Flandin et Coste, Perse ancienne, pi
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pierre s'encadrait dans un mur de brique; tel qu'il l'a rétabli, le monument a quelque chose d'un peu grêle, d'un peu étriqué, qui en diminue l'effet. Le socle sur lequel sont posés les taureaux n'est pas un détail inventé, quoiqu'on l'entrevoie à peine dans notre vue de l'état actuel (planche II); celle-ci représente la façade nord-est, où il est enterré* ; mais il est complètement dégagé sur la façade opposée, où l'on a pu en relever les dimensions*. Quant aux portes, elles ont perdu leur linteau et leur corniche; mais ces parties détruites se laissent aisément restituer d'après nombre de portes qui sont encore debout sur le plateau ou qui ont été ciselées dans la roche vive (fig. 294, 295, 302, 337, 338, 385). Nous avons dit de quels indices nous nous prévalions pour étendre sur les massifs de brique crue un revêtement de briques cuites auquel la variété des tons obtenus par la diversité des terres et par les différences de cuisson donnait l'aspect d'une sorte de mosaïque^ Nous empruntons à l'entablement des tombes rupestres la frise de lions émaillés que nous faisons régner au-dessous de la corniche; quant au créneau, il est, dans cette architecture, le couronnement naturel et prévu de tous les combles*. Enfin, au-dessus de ces vides de près de 7 mètres^ qui séparent les colonnes les unes des autres et du mur de l'aile, nous ne pouvions mettre qu'une couverture de bois ; les entailles qui subsistent au sommet des piliers de pierre nous ont révélé la composition de ces charpentes *.
C'est Xerxès qui a signé ce bel ouvrage ; dans notre perspective restaurée, on aperçoit, sur celles des faces internes du couloir qui y sont visibles, la place des inscriptions trilingues où le fils de Darius se vante d'avoir construit ce portique « qui montre tous les pays », c'està-dire, probablement, « d'où l'on découvre une si vaste étendue de pays »'. Pour qui se plaçait au centre de la colonnade, dans l'axe de
4. Cette planche est une reproduction de la belle héliofçravure donnée par M. Diculafoy {l'Art antique de la Perse, II, pi. 12).
2. Flandin et Costb, Per.se ancienne, pi. 77, 78, 79. Texte, pp. 78-81. Ce socle a 4™,70 de haut, 1",50 de saillie sur les façades, et, dans son prolongement sur la face interne, 0^,^6 de large. Pour avoir Toccasion de montrer la plus belle des formes décoratives qu'ait employées la sculpture perse, M. Chipiez s'est permis, dans sa restauration, une légère infldélité. Il a transporté sur la façade nord-ouest, que représente son dessin, c(?s taureaux ailés à face humaine qui ne paraissent avoir existé que sur la façade nord-est.