Hkrodotb, VI
suprême des Perses n'était pas autre chose, à Torigine, que la voûte céleste*; il a compris que cette religion, avant de s'altérer au contact des cultes étrangers, était un pur naturalisme, où tous les hommages des fidèles s'adressaient aux astres et aux éléments; « les Perses, dit-il, offrent des sacrifices au soleil, à la lune, à la terre, au feu, à l'eau et aux vents, et n'en offraient primitivement qu'à ces seules divinités* ». 11 a même eu le soupçon du caractère tout particulier de sainteté que les croyances mazdéennes attribuaient au feu, puisqu'il a constaté qu'elles répugnaient à mettre en contact avec la pureté de la flamme soit la dépouille d'un mort^ soit même les chairs de la victime présentée aux dieux*; il a bien saisi le rôle du mage, qui seul avait qualité pour accomplir le sacrifice \ Cependant certains des détails qu'il donne sont évidemment empreints d'exagération ; ainsi Hérodote assure, à deux reprises, que les Perses ne dressent point d'autel^; or nous avons déjà vu, sur la façade des tombes rupestres, le roi en prière devant un autel sur lequel brûle le feu céleste (pi. I, fig. 386, 392), et cet autel, avec ses emmarchements, la forme pyramidale de sa partie moyenne et les trois listels de la table qui le termine, se distingue de tous ceux que nous avons rencontrés en Egypte, en Assyrie et en Phénicie (cul-de-lampe à la fin du chapitre). Il en est de même pour les temples. Strabon commence par répéter, presque mot pour mot, l'assertion d'Hérodote* ; mais ensuile il décrit les cérémonies auxquelles il a assisté en Cappadoce, où le culte médo-perse était fort répandu de son temps, et il ne manque pas de remarquer qu'il y a une différence entre ce qu'il a vu lui-même et ce que racontent les historiens**. « On rencontre dans ce pays, dit-il, ce que l'on appelle les Pyrœthées, dont quelques-uns sont des sanctuaires véritablement imposants, avec un autel au milieu, sur lequel, parmi des monceaux de cendres, brûle le feu éternel entretenu par les mages ^ » Strabon, il est vrai, est postérieur de quatre ou cinq siècles aux beaux temps de la monarchie des Achéménides ; mais l'inscription de Béhistoun témoigne que déjà, du temps de Darius, il existait quelque chose d'analogue à ces lieux de culte où le