Histoire de Vart, t. V, p
.*>. Barclay Head, Historia Numorum, p. 696, fîg. 364. M. Dieulafoy {l'Art antique, I. p. 19), en publiant un agrandissement de cette pi(>ce et d'une autre qui n'en difTcVe
Sorpoul-i-Zohab. Klévatiou de la tombe. Flancliii et Coste, Perse ancienne, pi. CCXI.
na pas encore été déchiffrée d'une manière satisfaisante: elle suffit pourtant à prouver que la pièce est postérieure à la chute de la monarchie achéménide. Le roi, signalé par son bandeau, que l'on aperçoit, sur l'une des faces, en buste, el sur l'autre, en pied, devant Tautel du feu, ne porte pas la tiare des successeurs de Cyrus.
A 12 mètres environ plus haut, un cadre , fait d'un double listel et d'une large platebande qui forme entablement, enveloppe un portique qui avait autrefois deux colonnes. Les fûts devaient être rapportés, car ils ont disparu: les bases et les tailloirs, pris dans la masse du roc, sont en place. Ce
portique a 3",i0 de profondeur et 9 mètres de largeur, sur une hauteur de 3",0o (fig.394). La base, très simple, fait songer, par ses deux plinthes cubiques superposées, à celle qui caractérise la nécropole de Nakch-i-Rous(em (fig. 289).
Une porte sao^ chambranle mouluré donne accès dans une petite salle à plafond cintré (fig. 395, Al qui a 2", 70 de haut; à gauche se trouve un sarcophage (B) creusé dans la
que parlVfripe du droit, appelle ces monnaies des dariques, terme qui risque do tromper sur leur date et sur le système monétaire auquel elles appartiennent.
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395. — Serpoul-i-Zohab. Plan de la tombe. Flandin et Coste, Perse ancienne, pi. CCXI.
roche vive. Au fond de la chambre, on remarque des niches semicirculaires (C), qui ont pu contenir des lampes.
Dans la même région montueuse, à Sâ/ineh, entre Béhistoun et Kingava7\ une tombe du même genre a été taillée dans un mur de roc, à une trentaine de mètres au-dessus du sol. C'est à Taide d'une corde que Ton a pu arriver jusqu'à la plate-forme ; deux bases rectangulaires y marquent aussi la place d'un portique en arrière duquel s'ouvraient deux caveaux superposés, munis de cuves qui ont à peu près les mêmes dimensions qu'à Serpoul-i-Zohab^
Par eux-mêmes, ces monuments n'ont qu'un assez faible intérêt. Si nous les avons signalés, c'est que l'on peut y voir de modestes imitations des tombes royales du Fars. Quelque satrape , quelque prince local, à peu près indépendant au sein de ces montagnes où l'on n'obéit guère, de nos jours, aux ordres du chahin-chah^ aura voulu se donner le luxe d'une sépulture dont la disposition évoquât le souvenir des monuments grandioses où étaient ensevelis les Rois des Rois. On remarquera pourtant une différence; les colonnes, ici, n'étaient pas engagées, comme dans la nécropole de Persépolis ; il y avait un vrai portique, où l'on pouvait tourner autour des supports. Par ce trait, comme par le dessin du cadre qui circonscrit le vide ménagé dans le roc, ces deux tombes de la Médie offrent une analogie singulière avec celles que nous avons étudiées en Cappadoceet en Paphlagonie (fig. 136, 140, 149).* Il est difficile de dire s'il y a quelque induction à tirer de celte étroite ressemblance; la vallée de l'Halys est loin de la Médie; mais, d'autre part, les Mèdes, avec Cyaxare, etles Perses, avec Cyrus, ont commencé de bonne heure à parcourir, en combattants et en vainqueurs, le plateau de l'Anatolie, et ils ont ensuite continué à le fréquenter, lorsque leur roi les envoyait gouverner les provinces occidentales de l'empire ou mener à la mer les troupes destinées à lutter contre les Grecs et à envahir l'Europe. Le relief dû sol était à peu près le même, dans les deux pays, parmi les éperons du Taurus et entre les contreforts du Zagros : qui sait si les seigneurs perses ne se sont pas inspirés de ce qu'ils avaient vu dans le Pont et dans la Cappadoce? N'était cette grande page de statuaire qui fait partie intégrante de la décoration des façades funéraires, dans la nécropole royale de la Perse, on serait même tenté de se demander si Darius ou son architecte ne doit pas quelque chose à l'art de l'Asie Mineure; mais, dans tout l'inté-
\, Flandin ot CosTE, Verse ancienne. Texte, p. 11.
2. Pour la tombe cappadocienne, voir Histoirp de VArt, i, IV, fip. 344.
rieur de la péninsule, il n'y a point de tombe vraiment ancienne où la sculpture concoure ainsi à l'effet. Au contraire, cette scène d'un caractère si solennel rappelle ces bas -reliefs où le Pharaon présente ses hommages et ceux de son peuple à son père Ammon ou à tout autre dieu du panthéon égyptien. D'autre part, l'Egypte, à Beni-hassan et ailleurs, offrait de nombreux exemples de la tombe rupestre, précédée d'un portique sous lequel s'ouvre le caveau. Enfin le merveilleux décor des monuments delà vallée du Nil n'a pu manquer de faire sur l'esprit des conquérants une bien autre impression que quelques sépultures éparses et toutes anonymes, taillées d'une main rude dans le flanc de rochers abrupts, et cachées dans des gorges sauvages, parmi les broussailles et les forêts. Ce sont là les raisons qui nous inclinent à croire que si l'artiste auquel Darius avait confié le soin de préparer son tombeau a cherché au dehors les éléments de ce type qu'il a légué aux générations suivantes, c'est à l'Egypte qu'il les a empruntés, à cette Egypte d'où, comme nous l'atteste Diodore, les rois de Perse ont tiré tout à la fois des matériaux de prix et d'habiles ouvriers; mais, dans les édifices qui lui ont suggéré les motifs principaux de sa création, ces éléments étaient séparés. Il a su imaginer de les réunir et d'en composer un ensemble vraiment expressif et imposant; c'est ainsi que, tout en étant imitateur, il a fait preuve d'invention et de goût, il a produit une œuvre vraiment originale.