Hùstoire de VArt, t. V, pp
7. Spiegel, Die altpersiscken Kellinschriften, pp. 59 et 123. A propos du mot visada-
en LA PERSB.
Tédifice, c'était seulement vers le nord-est que le regard était arrêté par la barrière de la montagne toute voisine ; des trois autres côtés, il errait librement jusqu'aux limites reculées des horizons lointains; mais, parmi les aspects qui le sollicitaient, s'il en était un, entre tous, qui devait Tétonner et le ravir, c'était celui qui s'offrait à lui quand il se tournait vers le sud-est, vers la partie de Tesplanade où étaient groupés les principaux bâtiments. Il semble que l'architecte eût tout calculé en vue de cet effet. Les propylées ne font pas face à l'escalier; on ne les aperçoit, quand on arrive en haut de l'une des deux rampes, que de côté; si l'on marche droit vers ce bâtiment, on n'y entre que par une des deux portes latérales. Ces portes facilitaient la circulation; elles servaient de dégagement; mais ce n'était pas par là que passaient soit les cortèges royaux, lorsque de la plaine ils montaient au plateau, soit les sujets qui venaient porter leurs présents au souverain et les ambassadeurs des nations étrangères qu'il admettait en sa présence. 11 est probable que le chemin, à partir du palier supérieur, s'infléchissait vers la gauche, pour aller, au prix de ce détour, déboucher sous le portique même; alors, d'un seul coup d'œil, on voyait se lever devant soi toute une forêt de colonnes, la grande salle hypostyle de Xerxès et les autres palais qui, placés à différents niveaux, s'étageaient sur les flancs et en arrière de ce superbe édifice. Lorsqu'il contemplait ce spectacle sans pareil, le' prince sentait son cœur se gonfler d'orgueil: quant au visiteur qui mettait pour la première fois le pied sur ce plateau, quelle vive et forte impression il devait recevoir dès l'abord, et comme se gravait aussitôt dans son esprit l'idée de la puissance et de la majesté des rois dont le caprice avait créé de si rares merveilles !
Au delà du portique des Propylées, en marchant vers le sud-esl, on traverse une plate-forme où, sur une longueur de 54 mètres, on ne rencontre d'autre trace des anciennes dispositions qu'un bassin rectan-
hyum, qu'il traduit « aile Lœnder zeigeîid », Spiegel se demande s'il n'y aurait pas, dan^ cette épithète, une allusion à des bas-reliefs qui auraient décoré le portique et i\n\ auraient représenté les différents peuples de Tempire. La place manque ici, ce sembla*, pour des figurations de ce genre, que nous trouverons le long des escaliers des palais, où les champs offerts à la sculpture étaient bien plus étendus. On retrouve d'ail I»*ur^ ici les fragments des chapiteaux qui terminaient les fûts; comment la suite Je ce> ba*reliefs aurait-elle disparu tout entière, sans qu'il en subsistât le moindre débris"?
gulaire, évidé dans le roc (fig. 423)*. La partie supérieure du rebord se trouve à plus d'un mètre au-dessus du sol actuel ; il y avait là autrefois des remblais où le bassin était enterré, ne montrant que sa corniche, faite d'un filet, d'un cavet et d'une baguette. Peut-être y avait-il, en pendant, une seconde vasque de l'autre côté du chemin des palais ; mais, dans celte partie de l'esplanade, le banc de calcaire n'affleurant pas, le réservoir, au lieu d'être taillé dans la roche vive, aurait été fait de pierre ou de brique, et, par suite, aurait disparu avec les terres rapportées où il était engagé. Celles-ci devaient nourrir des arbres que les bassins permettaient d'arroser pendant les sécheresses de l'été.
Ce qui achève de rendre vraisemblable l'hypothèse d'un jardin qui se serait étendu entre les propylées et le palais le plus proche, c'est une particularité que révèle le plan d'ensemble (fig. 423). Si la façade de ce palais est parallèle à celle des propylées, l'axe transversal de ceuxci ne passe pas exactement par le milieu de la salle hypostyle ; prolongé jusqu'à cette salle, il en laisserait à gauche, vers le nord-est, l'entrecolonnement central. On admettra difficilement que ce soit là une disposition cherchée et voulue. 11 est vraisemblable que l'on a commencé par bâtir les propylées et qu'ensuite, lorsqu'il s'est agi de construire le palais, on a eu à compter avec l'assiette du terrain ou avec quelque autre condition locale, ce qui aura conduit à tracer le plan de la grande colonnade sans se préoccuper d'établir entre elle et le portique d'entrée une symétrie rigoureuse. Interposé entre les deux édifices, un écran de feuillage, en cachant le pied des deux colonnades opposées, atténuait dans une certaine mesure l'eifet de cette irrégularité.
Quand on a dépassé le bassin, on se trouve bientôt au pied d'une terrasse à laquelle donnent accès quatre escaliers à rampes inverses (fig. 428). Deux d'entre eux, placés au centre, forment un perron de 27", 20, sur une largeur de 5", 10. A droite et à gauche de ce perron, le mur de soutènement a une longueur égale de 17 mètres. Aux deux extrémités de cette façade se présentent les deux autres escaliers, dont les rampes sont dirigées dans le même sens que celles du perron central ; elles constituent ainsi comme un second perron plus étendu et plus rapproché de la colonnade. A droite et à gauche de ces derniers escaliers, le soubassement de celte terrasse se prolonge sur une longueur de 15 mètres vers l'est, et de 16 mètres vers l'ouest. De ce côté, il dessine ensuite, à angle droit, un ressaut qui va reprendre
!. Le bassin a 5™, 70 de lonp sur 4",80 de lar^e et 0°»,90 de profondeur.
lalignement de la muraille à laquelle est adossé le perron du centre, puis il se confond avec le grand mur extérieur du plateau, mur qui fait en cet endroit une saillie d'environ 10 mètres (fig. 423). Dans tout l'espace compris entre les deux marches inférieures des deux rampes extrêmes, une suite de bas-reliefs couvre, sur une longueur de 83 mètres, tout le champ du socle de la terrasse qui porte le palais; elle ne s'in-
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