‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 354 sur 412 · LA SCULPTURE EN MÉDIE ET EN SUSIANE · texte numérisé non relu

LA SCULPTURE EN MÉDIE ET EN SUSIANE

développé, il s'explique mieux dans le premier que nous ayons décrit (fig. 463). C'est un sacrifice. Derrière le dieu marchent deux personnages, dont Tun, avec sa tunique courte et l'arc qu'il tient levé, est peutêtre le roi en costume de combat, tandis que celui du dessous, avec son vêtement plus ample et plus flottant, serait le prêtre. Par devant, en haut, il y a un groupe de trois ministres du culte, dont l'un porte un vase et les deux autres tiennent des instruments de musique, le premier une sorte de lyre et le second une harpe. Plus bas, un serviteur conduit, sans doute vers l'autel, un animal à hautes cornes dont il est difficile de déterminer l'espèce; près de lui, trois cadavres de béliers décapités dont les têtes sont posées à terre. Enfin, dans le registre inférieur, deux hommes poussent une génisse vers le sacrificateur, devant lequel est placée sur le sol une tête de bœuf. L'autre sculpture est moins compliquée et d'un travail bfen plus grossier (fig. 464) . Devant le dieu sont étendus les corps de sept animaux, où l'on croit reconnaître une lionne avec ses lionceaux. Sur la lionne est penchée une figure qui, d'après la forme des pieds, ne peut guère être que celle d'un homme ; a-t-on voulu représenter le chasseur dépouillant le gibier? Ce dessin est si barbare, qu'il est permis d'hésiter. De l'autre côté, dans un second cadre, quatre petits personnages, à longues robes, qui seraient les prêtres ou les adorateurs.

L'un de ces monuments rappelle à bien des égards les cylindres chaldéens et les bas-reliefs assyriens. Il est tel de ces derniers où Ton retrouve, avec les mêmes attitudes et les mêmes instruments, les musiciens qui sont ici figurés*. Si l'autre bas-relief évoque un souvenir, c'est celui de ces sculptures taillées dans les rochers de l'Amanus, du Taurus et des chaînes secondaires de l'Asie Mineure que nous avons attribuées aux Hétéens*. Plusieurs détails sont presque pareils. Mêmes chaussures ; même lourdeur dans le dessin des jambes ; même manière de représenter la tunique qui, avec ses deux pointes, prend, par en bas, l'aspect d'une jupe en forme de cloche; surtout même facture sommaire, qui réduit l'image à une simple silhouette. La différence est grande avec l'autre simulacre divin, où se mélange si curieusement la vue de face et la vue de profil, où le rendu des étoffes est poussé très loin. A première vue, on serait tenté de regarder comme le plus ancien des deux bas-reliefs celui que nous avons rapproché des sculptures de la Syrie septentrionale et de la Cappadoce; mais la rudesse de l'exé-

4. Histoire de l'Art, t. II, flg. 157, 29i. 2. Histoire de VArt, t. IV, liv. vi.

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culîon n'est pas toujours une sûre marque de haute antiquité. Tout au moins paraît-il probable que, si ces bas-reliefs des environs de Malamir sont tous Tœuvre d'une même race, ils n'ont pas été tous ciselés à la même heure et par un même groupe de sculpteurs. Nous ne savons pour ainsi dire rien de l'histoire du peuple susien, sinon que sa situation entre la mer et les montagnes ainsi que la fertilité de son sol ont toujours provoqué les convoitises de ses voisins; dans un pays tant de fois attaqué, tant de fois saccagé, l'art a pu avoir ses temps d'arrêt, ses périodes de recul; à prétendre dater ces monuments sur leur seule facture, on risquerait fort de se tromper. Il n'en serait plus de même le jour où on serait arrivé à lire et à traduire les inscriptions susiennes ; celle qui occupe tout le champ de l'un de nos bas-reliefs contient peut-être des mentions qui pourraient fournir d'utiles points de repère. Jusqu'à ce moment, tout ce qu'il est permis d'affirmer, c'est que ces sculptures ne relèvent point de l'art qui a fleuri en Perse sous les Achéménides. Ce qui fait la différence, ce sont moins encore les textes gravés près des figures — quelquefois, de part et d'autre, ces textes font défaut — que le caractère- de Tœuvre, que le style et le goût. Les monuments dont nous venons de donner des échantillons ne doivent rien ni à TÉgypte, ni à la Grèce; on n'y trouve rien que ne suffisent à expliquer les exemples et les pratiques des plus vieilles civilisations de TAsie. Au contraire, si les ouvrages qui ont été exécutés sur l'ordre des successeurs de Cyrus se rattachent encore, par plus d'un lien, à la tradition des arts de la Chaldée et de l'Assyrie, on y sent déjà l'influence d'autres modèles.

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Les monuments de ce que nous appellerons la sculpture perse ont tous ce trait commun d'être des monuments royaux, de représenter le roi ou tout au moins de se rapporter à lui, de figurer des scènes destinées à imprimer dans les esprits l'idée de sa puissance et de sa majesté. Les principaux d'entre eux se trouvent dans ce que Ton nomme aujourd'hui le Fars^ dans le bassin du Polvar; mais on en a découvert d'autres en dehors de ces limites, en Médie et en Susiane. Pour dresser la liste de ceux sur lesquels doit porter notre examen, ce n'est donc pas la provenance qu'il faut seule prendre en considération; c'est surtout, avec la langue des inscriptions gravées auprès des bas-

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