Strabon, XV, m
H. Ta-jTa {X£v Tj^xit; £a>;^flcy.a;xcv, £/.£tva 5' Iv laî; bio^oix:; XâVaiai xa\ ta è^£;^î. 9. Strabon, XV, m, io.
géographe grec a vu les mages chanter leurs litanies. « Darius le roi déclare : La royauté qui avait été enlevée à notre famille, je la restaurai, je la remis en place; je rétablis Tordre ancien. Les temples que Gaumâtale Mage avait détruits, je les rendis au peuple, et je rendis aussi les marchés, les fermes et les maisons aux clans que Gaumâta en avait dépouillés. Je rétablis sur le pied ancien le peuple, la Perse, la Médie et les autres provinces*. »
En dépit de Taffirmation trop absolue d'Hérodote, Thistorien est donc fondé à chercher la trace de ces sanctuaires que Darius se vante d'avoir restitués; mais il ne semble pas que Ton puisse s'attendre à trouver ici une architecture religieuse qui ait pris un grand développement. D'après le bas-relief qui couronne les tombes royales, c'était en plein air que brûlait ce feu devant lequel le roi se tient dans l'attitude d'un pieux recueillement; s'il y avait eu un plafond au-dessus de ce foyer, comment la fumée n'aurait-elle pas gêné les officiants? Enfin, c'est du ciel, c'est du soleil qu'est descendue cette flamme que l'on adore, comme la condition de toute vie; ne fallait-il pas qu'elle y remontât librement, qu'aucun obstacle ne vînt s'interposer entre elle et cet inépuisable réservoir de chaleur et de lumière d'où elle découlait et où elle aspirait à rentrer?
On ne cherchera donc pas en Perse des édifices semblables à ces temples de l'Egypte et de la Chaldée, de la Phénicie et de la Grèce, qui sont censés servir de demeures à des dieux auxquels on prête les traits de l'animal ou ceux de l'homme. Ce que l'on peut espérer retrouver, c'est les restes de ces sanctuaires où, au centre d'une enceinte qui limitait l'espace consacré, la flamme radieuse et pure, symbole d'Ahura Mazda, brillait sur les autels; c'est ces autels eux-mêmes qui, en raison du rôle capital qu'ils jouaient dans le culte, ont dû devenir de véritables monuments, assez hauts pour permettre à la foule d'assister de loin aux cérémonies du culte.
Peut-être convient-il de reconnaître un des plus anciens monuments de la piété des Ariens de l'Iran dans un ouvrage que Gobineau est seul à mentionner, mais ne décrit que d'une manière assez vague. Cet ouvrage se trouve en Médie, près de la ville de Démavend, située au pied du pic
I. Darmesteter, Études iraniennes, t. II, pp. 4 29- i 30. Ce passage appartient au § 14 de la colonne I de Tinscriplion. Voir les remarques de Spiegel {Keilinschnften, p. 89) sur le mot ayadand, que Ton traduit par temple. Il provient d'une racine yaz, qui signifie adorer. La vraie traduction, ce serait Upov, un lieu sacré, un lieu de culte. Ce qui d'ailleurs lève tous les doutes, c'est le terme qui correspond à ayadanâ dans le texte assyrien : biti sa iluif « les maisons des dieux ».