‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 362 sur 412 · QuiNTB-GuRCB, III, m · texte numérisé non relu

QuiNTB-GuRCB, III, m

neau. Une figure sur deux est coiffée d'une large tiare à côtes, en forme de toque, et habillée d'une robe à longues manches qui tombe jusque sur les chevilles. La figure voisine porte une espèce de calotte, faite probablement de feutre, qui dessine une légère saillie au-dessus du

472. ' Persépolis. Bas-relief du soubassement de la SaUe hypostyle de Xcrxès. Flandin et Coste, Pei'se ancienne, pi. LXLV.

front. Le torse est couvert d'une tunique collante qui s'arrête au genou sur de larges pantalons qui enveloppent toute la jambe.

Les contemporains ne pouvaient se tromper sur l'intention de l'artiste ; ils comprenaient, à première vue, quelles étaient les deux catégories de dignitaires que le sculpteur avait ainsi différenciées. Quant à nous, il nous est permis d'éprouver quelque embarras. On ne saurait songer à la distinction de ce que nous appelons l'ordre civil et l'ordre

militaire ; rantiquité ne Ta point connue. La conjecture la plus vraisemblable, c'est encore celle-ci : qu'il faut voir là les représentants des deux , peuples frères qui se partageaient toutes les hautes fonctions de l'empire, les Mèdes d'une part, reconnaissables à ces vêtements amples et flottants que les successeurs de Cyrus ont fini par emprunter à ceux de Déjocès\ et, d'autre part, les Perses, avec ces justaucorps et ces braies de cuir, les anaxyrides^ comme disaient les Grecs, qui étaient le costume primitif de ces rudes montagnards, costume que leurs descendants gardèrent peut-être, par orgueil national, dans les cérémonies publiques longtemps après qu'il était sorti de Tusage ordinaire *. Ce qui confirmerait cette hypothèse, c'est que tous ces personnages se ressemblent, à l'habit près. Chez tous, même taille et mêmes traits ; rien qui donne lieu de croire à une différence de race. Tous sont armés de l'épée courte, passée par devant dans la ceinture ou suspendue à une courroie et tombant sur la cuisse droite (fig. 472) ^ 11 y en a qui sont en outre munis de l'arc, qu'ils portent serré dans un étui, et attaché sur le flanc gauche ; mais les figures où l'on relève cette particularité appartiennent indifféremment à l'une ou l'autre série. 11 en est de même de celles, en assez grand nombre, qui tiennent une fleur à la main ; c'est là une habitude encore très répandue en Perse; il est de bon ton, quand on sort, d'avoir entre les doigts une fleur, rose, tulipe ou jacinthe, que l'on offre au premier ami rencontré sur le chemin. Les mêmes bijoux ornent le poignet et les oreilles de tous les membres du cortège ; tous ont des colliers massifs, insignes du rang qu'ils occupent dans l'État. Tous enfin, quelle que soit leur coiffure, ont la chevelure et la barbe frisées avec art et disposées en plusieurs étages de boucles. Celles-ci tombent en gros paquets sur la nuque ou s'allongent en pointe audessous du menton, sans jamais atteindre pourtant la longueur de certaines barbes assyriennes. Seuls les gens des classes supérieures avaient le loisir de passer ainsi leur poil au fer et d'en prendre un tel soin*. Chez les gardes, barbe et cheveux, quoiqu'un peu plus courts, présentent le même arrangement; quelques-uns d'entre eux portent la

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