Fr. Spikgel, Die aUpenischenKeHinschriften,\i
2. Sur les modifications de ce symbole, voir Tétude de M. Goblet d'Alviella, Recherches sur l'histoire du globe ailé hors de Vtjjypte, 8®, i888, Bruxelles.
couronnement des façades et dans la partie supérieure des bas-reliefs: c'est celle d'un personnage de petite taille, qui est coiffé de la même tiare et vêtu de la même robe que le roi ; derrière lui pend une ceinture aux bouts flottants^; mais son corps se termine par un bouquet de plumes qui le met en dehors et au-dessus de l'humanité. Ce qui achève de lui donner ce caractère, c'est le large anneau, sans doute l'emblème du disque solaire, qui lui fait comme une ceinture; c'est lample faisceau d'ailes éployées qui le soutient dans l'espace où il plane. Dessinées en éventail, avec une élégante précision, dans les bas-reliefs du palais (cul-de-lampe du chap. V), ces ailes sont indiquées bien
480. — Persépolis. luiuge d'Ahura-Mazda. Flandin et Coste, Pase ancienne^ pi. CLXIV.
plus sommairement au-dessus des tombes (fig. 392 et pi. I) ; elles y forment un lourd faisceau, d'un contour assez disgracieux (fig. 480'. Le dieu qui, d'après la teneur des inscriptions, ne peut être qu'Ahura- Mazda, a l'une de ses mains étendues, comme s'il parlait à ses adorateurs ou les bénissait; l'autre tient et montre un anneau. Cette figure est partout de petite taille; partout le geste et les attributs sont les mêmes; elle ne joue dans la composition qu'un rôle très secondaire. C'est à juste titre que l'on vante l'élévation morale et la pureté des croyances de la Perse ; mais, d'autre part, on est forcé de reconnaître que cette simplicité toute spiritualiste des croyances et du culte
1. Ces banderoles se voient déjà quelquefois en Assyrie (Histoire de F Art, t. H, fig. 18), et ce qui peut-être en explique Torigine, c'est le cylindre où elles sont assez prolongées pour descendre jusque dans la main des adorateurs et établir ainsi un lien malériel outre eux et la divinité {Ibid.y fig. 343).
n'était pas de nature à favoriser Tessor de Timagination et des arts du dessin; elle ne les provoquait pas à ces efforts que, chez d'autres peuples , un plus riche développement de la mythologie imposait au sculpteur, quand il se sentait contraint à devenir très habile dans le rendu de la forme, pour y trouver les moyens de rendre sensible à Tœil, par de légères modifications du contour, la multiplicité des aspects sous lesquels son peuple et lui concevaient la substance et l'action des différentes divinités*.
Il n'y a donc pas lieu d'être surpris que Tari officiel ait si étroitement mesuré aux simulacres divins la place qu'il leur accorde dans ses compositions monumentales; c'est ce qui devait résulter des idées et des habitudes qui régnaient dans ce milieu ; aussi ne trouve-t-on pas non plus ici ces petites images de métal ou de terre cuite qui partout ailleurs reproduisent en abrégé, à des milliers d'exemplaires, les types des statues proposées dans les temples au respect des peuples. Les vrais fils de l'Iran n'avaient pas, ce semble, d'idoles familières et domestiques. On n'a rien découvert de pareil en Perse, et l'on ne saurait attribuer ce caractère aux quelques statuettes de bronze, d'un mouvement assez juste, mais d'une exécution très sommaire, que M. Dieulafoy a rapportées de Suse^ Il y a, par exemple, un homme qui passe le bras autour du cou d'un chien (fig. 481); ses traits sont bien ceux que nous connaissons par les bas-reliefs de Persépolis. Il y a un
\ . 11 est curieux que ces bas-reliefs ne nous offrent pas trace des mythes propres à FAvesta. On aurait pu s'attendre à voir le sculpteur, quand il a voulu montrer le roi triomphant du mauvais principe, le mettre aux prises avec Azi-Dahaka ou Zohak représenté comme un homme à deux têtes de serpent sur les épaules (J. Darmbsteter, Introduction au VencUdâd, p. LXV); mais point : c'est contre les monstres chaldéens qu'il lutte toujours. Aucune image non plus des Pairikas ou Péris et des autres démons dont il est souvent question dans les mêmes livres {Ibid,, p. LXVI-LXVII). Il est certain que des êtres comme Tàne à trois pattes, qui figure aussi dans TAvesta, offraient des types moins heureux que le lion, le griffon, la licorne. Le sacrifice non plus n'est jamais représenté, malgré l'importance qu'il a dans le ciilte mazdéen {Ibid,, p. LXVHlj.Ces types créés par l'imagination arienne n'apparaîtront que dans un art très postérieur; il y a un basrelief sassanide ou Ahura-Mazda écrase un personnage autour de la tête duquel est enroulé un serpent, personnage qui n'est autre que Zohak. On sait aussi quelle popularité a acquise, du temps de l'empire romain, dans tout le bassin de la Méditerranée, le groupe du sacrifice à Mithra, dont les origines sont à chercher en Perse.
2. Gobineau {Histoire des Perses, t. I, pp. 19-20) parle d'une plaque de cuivre, de deux pieds carrés et épaisse de trois pouces, qui, quelques années avant la publication de son livre (1869), aurait été trouvée dans les ruines de Persépolis. Deux dyws ou dénions, ditil, y sont représentés gravés en creux, l'un en face de l'autre et dansants; ils seraient exactement semblables au type fourni par les artistes assyriens, type que caractérisent la longueur des dents, le prolongement des oreilles et la hauteur de la taille. Cette plaque serait un moule, destiné à fournir des reliefs en terre. Elle a été déposée dans la mosquée de Chah-Abd-ul-Azyz, voisine de Rey. Il importerait d'en avoir un dessin.
lion dans ratlitude de la marche (fig. 482) et quelques autres objets de
ce genre dont la destination reste aussi indéeruiiiiée. Quant à ces iigurines d'argile que Luftus et les récents explorateurs ont recueillies à Suse en grand nombre et qui représentent une femme nue, aux larges hanches et au ventre saillant, on y reconnaît, de quelque nom qu'on veuille l'appeler, Mylitta ou Achtoret, une déesse chaldéenne de la fécondité ^ Suse étail bien devenue une des capitales de Tem- [lire ; mais si les rois y séjournaient avec leur cour, s'ils y entretenaient, dans la citadelle, une garnison de Mèdes et de Perses, c'étaient toujours des Susiens qui habitaient la ville et les campagnes voisines, et ils adoraient des dieux, ils pratiquaient des cultes qui remontaient aux plus anciens âges et étaient apparentés de très près à ceux de la Babylonie. 11 est d'ailleurs impossible d'assigner une date, même approximative, à telle ou telle de ces lourdes et brutales statuettes. Comme pour beaucoup d'autres types chers aux superstitions populaires, la fabrication a dû s'en continuer, sanschangements notables, jusqu'aux derniers jours de l'antiquité; on gardait les moules. Même observation pour les petites figures de musiciens qui ont été recueillies aussi à Suse, par Loftus. Elles reproduisent un type que l'on connaît par la Chaldée et l'Assyrie.