‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 319 sur 412 · Q Q ES · texte numérisé non relu

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428. — La salle bypostyle de Xerxès (palais n» 2 du plan général). Pian. Flandin et Coste,

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terrompt que pour laisser place à trois tableaux destinés à recevoir des inscriptions ; ils ont été réservés Tun au milieu et les deux autres sur les côtés de cette façade (pi IV); dans Tun d'eux, celui de droite, le seul où le texte ait été gravé, on lit le nom de Xerxès, avec l'invocation ordinaire à Ahura-Mazda*. Des sculptures encadrées dans de riches

1. Spiegel, Die altpej^sischen Keilinschriften, p. 63. Le seul de ces cadres qui ait él^ rempli contient un loxto en langue perso; les textes assyrien et susien font ici défaut.

motifs d'ornemenl déeorent aussi les parois des escaliers, la paroi qui s'appuie à Tesplanade et celle qui forme parapet sur le vide (tîg. 341 , 345, 349). Là une image de soldat correspond à chaque marche; ces figures suivent le mouvement de la rampe et semblent ainsi monter les degrés, comme pour aller prendre leur faction aux portes du palais (fig. 341). Sur la face du perron central, deux groupes de gardes du corps, dont chacun comprend quatre personnages, marchent l'un vers Tautre, ou plutôt paraissent veiller sur l'écusson, resté vide on ne sait pourquoi, où le prince devait mettre sa signature et proclamer sa foi. Le champ est divisé là en deux registres; il Test en trois des deux côtés de cet escalier, et Ton y voit défiler à gauche les gens du roi, serviteurs qui conduisent ses chars et ses chevaux, courtisans, doryphores, et à droite des personnages d'un aspect plus varié, qui paraissent représenter, vêtus de leur costume national, les difTérents peuples de l'empire, apportant ou amenant au souverain, en signe d'hommage, les fruits, les denrées de prix, les animaux que produit leur pays. Du registre supérieur, il ne reste, en général, qu'une assise tronquée, où l'on ne voit guère que les pieds des figures, ce qui suffit pour reconnaître que les scènes ainsi figurées sous la corniche ne différaient pas de celles qui remplissaient les autres bandes. Partout ailleurs que vers le sommet du soubassement, les sculptures sont bien conservées. Le thème qui, par sa plus grande proportion et par son très fort relief, attire le plus l'attention, c'est celui qui remplit les triangles compris, devant tous les escaliers, entre la ligne oblique que dessine l'inclinaison des degrés, la ligne horizontale du sol, et la perpendiculaire abaissée sur celui-ci, depuis la plus haute marche : partout le statuaire a représenté dans ce cadre le combat du lion et du taureau, ou plutôt la victoire du lion. Dans ce groupe, le taureau a environ deux mètres de haut, tandis que dans les registres du champ principal les figures sont bien plus petites que nature : elles n'atteignent pas un mètre. Le mur sur lequel a été appliqué cet ample décor a partout perdu son parapet; mais on a pu calculer que, lorsqu'il était complet, l'élévation en était d'à peil près 3'",50; de nombreux fragments qui gisent à terre, là même où ils sont tombés, permettent de restituer ce couronnement (pi. IV).

Lorsque, après avoir gravi l'une des rampes, on accède à la terrasse qu'elles desservaient, on se trouve en présence d'un groupe imposant de treize colonnes, plus hautes que celles des propylées (fig. 429). Il n'est qu'une voix, parmi les voyageurs auxquels il a été donné de visiter ces ruines, pour attester l'effet que produisent, debout sur le plateau

TOSIE V. 88

désert, ces fûts à la fois élancés et puissants, par lesquels s'annonce, de très loin, le site où fut Persépolis. Lorsque l'œil, après avoir mesuré, non sans surprise, l'élévation de ces grands troncs de pierre, redescend vers le sol, il y aperçoit nombre de bases ou d'assises qui en marquent la place ; il cherche alors à se rendre compte de la disposition du monument, et bientôt il constate qu'il y avait au milieu de la terrasse un groupe de trente-six colonnes plantées en quinconce, puis, devant celuici et sur les côtés, trois autres séries dont chacune ne compte que douze colonnes. Si ces différentes colonnades sont en relation les unes avec les autres, chacune d'elles a pourtant son indépendance. Entre les portiques latéraux et le système principal il y a une distance de 22 mètres, et d'ailleurs chacune des parties de cet ensemble a sa physionomie propre et se distingue des autres par certains traits qui lui sont particuliers. Toutes les colonnes ont la même hauteur, 19",42, et le même écartement, qui est de 9 mètres, mesuré d'axe en axe; mais de l'un à l'autre de ces groupes le caractère du chapiteau varie. Dans le portique antérieur et dans le quinconce central, il appartient au type le plus complexe, à celui que définissent les consoles et les volutes (fig. 312), tandis que, dans les deux ailes de droite et de gauche, il s'en tient au motif le plus simple que l'art perse ait appliqué à ce membre d'architecture. Si ces portiques opposés se ressemblent par cet endroit, ils ne sont pourtant pas l'exacte copie l'un de l'autre. A l'est c'est la licorne (fig. 311), à l'ouest c'est le taureau qui s'emmanche avec le fût (fig. 430). D'autre part, si les colonnes du portique antérieur ont le même chapiteau que celles du quinconce, elles n'ont pas les mêmes bases. Comme celles des deux autres portiques, elles reposent sur des bases campaniformes (fig. 430, à gauche); au contraire c'est le type de l'ordre des tombeaux qui a partout été employé pour les colonnes de la salle intérieure (fig. 430, à droite; pi. V). La base y est faite d'une plinthe et d'un socle que surmonte le tore par lequel se terminent toutes les bases perses. La plinthe et le socle sont taillés dans une même assise, qui est elle-même portée sur une grande assise de 3", 50 de côté, laquelle, là où les bases ont disparu, indique la place qu'occupaient autrefois les colonnes. Cette assise de fondation était cachée autrefois sous les dalles de calcaire, épaisses de 8 centimètres; ce pavage est encore par endroits très bien conservé (fig. 429).

C'est à 13", 40 du bord de la plate-forme que commence le premier portique; il a 8°, 74 de large et 43", 70 de longueur, mesurés d'axe en axe, sur les colonnes des extrémités. Deux bases mutilées marquent.

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dans la diagonale de l'est à Touest, les angles opposés de ce portique. En arrière de celui-ci, à 7"',50 de distance, se voient quatre restes de

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i30. — Chapiteau et base des colonnes de l'ouest. Base des colonnes du pavillon central. Flandin et Coatc, Perse ancienne^ pi. XCIL

construction ou pans de murs, disposés de manière à former deux passages qui correspondent aux second et quatrième entre-colonnement du portique précédent; ces fondations ne dépassent point en hauteur

les bases des colonnes. Faut-il voir ici la trace d'un mur élevé entre la première colonnade et celle du centre, les massifs qui soutenaient les chambranles des portes ouvertes dans ce mur, ou bien convient-il d'y chercher les vestiges de socles destinés à recevoir des colosses analogues à ceux qui décorent les propylées? C'est une question que nous discuterons plus tard, quand nous aurons indiqué quelle idée nous nous faisons de l'économie du monument et de son caractère général.

Au delà de ces substructions, on aborde le groupe de colonnes le plus important. Trois fûts y sont encore debout; mais les bases ou les assises qui leur servaient de supports accusent avec toute certitude la disposition de cette salle carrée. Celle-ci, où se dressaient trente-six colonnes, avait, en tous sens, 43", 50 de côté. A droite et à gauche de cette vaste salle, dans les mêmes conditions de plantation et de distance, se trouvent les deux portiques latéraux, qui ne diffèrent du portique antérieur que par la forme de leurs chapiteaux. Il reste quatre colonnes du portique oriental, et cinq de l'occidental.

Nous ne citerons que pour mémoire un petit monument dont les débris s'aperçoivent à 16 mètres de l'angle sud-ouest du portique de droite et sur le bord même de la plate-forme. Il paraît avoir été isolé; tout ce que l'on distingue, ce sont des assises de fondation qui devaient supporter des colonnes. Six de celles-ci, groupées deux à deux, étaient distantes entre elles de 2", 20; à 6°, 50 plus loin, on relève la trace de deux autres fûts qui laissaient entre eux et le premier groupe un espace libre au centre duquel on remarque une assise plus large que les autres. A-t-elle servi de socle à une statue ou à un autel? En l'absence de tout fragment d'architecture ou de sculpture qui fournisse une indication quelconque, il est impossible de deviner la destination de cet édifice secondaire, dont une partie seulement a trouvé place dans le cadre de notre plan (fig. 428).

Nous avons décrit, d'après le plus exact des témoins, tout ce qui subsiste des constructions grandioses de Xerxès, et nous avons relevé les dispositions qui sont encore écrites franchement sur le sol*; mais celles-ci, toutes claires et nettes qu'elles soient, ne suffisent pas ou du moins n'ont pas paru toujours suffire à trancher la question de savoir comment on doit se représenter l'édifice. Les colonnades étaient certainement couvertes ; le refouillement ménagé dans les chapiteaux, entre les croupes des taureaux, n'a pu servir qu'à porter les architraves de

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