TOME v
style. Les deux portions de l'édifice se distinguent aussi par le caractère de leur couronnement; au milieu c'est le créneau qui règne, tandis que sur les côtés la gorge égyptienne sert d'amortissement. La restitution de la charpente qu'a présentée M. Chipiez montre comment cette forme de couronnement pouvait être donnée par le bois (fig. 305 et 306); l'analogie du palais d'Ecbalane, où tous les bois étaient recouverts de feuilles de métal, conduit à supposer que ces créneaux étaient dorés*. Quant à la gorge, on a pu remarquer que l'architecte perse afTecte cette moulure aux portes et aux fenêtres, parties secondaires du bâtiment; elle ne paraîtra donc pas déplacée dans ces ailes, qui ont aussi ce même caractère d'accessoires et de compléments. On n'a point donné de cannelures aux colonnes du vestibule; c'était une manière d'indiquer que, dans certains de ces palais, le fût a pu rester lisse, comme il l'est dans les portiques feints des tombeaux de Nakch-i- Roustem. Malgré celte simplification, le centre de l'édifice, avec sa colonnade et ses baies ornées de sculptures, garde un aspect riche et varié, tandis que les murs pleins qui enveloppent les chambres n'ont d'autre ornement, sur leurs faces extérieures, que ces tracés géométriques dessinés par des briques de diverses couleurs, qui fournissaient le moyen de parer sans effort de larges champs unis*. Au-dessus de l'espèce de tapisserie que figurent ces bandes qui se croisent, on a ajouté ici une frise faite de carreaux vernissés dont le motif appartient au répertoire courant de l'art oriental ; ce sont deux griffons affrontés que sépare un arbre. Un peu plus haut, en dessous de l'entablement, on a ménagé de petites fenêtres à balustrade de pierre ; il fallait montrer comment l'architecte pouvait introduire un peu de jour dans ces intérieurs qui, autrement, n'auraient été éclairés que par la porte.
En avant du palais, nous avons supposé le sol tout sillonné de petits canaux d'irrigation qui, cachés sous des plantes dont ils baignent le pied, entretiennent ici une végétation toujours fraîche; on use encore de cet expédient, en Perse, pour obtenir l'équivalent de nos pelouses. Autour de ces pièces de gazon, il y a des allées et comme des trottoirs à fleur de sol dallés en pierres de couleur. Vers la droite, on aperçoit la moitié d'un bassin, au milieu duquel se dresse, sur un terre-plein, une cage métallique. Nous avons signalé le réservoir que l'on rencontre, à l'entrée de l'esplanade, entre les Propylées et la Salle hypostyle; d'autre part, on sait, par les bas-reliefs de l'Egypte et de l'Assyrie, que