‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 304 sur 412 · Les palais n° 2 et n" 8 du plan · texte numérisé non relu

Les palais n° 2 et n" 8 du plan

ruiné sous Arlaxerce Longue-Main; ce fut seulement le petit-fils de celui-ci, Artaxerxès Mnémon, qui rétablit Tédifice, en remployant dans la construction nouvelle une partie des anciens matériaux et en y inscrivant son nom. Ces habitudes, qui supposent un énorme gaspillage de forces et d'argent, sont demeurées celles de TOrient tout entier et particulièrement de la Perse moderne. Ispahan, abandonné comme capitale depuis Tavènement de la dynastie des Kadjars, tombe en ruines. Les beaux palais qui, bâtis par les princes Sofis, bordaient la longue avenue de platanes, servent d'ateliers ou s'en vont par morceaux. Le chah habite maintenant Téhéran ou plutôt les palais qui entourent la ville ; il ne passe jamais plus d'un mois de suite dans la même résidence et il se fait souvent construire de nouvelles habitations, quand il est las des anciennes ou que quelque site pittoresque a charmé sa fantaisie. Les architectes et les décorateurs ne chôment pas; cette fièvre de construction leur apprend mieux leur métier et les force à s'ingénier davantage que ne le feraient de simples travaux d'entretien.

Si l'on part de cette idée que, ni le climat, ni la race, ni le régime politique n'ayant sensiblement changé, Farchilecture royale, en Perse, doit avoir conservé de tout temps et conserve encore bien des traits de la première forme qu'elle a prise, quand l'art s'y est mis au service de la royauté, on constate tout d'abord qu'il n'y a pas en Perse de maison riche et soignée, et surtout pas de palais princier devant lequel on ne voie un bassin où de beaux ombrages se réfléchissent et trempent le bout de leurs branches. Tout à l'entour, des jardins et des gazons que des eaux courantes gardent toujours verts. 11 en était certainement de même dans l'antiquité. A Firoiiz-A6ad,VeVin remplit encore l'étang où se mirait la façade du bâtiment voisin. Rien de plus aride aujourd'hui que l'esplanade qui portait les édifices de Persépolis ; mais le lacis des canaux qui sillonnent le sol de la terrasse prouve qu'il avait été jadis pourvu, dans une large mesure, à l'arrosement du plateau ; on a cru y reconnaître aussi le contour et le creux de plusieurs bassins. C'est que sans eau, sans beaucoup d'eau, on n'aurait pu avoir d'arbres, et que les Perses avaient le goût ou plutôt la passion des graads arbres. On sait l'histoire de Xerxès, qui, en Lydie, s'éprend d'un platane, le pare de colliers et de bracelets d'or, comme une maîtresse adorée, et y met un factionnaire *. Ce n'est pas là une anecdote controuvée; qui se serait avisé d'inventer une action aussi singulière? Elle a frappé, par sa

i. HÉRODOTE, Vil, 31.

Page 1