‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 350 sur 412 · Hérodote, I, 9S · texte numérisé non relu

Hérodote, I, 9S

TOMK V. îH

On n'a pas signalé, à Hamadan même ou dans la banlieue, de colline isolée qui réponde tout d'abord à Tidée que Ton serait porté à se faire, d'après Hérodote et Polybe, du site de l'ancien château d'Ecbatane; l'aspect du terrain s'est assez modifié pour qu'aucun voyageur n'ait reconnu ce site à première vue*. Henry Rawlinson a proposé de chercher la forteresse aux sept enceintes, non pas dans le voisinage d'Hamadan, mais dans l'ancienne Médie Atropatène, au lieu dit Takhii'Soleiman\ Il y a certainement là une très forte position où l'art, en multipliant les lignes de défense, a beaucoup ajouté à la nature. La

460. — La porte fortifiée d'Istakhr. Plan. Flandin et Coste, Perse ancienne, pi. LX.

question est de savoir si, comme l'indiquerait un texte de Moïse de Chorène, il y a vraiment eu eu Médie deux Ecbatanes, que les historiens grecs auraient confondues, et si les renseignements fournis à Hérodote s'appliqueraient à l'Ecbatane septentrionale, différente de celle qu'ont connue Polybe et les historiens d'Alexandre. Ce n'est pas ici le lieu de discuter ce problème d'histoire et de topographie; il suffisait de le signaler à la curiosité des explorateurs futurs.

La Perse a été beaucoup mieux étudiée que la Médie ; on y a relevé

1. Flandin et Goste (Perse ancienne, Texte^Y^. 18) indiquent comme le site le plus probable de ce château une éminence qui s*6lève, vers Test d'Hamadan, au milieu de la plaine, dans le lieu dit Moiissala, H y a là quelques restes de conslnictions antiques, mais, à ce qu'il semble, sans aucun trait qui réponde d'une manière particulière aux indications d'Hérodote.

•2. G. Rawlinson, The five great monarchies, t. U, p. 268.

les restes de plusieurs enceintes fortifiées, qui présentent des dispositions assez curieuses*; mais elles paraissent dater plutôt du temps des Sassanides que de celui des Achéménides. Il n'y a rien là dans Tappareil qui justifie Thypotlièse d'une haute antiquité. Au contraire, il y a tout lieu d'attribuer à l'ancien empire perse la porte d'Istakhr (fig. 460,461 et 462). Cette porte de ville était bâtie en grands blocs de calcaire appareillés à joints vifs, qui font songer aux constructions de Persépolis. L'ordonnance du monument rappelle aussi, toutes proportions gardées, celle des propylées qui, sur l'esplanade, précèdent les palais. Deux gros murs, dont les assises inférieures sont encore en place, ^

461. —.La porte fortifiée d'Istakhr. Coupe longitudinale. Flandin et Coste, ¥erse ancienne, pi. LX.

laissaient entre eux un intervalle d'une douzaine de mètres. Cet espace était coupé en quatre travées par deux murs de refend et par une sorte de portique formé d'une colonne et de deux antes, supports d'un plafond de bois qui, au-dessus des deux allées du milieu, devait être assez élevé pour ne pas gêner le passage des caravanes, des chars et des chameaux. Quant aux deux allées latérales, elles avaient même largeur; mais on ne leur avait donné de hauteur que ce qu'il en fallait pour laisser circuler les piétons. Une des baies a conservé son linteau de pierre. C'était là qu'aboutissait, au sortir des défilés, la route qui, par Pasargade et la vallée supérieure du Polvar, venait de la Médie. Les soldats chargés de reconnaître les arrivants et peut-être de percevoir certains droits, se tenaient à cette entrée de la ville. Dans plusieurs

\, Flandin et Coste, Peme ancienne, pi. XXXI, XXXlf, CCIX, CCXIT, CCXIH.

autres provinces de Tempire, il y avait, sur les principaux chemins que suivait le commerce, de ces portes ainsi gardées; on mentionne les Portes caspienneSy ciliriennes^ amaniennes. La porte d'istakhr aide à

s'en figurer la disposition et Taspect.

D'après la tradition locale, il y aurait eu aussi, sur une des cimes pointues de la petite chaîne que Ton appelle les monh d*Istakhr^ une forteresse qui n'aurait été abandonnée qu'à une époque assez récente. Étant donnée Tétroitesse du sommet sur lequel se trouvent des vestiges de murs et de bassins, il ne pouvait guère y avoir là qu'une sorte de guel. Reconnatt-on dans ces débris la marque des constructeurs qui ont travaillé pour Darius et pour ses successeurs? C'est une question qu'aucun voyageur n'a encore pris la peine de tirer au clair.

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ir»2. — La porte fortifiée d'Istakhr. Coupe transversale. Flandin et Coste, Perse ancienne, pi. LX.

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