CHAPITRE IV
I/ARGHITECTURE RELIGIEUSE
« Les Perses, dit Hérodote, n'ont pas coutume d'élever aux dieux des statues, des temples, des autels, ils traitent au contraire d'insensés ceux qui le font; c'est, à mon avis, parce qu'ils ne croient pas, comme les Grecs, que les dieux aient une forme humaine. Leur habitude est de sacrifier à Zeus sur le sommet des plus hautes montagnes, et ils donnent le nom de Zeus à toute la circonférence du ciel*. » C'est sans doute de ce passage que Cicéron, qui avait beaucoup lu Hérodote, a pris texte pour affirmer que, si Xerxès a brûlé les temples d'Athènes, c'a été uniquement pour punir les Grecs du sacrilège qu'ils commettaient en prétendant « enfermer dans des murailles ces dieux devant * qui tout devait être ouvert et libre, ces dieux qui avaient pour demeure et pour temple l'univers tout entier ». La phrase est belle, et Cicéron en a été si content, qu'il l'a placée dans deux de ses ouvrages*; mais il y a, de ces incendies allumés par les Perses, une explication bien plus simple, celle que donne Hérodote lui-même' : ils ont voulu se venger du sac de Sardes. Dans YAvesta, qui condamne avec tant de sévérité les adorateurs des Daêvas ou démons et, d'une manière générale, quiconque s'expose, en n'observant pas les règles établies par Zoroastre, à souiller les éléments sacrés, le feu, la terre et l'eau, il n'y a pas trace du sentiment que l'historien grec, et, d'une manière encore plus formelle, l'orateur latin, prêtent aux Perses; nulle part l'anathème n'est prononcé ni contre les temples fermés, ni contre les images de la divinité.
Les renseignements recueillis par Hérodote contiennent certainement une grande part de vérité. L'historien grec a bien vu que le dieu
\, Hérodote, I, (31.
2. Cicéron, De re publka, III, ix, 14; De le§lbiis, II, x, 26.