‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 326 sur 412 · S 6. — LA SALLE AUX CENT COLONNES · texte numérisé non relu

S 6. — LA SALLE AUX CENT COLONNES

Si nous ne tenions compte que de la proximité, après la grande Salle hypostyle, nous visiterions le palais qui y est contigu, celui où Darius a gravé son nom (fig. 290, n° 3); mais c'est d'après leur destination que nous avons classé les édifices du plateau, et le monument qui ressemble le plus à celui que nous venons de décrire, c'est celui dont les ruines occupent, au centre de l'e'splanade, un espace de 6484 mètres carrés. Le plan en est beaucoup plus simple et se laisse aisément rétablir, quoiqu'il n'y ait plus ici aucune colonne debout. La surface bâtie dessine sur le terrain un parallélogramme qui a 75", 82 de l'est à l'ouest, et 91"™, 16 du sud au nord*. C'est au nord qu'était la façade principale, car, de ce côté, on rencontre, en avant du corps de l'édifice, deux piliers de pierre, que flanquent des taureaux gigantesques, semblables à ceux des Propylées, et, dans l'intervalle qui les sépare, on a dégagé des bases campaniformes. Ces piliers, que débordent les colosses qui s'y appuient, étaient donc des antes; celles-ci formaient la tête des deux murs latéraux d'un portique qui avait 56 mètres de long sur 16 mètres de profondeur; il comptait seize colonnes sur deux rangs, comme on le constate d'après l'écarlement des bases (fîg. 439). Deux larges portes s'ouvrent au fond de ce porche. Dès que l'on a franchi l'une d'elles et fait quelques pas en avant, on aperçoit, disposés sur quatre lignes d'égale longueur qui se coupent à angle droit, quarante-quatre de ces chambranles lapidaires, portes, fenêtres et niches, que nous avons signalés comme l'un des traits caractéristiques delà construction perse (fig. 337). Pour reconstituer toute l'enceinte, il suffit de rétablir, par la pensée, le mur de brique, épais de 3™, 25, qui reliait les uns aux autres tous ces édicules; puis si, dans l'intérieur de l'aire ainsi circonscrite, on examine l'ancien sol, on reconnaît qu'il n'y a nulle part aucune trace de murs de refend. Les seuls restes antiques que l'on trouve à relever, ce sont des bases semblables à celles du portique, ou, quand elles ont disparu, leurs fondations; les entre-colonnements ont sensiblement la même dimension que dans le portique antérieur, 6"',20 mesurés d'axe en axe*.

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