‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 287 sur 412 · TOME V · texte numérisé non relu

TOME V

d34 LA PERSE.

degrés ont été taillés dans le roc, sont d'un accès plus facile. Ces deux sépultures forment donc un groupe à part, qui doit être postérieur à celui de Nakch-i-Roustem. L'art va du simple au composé; les artistes q»ui répètent un motif consacré par la tradition cherchent d'ordinaire à y ajouter des ornements nouveaux et à enchérir ainsi sur leurs devanciers.

La Perse, de Cyrus à Darius Codoman, a eu treize souverains, en y comptant Smerdis le Mage; mais ce traître n'a pu recevoir les honneurs de la sépulture auprès de ces descendants d'Achéménès dont il avait voulu usurper la couronne. Restent donc douze princes, et, en comptant le Gabré, huit tombes, dont l'une peut avec beaucoup de vraisemblance être attribuée à Cyrus, et dont une autre est celle de Darius, qui y a apposé sa signature. D'après ce calcul, quatre princes n'auraient pas, dans la double nécropole, de monument qui leur appartint en propre. Il est probable que ce sont ceux qui n'ont fait que passer sur le trône, qui n'ont pas eu le temps de se commander, pendant les loisirs d'un règne long et prospère, une tombe dont les travaux s'achevassent sous leurs yeux. Chercher à mettre un nom sur chacun de ces hypogées serait un vain jeu; tout ce que l'on peut dire, c'est que Xerxès, Artaxerce Longue-Main et Darius Nothus ont été probablement ensevelis à Nakch-i-Roustem; c'est Artaxerce Mnémou qui aurait inauguré, à Persépolis, le nouveau cimetière royal.

Quoique Suse paraisse avoir été la ville où les rois de Perse tenaient le plus souvent leur cour, on n'a rien trouvé, dans les environs, qui ressemble à des sépultures royales ; les fils d'Achéménès tenaient à reposer dans la province qui avait été le berceau de leur famille. En revanche, les explorateurs ont signalé, en Médie, quelques hypogées dont le plan et l'aspect leur ont rappelé les monuments rupestres de Persépolis. L'un de ces tombeaux se trouve en plein Zagros, sur la route de Kermanchah à Bagdad, route qui a dû, de tout temps, être une des principales lignes de communication entre l'Iran et la Mésopotamie. Il y a là, entre des montagnes où la route tourne dans d'étroits défilés, une petite plaine bien arrosée, où abondent les ruines, des sculptures rupestres, des restes de maisons et ceux de deux forteresses qui semblent sassanides *. Un caravansérail, appelé Serpoul-i-Zohab , donne son nom à ce district. A quatre kilomètres vers le sud-ouest de ce point, où s'arrêtent encore toutes les caravanes, le chemin longe le

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