‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 343 sur 412 · Flandin et Coste, Perse ancienne, pi. 6i. Texte, p · texte numérisé non relu

Flandin et Coste, Perse ancienne, pi. 6i. Texte, p

i48. — Istakhr. Le palais principal. Plan de Tensemble des ruines. Flandin et Coste, Perse ancienne, pi. LVIIT.

enveloppés par un mur dont les arasements dessinent un polygone irrégulîer et dont une face, longue de 75 mètres, est flanquée de saillies semi-circulaires qui , placées à intervalles réguliers , ont l'air d'être les fondations d'autant de tours (fig. 448). Que font ici ces contreforts? S'ils se retrouvaient sur les autres faces, on y verrait des travaux de défense; mais dans ce qui subsiste des dispositions intérieures, il n'y a rien qui fasse songer à une forteresse. Il se pourrait que cette enceinte n'appartint pas à la construction primitive ; les fondations en sont faites en pierre de blocage avec bon mortier de chaux, tandis que dans la partie septentrionale de l'enclos, on trouve des pans de mur en grosses assises appareillées à joints vifs. L'épaisseur de ces fragments est de 2°*, 35 et de 2", 70, tandis que celle de la muraille en maçonnerie ne dépasse point 1",70. Il y a donc lieu de croire que cette muraille n'est pas contemporaine des colonnes et des baies en grand appareil ; ajoutée plus tard, elle aurait enveloppé un édifice plus ancien, une salle hypostyle que précédait un portique, salle dont un des côtés serait représenté par les morceaux qui subsistent aujourd'hui (fig. 449). Les colonnes qui en soutenaient la toiture n'avaient que 7", 87 de haut et O'^jôO de diamètre (fig. 318). Comme particularité singulière, on remarquera ici l'écartement considérable des supports. 11 y a 4°", 72 entre la tête du mur et la première colonne ; entre elles, les colonnes du portique ont, d'axe en axe, 4"\55 dans un sens et 4"',85 dans l'autre. Autant que l'on peut en juger par ce que Ton saisit des traits qui caractérisent cette ordonnance, l'édifice serait antérieur aux palais de Persépolis*; il est fort possible en effet que la cité agricole et commerçante ait précédé la cité royale. Celle-ci est née d'un caprice princier; Istakhr dut au contraire de naître et de prospérer à sa situation même, très heureusement choisie, sur un des plus fréquentés parmi les chemins qui mènent des hauts plateaux de la Médie au golfe Persique. Dans le défilé qui sépare la basse et la moyenne vallée du Polvar, entre Istakhr et Pasargade, on a reconnu le tracé d'une roule antique taillée dans le roc, qui remonte certainement à une haute antiquité*.

Ce qu'il y a d'énigmatique dans l'aspect que présentent aujourd'hui ces ruines s'explique peut-être par un curieux passage d'un chroniqueur arabe, Makdisi, qui écrivait vers l'an 985 de notre ère : « La principale mosquée d'Istakhr, dit-il, est située à côté des bazars. Elle est bâtie à la manière des plus belles mosquées de la Syrie; elle a des colonnes

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