‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 361 sur 412 · TOME V · texte numérisé non relu

TOME V

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c'est devant la Salle hypo>tyle de Xerxès, sur a façade de son soubasst^inent, qu'a été développé le plus largement le premier des thèmes favoris de la statuaire perse, celui où tout parle du roi sans jamais le mettre en scène. Il y a ici quatre rampes au lieu des deux qui suffisent ailleurs, et le mur qui s'étend entre elles a une bien plus grande longueur que dans les palais d'habi tation ; il est assez haut pour que la surface ait pu eu être partagée en trois registres ; aussi les :' figures se comp-

tent-elles par r. . ^ centaines , et

?T= f non plus par

" L unités ou par dizaines, ce qui a permis àTartisfe de faire ici un tout autre effort d'invention que dans les monuments où la place lui était plus étroitement mesurée.

Il ne reste plus guère que de faibles traces du registre supérieur, et

470. — Persépolis. Bas-rolief d'un chambranle de la Salle aux cent colonnes Flandin et Coste, Perse ancienne ^ pi. CL VI.

471. — Perscpolis. Bas-relief iïun chambranle du palais n» 7. Flandin et Coste, Perse ancienne^ pi. CXLVII.

cependant, quoiqu'il n'y ait point ici d'inscription, comme à Béhisloun, il est facile de saisir le sens général de la vaste composition qui se déroule sur ces soixante mètres de muraille.

Le centre idéal du tableau, c'est le perron qui occupe le milieu de la façade. Les personnages, qu'ils gravissent les marches des escaliers ou qu'ils s'avancent dans les bandes horizontales entre lesquelles est divisée la paroi, tendent tous vers un même point, vers cette partie de l'esplanade supérieure où les deux cortèges se rencontreront en face du trône impérial (pi. IV). Des deux côtés, les figures se dirigent donc dans le même sens, et leur allure est réglée par le même rythme ; les intervalles qui les séparent sont pareils; mais, malgré ces ressemblances, les deux processions n'ont pas tout à fait le même caractère. A droite de l'escalier principal, les attitudes et les costumes offrent bien plus de variété; la suite des images, au lieu de former ici, comme du côté gauche, une série continue, est coupée en tableaux que limitent de petits arbres en forme de cyprès, et, à la diversité des vêtements, à celle des animaux qui se mêlent aux rangs pressés de la foule, on devine que l'action représentée dans cette moitié des frises sculptées, tout en gardant son unité générale, se laisse décomposer en un certain nombre d'épisodes dont chacun a sa valeur et sa signification particulière.

En tête du cortège de gauche marchent, dans les trois registres et le long des degrés de l'escalier, une centaine de ces doryphores ou gardes armés de lances, que les écrivains grecs ne manquent jamais de mentionner quand ils décrivent l'appareil qui entourait le roi de Perse, soit à l'armée, soit dans les pompes où, de loin en loin, il se montrait aux yeux de son peuple*. Destinés à veiller sur la vie du prince auprès duquel on les trouve aussi groupés sur la façade des tombes royales, c'est eux qui arrivent les premiers pour se ranger autour de son trône. Derrière cette sorte de piquet d'honneur viennent ce que l'on peut appeler les gens du roi, ces alliés du sang qui devaient lui faire un rempart de leurs corps sur le champ de bataille', les grands seigneurs, les courtisans, les officiers de tout grade, enfin tous les chefs de la nation, tous ceux que leur charge ou leur naissance autorisait à paraître en l'auguste présence. L'uniformité de l'habit chez tous ces personnages est un signe de l'égalité des conditions (fig. 472). 11 n'y a là que deux types qui alternent sans interruption, d'un bout à l'autre du pan-

1. XéNOPHON, Cyropédie, VIII, ni, 9-18. Qdinte-Curce, ïll, m.

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