Ibidem, t. V, p. o
les monarques assyriens se plaisaient à avoir autour d'eux, plus ou moins apprivoisés, des lions ou d'autres animaux sauvages, les uns lâchés dans leurs parcs, les autres enfermés derrière des barreaux.
Derrière cette pièce d'eau, on aperçoit, telle qu'elle existe encore à cette place, une des rampes du palais de Xerxès, puis, posé sur un socle, un de ces taureaux dont nous avons déjà signalé le rôle ; c'est justement parmi les décombres de cet édifice qu'a été retrouvé le seul exemplaire que nous possédions de ces figures isolées. Plus loin, au dernier plan, la Salle aux cent colonnes, vue d'angle, avec ses murs restitués, et, par derrière, une des tombes royales.
Entre ces édifices, nous avons planté quelques palmiers. Il n'est pas de forme végétale qui, par le port élancé de sa tige et l'élégance de son feuillage, se dispose mieux avec les bâtiments auprès desquels il est planté, en cache moins les contours et en fasse mieux valoir la hauteur. Le palmier n'est plus cultivé aujourd'hui dans la plaine de Mervdacht; mais la chaleur y est assez forte pour qu'il puisse prospérer, au moins comme plante d'ornement, pourvu qu'on l'arrose à discrétion pendant la saison sèche et que, par le choix de l'exposition, on le protège contre les vents froids de l'hiver. Nous avons dit quel goût les Perses avaient pour les arbres et quel plaisir ils prenaient aux tentatives et aux succès de lacclimalation*.
Le palais que nous venons de restaurer et de replacer ainsi dans son cadre a été construit par Darius. C'est ce &ont nous avertissent les inscriptions gravées en trois langues sur les chambranles des portes et des fenêtres du bâtiment * ; mais Darius n'a pas eu le temps de terminer son œuvre ; on le sait par le texte plus long et très explicite qui se lit dans les tablettes du soubassement et sur une des faces de ^ante^ Xerxès y dit avoir achevé ce que son père avait commencé. Enfin une dernière inscription, qui remplit deux tablettes ménagées dans la face du perron occidental, témoigne que la double rampe qui se développe de ce côté a été bâtie par Artaxerxès Ochus*. Cent cinquante ans après Darius, ce prince compléta ainsi l'ouvrage de son illustre aïeul. Peutêtre peut-on deviner ce qui l'y a décidé.
Le palais de Darius n'a qu'une médiocre étendue, une superficie de 1 200 mètres carrés. Avec son grand salon et avec les pièces, distribuées