‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 327 sur 412 · LA SALLE AUX CENT COLONNES · texte numérisé non relu

LA SALLE AUX CENT COLONNES

Avant même que les fouilles récentes eussent beaucoup augmenté le nombre des supports dont le pied avait laissé son empreinte sur le dallage, on avait donc constaté qu'il y avait là cent colonnes, rangées

ooooOooooo

ir

439. — La Salle aus cent colonnes. Plan. B'iandin et Coste, Perse ancienne, pî. CXLIX.

par files de dix, qui soutenaient le plafond d'une vaste salle carrée*. C'est la disposition du pavillon central, dans le grand palais de Xerxès,

i. Il semble que la salle ne forme pas un carré parfait. Entre les deux côtés, Texier (t. II, pp. 178-170) signale une difîéronco de \ mètre, différence qui ne serait, d'après les levés de Coste, que de 0",io,

72i LA PERSE.

à cette différence près, que la pièce était ici close de murs sur toutes ses faces.

Il est facile, dans ces conditions, de restaurer l'édifice : entre ceux qui ont tenté ou qui tenteront cette entreprise, les divergences ne seront sensibles qu'à propos de détails secondaires ; les grands partis sont imposés par l'état même de la ruine. La restitution que nous présentons, dans nos planches VII et VIII, a sur celle de Coste cet avantage qu'elle pourvoit mieux à l'éclairage de la pièce et qu'elle en met la décoration plus en rapport avec les proportions colossales du monument*. Pourquoi l'architecte aurait-il déployé ici moins de magnificence que dans l'autre salle du trône et dans ce palais de Susc où toutes les surfaces étaient si somptueusement ornées d'émaux multicolores?

Il n'y a, autour de l'édifice, aucun vestige ni de portiques isolés ni de chambres d'habitation. Point d'autres dépendances que ce portique qui forme en avant une sorte de pronaos. Sa largeur est moindre que celle de la salle à laquelle il est adossé. Nous en avons décoré le mur de fond, en y ménageant de grands panneaux dont chacun a son encadrement et où des briques de diverses couleurs imitent les dessins et l'aspect des tapis, disposition que nous avons reproduite sur la paroi extérieure du mur qui enveloppe la salle hypostyle*. A l'angle de chacune des faces de ce mur, nous avons placé une ante qui donne à la construction, avec plus de solidité réelle, un aspect plus ferme, et nous avons orné de cannelures cette espèce de pilastre, ornement qui répond ici à ces rainures dont l'architecte assyrien se servait pour rompre la monotonie des larges champs de ses murailles d'argile\ Sur les trois faces où il n'y a pas de colonnade, des têtes de taureau, posées, comme à Chapour (fig. 370 et 371), sous l'entablement, font saillie sur le mur et forment une sorte de frise, qui rappelle le motif des chapiteaux. Enfin, au-dessus de chaque ante, §ur un socle, nous avons dressé un griffon ; que l'on se rappelle le taureau de Persépolis (fig. 432) et le lion d'Ecbatane : ces fragments permettent de supposer que l'architecte a fait usage de figures décoratives qui, comme les antéfixes des temples grecs, se découpaient en silhouette sur le bleu du ciel.

Chacun des murs latéraux du portique est percé d'une porte de

\, Flandln et Coste, Perse ancienne, pi. 159.

2. On voit deux faces de ce mur, au second plan, sur la droite, dans la vue perspective où est présentée la restauration du palais de Darius (pi. IX).

Page 1