‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 320 sur 412 · Flandin et CosTE, Perse anrienney Texte, p · texte numérisé non relu

Flandin et CosTE, Perse anrienney Texte, p

bois ; mais, en même temps que couvert, Tédifice était-il clos? Si Ton admet cette dernière hypothèse, Tétait-il sur toutes ses faces, ou seulement de certains côtés? Partout ailleurs que dans le domaine de l'architecture perse, il n'y aurait même pas lieu, ce semble, à poser la question. Du moment que, sur le terrain, on ne trouverait aucun vestige des murs, on n'hésiterait pas à en conclure que ces murs n'ont jamais existé; mais il n'en va pas tout à fait de même ici. Nous avons la preuve que, dans les constructions perses, des murailles épaisses ont disparu tout entières. Ces murailles étaient en brique ; or, avec le temps, la brique crue se résout en poussière, et la brique cuite est employée dans les constructions nouvelles. Lors donc qu'il s'agit de la Perse et de la restitution de ces édifices, on peut se croire quelquefois en droit de supposer un mur en tel endroit où il n'en subsiste pas le moindre vestige; mais est-ce ici le cas de prendre cette liberté? Nous ne le pensons pas, et voici nos raisons.

A Persépolis, dans tout ce qui reste des constructions royales groupées sur l'esplanade, si l'on ne retrouve plus rien du corps des gros murs qui limitaient les salles, tout au moins le tracé de ces clôtures est-il indiqué, avec précision, par les antes de pierre qui les terminent en façade et par la série de ces chambranles lapidaires qui encadraient toutes les baies de l'édifice; entre ces chambranles, presque partout, on suit sur la plate-forme la ligne de l'assise, en blocs de calcaire appareillés, sur laquelle portaient à la fois ces édicules et le massif d'argile qui les reliait les uns aux autres (fig. 294 et 302) ^ Si les ruines de Persépolis ont une physionomie tout à part et vraiment singulière, elles la doivent surtout à ce mélange d'éléments dont les uns se sont maintenus partout presque intacts, tandis que les autres ne sont plus représentés que par de larges vides. Ce procédé de construction était familier à l'architecte perse, dès le temps de Cyrus; il a été appliqué à tous les monuments de Persépolis, aussi bien aux propylées qu'aux palais d'habitation et aux salles du trône. Il n'est qu'un seul édifice qui fasse exception à cette règle : c'est la salle hypostyle de Xerxès. Le sol y est partout nu et lisse entre la colonnade centrale et les portiques latéraux. Les seules dispositions desquelles il ait gardé trace, dans ces intervalles, ce sont les quatre massifs qui, groupés deux à deux, se voient entre le portique antérieur et la face du quinconce qui regarde Tescalier (fig. 428); mais ce ne sont que des substructions qui, par leur caractère indéter-

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