I. Hktoirr ih> l'Art, I. V, pp. 471)-i
de la terrasse, il y a quatre inscriptions gravées en son nom. Deux sont en langue perse; une est en langue susienne, et une dernière en langue assyrienne. Dans les deux textes perses, Darius invoque Ahuramazda, énumère les peuples qui payent tribut à Tempire, et place Tédifice de sa puissance sous la protection de Tarmée perse*. Darius a-t-il achevé la construction de cette vaste muraille? On Tignore; tout au moins en a-t-il conçu le plan et poussé Texécution assez loin pour que Ton soit fondé à lui attribuer tout Thonneur de cette entreprise.
De la plaine, on pouvait accéder à la terrasse par une route de chars qui contournait la face méridionale du soubassement; elle allait rejoindre la montagne qui s'élevait sur ses premières pentes, pour aborder le plateau vers son angle oriental et conduire, d'autre part, jusqu'aux deux tombes situées en arrière de Fesplanade (fig. 423) ; mais ce chemin, qui exigeait un long détour, ne devait guère servir qu'aux charrois; c'était ce que nous appellerions l'entrée des fournisseurs. Sur le tracé de cette voie et dans toute la partie de la plate-forme où elle aboutissait, il n'y a pas la moindre trace de constructions qui indiquent que jamais la pompe des cortèges royaux ait dû se dérouler dans cette direction. La véritable entrée de l'enceinte, l'entrée monumentale, celle que suivait le prince à son arrivée ou à son départ, et que l'on faisait prendre aux visiteurs qui venaient lui apporter leurs hommages et leurs présents, c'était le magnifique escalier par lequel, aujourd'hui encore, on monte jusqu'au terre-plein (pi. X).
« Logé, non loin de l'angle nord-ouest, dans un rentrant de la muraille, cet escalier devait être précédé d'un perron de quelques marches, en saillie sur le nu de la façade. 11 comprend, dans son état actuel, deux volées divergentes parallèles au mur du takht^ deux paliers d'entresol symétriques, enfin deux rampes convergentes, séparées des premières volées par un mur de soutènement. Dans sa hauteur totale, l'escalier se composait de cent onze marches. Les degrés en sont si doux, disent sans exagération d'anciens auteurs arabes, qu'il est aisé de les monter et de les descendre à cheval, et si larges que dix hommes placés de front peuvent les gravir en même temps. L'escalier,
\, Spikgkl, D\e altprrsLschen Keilimchriften, pp. 47-oi (H et I) et p. 79. Menant (L/v AchéménidcSy pp. 80-81) reproduit les traductions qui ont été données des textes susien et assyrien; le premier contiendrait une mention formelle des palais bâtis sur cettr place, mention qui ne se trouve pas dans les deux inscriptions perses; mais Tinterprétation des textes su siens prête encore à bien des doutes. L'ensemble de ces inscriptions forme une bande lonj^ue de 7™, 70, vers le baut du mur (Flandin et Coste, Pei\<*: ancienne, pi. LXXI et LXXIl).
comme toutes les parties moyennes et inférieures du soubassement, est d'ailleurs en excellent état de conservation (fig. 425) *. »
Les degrés, en plusieurs endroits, sont posés sur la roche vive^; celle-ci affleure de même sur plusieurs points du plateau, où elle porte, sans intermédiaire, les substructions des palais et de leurs colonnades, tandis qu'ailleurs on marche sur un dallage formé de blocs soigneuse- •ment appareillés. La terrasse a donc pour noyau et pour support une sorte de promontoire du mont, que la main de Thomme a taillé pour l'approprier à la destination que lui assignait la volonté du souverain ^ Le long du mur septentrional le nivellement n'a pas été terminé; comme on n'a pas eu à bâtir de ce côté, on y a laissé subsister les saillies naturelles du roc. Le périmètre de ce massif n'était pas moins irrégulier que sa surface; peut-être, si le constructeur a multiplié les angles sortants et rentrants, l'a-t-il fait pour mieux suivre les accidents de ce contour et réduire ainsi le travail au strict nécessaire. Il aurait fallu prendre bien plus de peine si l'on s'était interdit de briser cette ligne, si l'on avait entrepris de la tenir parfaitement droite sur les trois côtés du polygone. Même ainsi limité, l'effort a encore été considérable. Jetez les yeux sur les autres éperons que la montagne projette dans la plaine *; la pente en est partout sillonnée de crevasses, de brèches plus ou moins larges. Il a fallu abaisser ici une crête, là combler un ravin, retrancher d'un côté ce que l'on ajoutait de lautre, travail qui ne pourrait être apprécié à sa juste valeur que si l'on avait l'occasion d'exécuter ici des sondages tels que ceux qui ont permis, à Jérusalem, de dessiner la carte souterraine du roc sur lequel ont été bâtis les édifices du Haram-ech'Cherif'\ En attendant, ce que l'on a constaté ici, c'est qu'il existe, derrière le mur de soutènement, un second mur en pierres sèches, contre lequel viennent s'appuyer des remblais de pierrailles et de terre, remblais dont la profondeur doit varier suivant les lieux*. Peut-être les inégalités que présente le terrain, dans son état primitif, ont-elles contribué à suggérer l'idée de planter les bâtiments à des niveaux différents; il y aurait eu bien plus de matériaux à enlever si l'on avait prétendu obtenir
1. DiEULAKOY, tXrt mxilquti lie la Pr/'sc, I, p. 17. Coste [Texte, p. 11) donne 106 niarchos, o8 pour les rampes inférieures, 48 pour les supérieures. Leur largeur est de 7 mètres. Le palier du milieu a 14", 60 en tous sens. La hauteur des degrés est de 0",iO.