Spirgel, Die altpersisc/ien KeUinschriflerif p. î
Quant aux bas-reliefs qui correspondent à ceux-ci, sur les chambranles des portes de la façade postérieure, ils ont le même caractère; mais là c'est une autre série d'images que l'artiste a choisie pour l'adapter à la forme du champ qu'il avait à remplir : ces gardes qu'il avait placés en tète du cortège des dignitaires de l'État et qu'il avait aussi postés sur les marches des escaliers, il les a repris et il les a groupés, non pas autour de leur maître, le panneau, trop étroit, ne se prêtant pas à cette combinaison, mais au-dessous de lui. Ils sont là au nombre de cinquante, dix par file, chacun avec les particularités de son équipement (fig. 436); trois seulement sont pourvus du bouclier. La scène principale, celle d'en haut, est la même que de l'autre côté ; seulement elle se complique ici de figures accessoires. Derrière le roi et le serviteur qui l'éventé, est debout un officier auquel semblent confiées les armes royales. Dans sa main droite, il tient une petite hache ou masse d'armes, et, sur son épaule gauche, il supporte un arc au moyen d'une tige fourchue à laquelle on ne peut attribuer d'autre usage que celui de servir de point d'appui au bras, afin d'assurer le tir. Un doryphore ferme la marche. Devant le roi sont posés à terre deux objets cylindriques qui pourraient être des brûle-parfums ; ils le séparent d'un personnage qui, vêtu d'une tunique courte, et appuyé sur une longue canne, paraît adresser la parole au souverain. A l'extrême droite, faisant pendant au porte-lance, un serviteur chargé d'un vase. D'ailleurs, dans l'un comme dans l'autre exemplaire de ce sujet, un dais, dont nous avons déjà signalé la richesse, couvre de son ombre la tête du prince, et, là où le jambage n'a pas perdu son assise supérieure, l'image d'Ahura-Mazda plane, les ailes éployées, au-dessus de cet ensemble.
La décoration du chambranle, dans les baies des façades latérales, est plus simple; le roi y est mis aux prises avec des monstres dont la physionomie change d'une porte à l'autre (fig. 351). Là, le roi ne porte plus tout à fait le même costume que dans les autres tableaux. Il est toujours vêtu de la longue robe médique ; mais, pour être plus à Taise dans le combat qu'il livre, il en a relevé le bas ; passée dans la ceinture, la partie inférieure dé la draperie vient tomber par derrière, sur les reins ; la jambe droite se trouve ainsi à découvert, jusqu'au-dessus du genou. La tête n'est pas non plus coiffée de la haute tiare, qu'aurait dérangée le mouvement de la lutte ; la tête est nue ; un simple bandeau, noué autour du front, maintient les cheveux. Ces mêmes groupes ornent aussi les baies secondaires des palais d'habitation (fig. 352); quant aux entrées principales, à celles qui donnent sur le portique, on
y retrouve le roi représenté avec tous les insignes de la dignité suprême; mais la place aurait manqué là pour une figuration aussi compliquée que celle qui se développe, dans la Salle aux cent colonnes, sur les pieds-droits de portes dont la dimension est exceptionnelle. La scène a donc été simplifiée. Le roi a toujours le sceptre en main ; mais il n'est plus assis sur cette çstrade d'où ses regards s'abaissent sur son peuple ou sur son armée. Ici, ses pieds posent sur le sol. H est debout; il sort de son palais, comme pour aller à la rencontre de tous ces hommes qui, chargés de présents ou dociles ù leur consigne, se dirigent vers la demeure royale. Il va s'exposer au jour du dehors ; le chasse-mouches ne suffirait donc plus à garantir de toute gène ce front auguste ; un second serviteur le couvre et l'abrite sous le parasol (fig. 471). Dans l'intérieur des édifices, on relève la trace de tableaux où se complétait cette représentation de la vie royale ; ainsi, au fond du palais de Xerxès, on voit, sur un jambage demeuré debout parmi les ruines, des personnages marchant l'un derrière l'autre et portant des objets destinés à la toilette ; le premier tient un flacon et une serviette, le second un seau à anse et une espèce de cassolette . Tous deux sont imberbes, et leur visage paraît juvénile; ce sont des pages attachés au service des appartements les plus secrets (fig. 479). La décoration semble d'ailleurs avoir été plus riche et plus variée là que partout ailleurs ; il y a des sculptures jusque sur les ébrasements des niches ou fausses fenêtres.
Les figures que nous avons énumérées, toutes nombreuses qu'elles soient, ne sont qu'une faible partie de celles qui formaient autrefois la parure des monuments de l'esplanade. Il y a des palais dont il ne reste plus que quelques pierres, et, dans ceux mêmes qui ont le moins souffert, le haut des soubassements a disparu avec les bas-reliefs qui y étaient ciselés. On possède pourtant au moins des fragments de tous les ensembles de quelque importance, ce qui permet de penser que, dans les parties détruites, il n'y avait rien qui différât sensiblement, comme motifs, comme types et comme facture, des parties conservées. Cette hypothèse est d'ailleurs confirmée par tout ce que Ton sait des habitudes de cette sculpture. Celle-ci ne craint pas de se répéter ; ce sont toujours les mêmes personnages qu'elle fait repasser sous les yeux du spectateur. On est donc en droit d'admettre que la décoration sculptée des palais de Persépolis n'est tout entière que le développement, ici plus ample et plus discursif, là plus resserré, des deux thèmes que nous avons devinés sous cette multiplicité des images et que