaste empire et rapporte à Ahura Mazda tout Thonneur de ses hauts faits.

A elle seule, cette inscription suffit à prouver que la nécropole de Nakch-i-Roustem et celle qui est située derrière le Takt-i- Djemchid sont bien des nécropoles royales. Si une seule de ces tombes est signée et datée, toutes les autres sont taillées sur le même modèle et reproduisent les mêmes groupes, les mêmes symboles, ce que l'on pourrait appeler le même protocole royal, traduit dans la langue de la plastique: elles sont, à de légères variantes près, la répétition d'un même type. Ce type a été créé par Darius, ou, pour mieux dire, par rarchitede que le prince avait chargé de réaliser son désir; il fit sa première apparition avec cette tombe, dont les travaux intéressaient si fort le roi que. pour les examiner de plus près, il avait manqué se confier à cet échafaudage mobile qui coûta la vie à son père et à sa mère. Le monument, sur lequel cette tragique aventure dut appeler davantage encore 1 atlen-

d'œil sur la carte (fig. 383). La montagne qui borne au nord la plaine de Menrdafht »^î dont le flanc méridional renferme les deux groupes de tombes royales est coupét», jui la ^orge où coule le Polvar, en deux massifs qui se font pendants. • 1. Faite d'après une photographie qui a été prise d'une assez grande distance» U vue pittoresque du tombeau de Darius ne laisse même pas apercevoir la plac<* «i»* ' "^ scription (fig. 386) ; on la trouvera indiquée dans la planche CLXXÏV de Coste.

392. — Persépolis. La tombe du nord-est. Élévation. Flandin H Coste, Per.fe ancienne, pi. CLXVI.

tion, était d'un aspect original et grandiose qui répondait bien à sa destination. Grâce à la hauteur de Tescarpement qui en séparait le seuil du sol de la plaine, la tombe semblait suspendue entre ciel et terre, de façon à défier toute profanation; le spectateur qui la contemplait d'en bas la sentait inaccessible et sacrée. Tout confirmait cette première impression : ces piliers et cette porte, ces ornements et ces personnages taillés dans la roche vive paraissaient aussi indestructibles que la montagne avec laquelle ils faisaient corps. Les lignes simples et sévères de l'architecture, dans la partie moyenne dé la façade, et, dans la partie haute, Tampleur du bas-relief et la variété de ses figures offrent un contraste d'un heureux effet avec les grandes surfaces nues de l'âpre falaise. Cette nature sauvage encadrait merveilleusement l'œuvre de l'artiste et en faisait valoir la savante ordonnance. Celle-ci avait le mérite de traduire avec une clarté parfaite l'idée qu'elle voulait exprimer, la glorification du prince, du maître redoutable et pieux qui a combattu et régné sous la protection et par la grâce d'Ahura Mazda. Les deux étages inférieurs représentaient, précédée d'un de ces parvis ou veillaient les gardes, la façade du palais où le souverain avait vécu, entouré de toutes les pompes de la royauté orientale, et, derrière cette porte close qui se dressait au milieu du portique, on sentait encore sa présence, comme on la devinait de loin lorsque, retiré au fond de ses appartements et caché à tous les regards par une barrière de murs crénelés, il gouvernail son immense empire sans se montrer à ces millions d'hommes qui lui obéissaient et parmi lesquels il en était si peu qui eussent jamais vu ou qui eussent chance de voir sa face auguste. Au-dessus, c'était cette scène d'un caractère tout religieux, ce grand tableau qui montrait le monarque dans une sorte d'apothéose, soulevé, sur les têtes et les bras tendus de ses sujets, jusqu'à ce faîte d'où il a le monde à ses pieds, et là accomplissant gravement la plus haute de ses fonctions, offrant son hommage au dieu suprême de son peuple sous les yeux et avec le concours de ce que l'on pourrait appeler sa maison militaire et civile, de ses principaux officiers et des chefs de la domesticité royale.

On ne saurait douter que la tombe de Darius ne soit la plus ancienne de celles qui sont voisines de Persépolis; c'est ce prince qui a commencé les grands travaux en suite desquels les constructions royales se sont élevées les unes auprès des autres, sur la haute terrasse artificielle*.

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