Histoire de CArt, t. H, p. 82 el fig
481. — Statuette de oronze. Louvre. Dessin de Saint-Elme Gautier. Grandeur d'exécution.
meuts viennent souvent, fort à propos pour Thistorien, combler les lacunes qu'a creusées le hasard des destructions; ici il ne faut pas compter sur ce supplément d'informations. Les idées que le sculpteur perse a conçues et les procédés dont il s'est servi pour les traduire, c'est par les bas-reliefs de Persépolis que nous les connaissons ; c'est encore là qu'il faut surtout étudier son œuvre, même après les fo\iilles de Suse. Celles-ci n'ont donné que des fragments, qui, lorsqu'on les a trouvés, n'occupaient plus la place qui leur avait jadis appartenu ; pour leur en assigner une dans l'ensemble que l'on cherche à restituer, on se fonde surtout sur les analogies que l'on a constatées entre les dispositions générales des édifices de Persépolis et des édifices de Suse. C'est donc toujours aux premiers qu'il faut revenir, à ceux où la ferme assiette du roc et la solidité de la pierre ont défendu contre les injures du temps et contre celles des hommes non seulement les grandes lignes des bâtiments et leurs membres principaux, mais encore des parlies de la décoration assez intactes et assez considérables pour que le caractère et le sens de celle-ci se laissent clairement apercevoir.
Sous des apparences de complexité qui ne résistent pas à un examen attentif, rien de plus simple que la conception qui |a présidé au groupement et à l'exécution de toutes ces images. L'artiste, quel qu'il soit, auquel a été confiée, sous le règne de Darius, la décoration du premier bâti de ces palais, ne s'est pas préoccupé de transmettre à la postérité le souvenir de tel ou tel événement contemporain; il lui aurait fallu choisir entre trop d'exploits récents, entre trop de victoires également brillantes. Les dimensions et le mode de construction du palais ne mettaient d'ailleurs pas ici k sa disposition des champs aussi étendus que ceux où le sculpteur assyrien avait retracé, en une longue suite • de tableaux anecdotiques, la chronique illustrée des campagnes et des conquêtes de ses maîtres. Ainsi limité par lespace, le sculpteur perse eut une autre pensée : il dessina le plan d'une vaste composition qui serait la glorification de cette puissance royale dont les titulaires peuvent changer, mais dont la dignité reste la même, en quelques mains qu'elle soit placée. Ce qui lui suggéra cette idée, ce furent ces groupes de la cour qu'il voyait, les jours de fête, se dérouler sous ses yeux. Dans ces cérémonies, il y avait un acteur principal, le roi, raison (^être du déploiement de toute cette magnificence, centre et but de tous ces mouvements réglés par l'étiquette, et, d'autre part, des acteurs secondaires, les chefs des tribus, les commandants des troupes, les délégués des nations sujettes et les officiers qui les introduisaient, les gardes