CosTB, Texte manuscrit
3. Dans la vue de? ruines que donne Coste (Perse ancienne, pi. 148), il y a deux fragments de ce membre que nous avons compan'î à la lôte du palmier, membre que Ton aperçoit aussi, au premier plan, dans deux des photographies prises par Stolze (pi. .*)3 et 68). Une autre de ces vues photographiques donne un morceau des consoles à volutes (pi. 67). Coste {Perse ancienne, Texte, p. 121) avait déjà témoigné de l'existence des volutesl
4. La salle hypostyle de Karnak a une superficie de .3 T02 mètres carrés et 134 colonnes. Ici, la surface de la saJii* est de 422.Ï mètres.
deur, on serait tenté de dire son immensité, si ce terme pouvait convenir à une œuvre faite de main d'homme.
Cette salle était certainement, comme celle où Xerxès a mis sa signature, une salle d'audience, une salle du trône ; le rapprochement et la comparaison s'imposent. De l'un à l'autre édifice, il y a des ressemblances qui frappent tout d'abord. Des deux parts, mêmes matériaux, employés à dresser un pavillon superbe au-dessus de la tête du roi ; ce sont les mêmes colonnes, qui constituent des ordonnances toutes pareilles. Cependant les différences sont aussi très sensibles. La Salle aux cent colonnes couvre une plus vaste étendue que le pavillon central de l'autre palais; mais ce dernier palais est plus grand, si on le considère dans son ensemble, avec les portiques qui le flanquent, et pourtant, quoiqu'il occupe une plus large surface, il compte moins de colonnes, soixante-douze au lieu de cent; en revanche, ces colonnes sont beaucoup plus hautes. Le palais de Xerxès est porté sur une terrasse qui l'exhausse et qui en relève encore la majesté; ici, rien de semblable; point de ces différences de niveau qui donnent lieu à l'addition de ces escaliers monumentaux dont le constructeur tire un si heureux parti ; le sol de l'édifice est dans le même plan que celui de la seconde plate-forme ; mais le bâtiment est isolé ; le vide qui l'entoure permet d'en mieux mesurer les dimensions colossales. Ici comme là-bas, le sculpteur a prêté son concours à Tarchilecle ; il l'a aidé à imprimer dans toutes les imaginations l'idée de la puissance et de la dignité surhumaine du souverain ; mais les bas-reliefs, qui ailleurs décorent les soubassements, sont ici reportés sur le corps même de l'édifice; ils ornent, dans les huit portes, les faces des ébrasements, et par suite, les champs qu'ils remplissent ayant une autre forme, ils prennent un autre caractère. Au lieu de s'étaler en longueur, ils se développent en hauteur et comportent un moindre nombre de personnages ; des images colossales font saillie sur la tête des murs. C'est là un des résultats de la divergence des deux partis auxquels se sont arrêtés les auteurs des deux œuvres voisines et rivales : l'un des édifices est une salle close ; l'autre est un kiosque ouvert. Lequel de ces bâtiments était le plus beau, le plus admiré, le plus cher aux rois fils d'Achéménès? Il est difficile de se prononcer; pour choisir, il aurait fallu voir les deux édifices encore intacts, l'un et l'autre parés de leur ample et riche décoration. Tout ce que l'on ose affirmer, c'est que la conception de l'architecte de Xerxès avait l'avantage d'être plus étrange et d'un effet plus original que celle de son émule.