Flandin et CosTE, Pevse ancienne , Texte, p. 17, pi
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465. — Le chapiteau de Suse. Vue de face. Louvre. Dessin de Saiot-Elme Gautier.
466. — Le chapileau de Suse. Vue de côté. Louvre. Dessin de Saiut-Elme Gautier.
Les deux avant-corps de taureau qui le constituent, sont exécutés en ronde bosse, et le faire en est vraiment magistral*. Le creux de l'oreille et de la narine, la saillie des cornes et la rondeur du globe de Tœil, la largeur du mufle, Tampleur des genoux fléchis à angle droit et du sabot qui pose sur la console, l'épaisseur des paquets de poils qui ombragent le front, qui pendent aux fanons et qui frangent la nuque et le ventre, tous ces détails sont rendus avec une décision et une vigueur qui attestent une rare entente de la sculpture décorative; l'artiste a su simplifier assez la forme pour que les traits caractéristiques du type choisi soient nettement marqués et ne perdent rien de leur effet, malgré la hauteur du fût.
Doué de pareilles qualités, le sculpteur aurait été, ce semble, très capable d'élever à ses rois des statues semblables à celles que TÉgyple avait dressées à ses Pharaons, cette Egypte qu'il connaissait, que visitèrent Cambyse, Darius et Artaxerxe Ochus. Il l'aurait même fait, si l'on en croit Plutarque. Celui-ci raconte que les soldats d'Alexandre, lorsqu'ils entrèrent dans la capitale de la Perse, auraient renversé de son piédestal une statue de Xerxès*; mais quelle confiance convient-il d'accorder à cette assertion? Tant que l'on n'aura pas retrouvé au moins un fragment d'un ouvrage de ce genre, on sera toujours en droit de se demander si l'historien n'a pas employé ici un terme que ne lui fournissait pas l'auteur qu'il suit dans cette partie de son récit. Celte image de Xerxès pouvait être une stèle, analogue à ces bas-reliefs qui représentent à Persépolis les rois constructeurs de palais. Quant à des
1. Les images de chapiteaux perses que nous avons données jusqu'ici (fig. 3H, 312, 313, 430) sont toutes plus ou moins des restaurations; pas un chapiteau vraiment complet n'avait été retrouvé à Persépolis, où les fragments d'architecture étaient exposé> depuis des siècles à l'air libre et aux intempéries. Le chapiteau que M. Dieulafoy a rapporté de Suse et remonté au Louvre, enseveli sous plusieurs mètres de décombres jusqu'au jour 011 cet explorateur l'a déterré, était dans un bien meilleur état de conservation. Aux cornes près, qui étaient toujours rapportées, l'un des taureaux est presque intact; à l'autre, à celui de gauche, il manque le mufle et quelques morceaux moin? importants; mais ceux-ci ont pu être fidèlement restitués d'après les parties correspondantes de l'exemplaire voisin. Pour Persépolis, l'exemplaire peut-être le mieux conservé des formes du taureau est donné par un chapiteau gisant à terre dans la Salle hypostyle de Xerxès; la planche 93 de Stolze en fournit une reproduction photographique très nette.
2. Plutakque, Alexandre, XXXVII. Plutarque a certainement cru qu'il s'agissait d'une statue, car il emploie le mot «vôpiaç. Au contraire, ce mot ne se trouve pas dans un texte , d'Hérodote (III, 88), que l'on a quelquefois cité comme contenant la mention d'une autre statue royale exécutée en Perse. Hérodote racontant que Oarius avait voulu perpétuer par un monument le souvenir de la victoire qu'il avait due a son cheval s'exprime ainsi : Tu;:ov TioiTjaafigvoç X^Oivov eoTTiae. Le terme t;5;:o; semble indiquer plutôt un bas-relief.