‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 373 sur 412 · TOME V. iOo · texte numérisé non relu

TOME V. iOo

De même que le roi, que le soldat, que le tributaire, ranimai est devenu ici une abstraction, qui n'intéresse le statuaire que par le rôle qu'il lui assigne dans la fête qui se donne en Thonneur du roi. Celui qui tient la plus grande place dans les bas-reliefs de Persépolis, c'est le lion ; or il semble que le sculpteur perse n'ait jamais pris plaisir, comme l'assyrien, à regarder un lion vivant, dans le mol abandon du sommeil, dans l'élégance de la marche, dans l'élan du saut, dans la passion déchaînée de la lutte, dans les convulsions de l'agonie. Sur les frises des tombes, les lions qui défilent sont dessinés correctement, mais faits de pratique, comme on dirait en style d'atelier (fig. 350). Dans le duel engagé entre le roi d'une part, et, de l'autre, le lion ou ces monstres qui ne sont que des variantes du lion, le griffon et la licorne, les membres sont dessinés avec soin et même avec une très franche vigueur (fig. 351, 352, 486); le défaut, c'est que ni le roi ni le monstre ne paraissent lutter en combattants qui disputent leur vie à l'ennemi. Partout pareilles, leurs poses, celle du vainqueur et celle du vaincu, sont également froides et conventionnelles. Enfin, là où cette lutte revient sous forme symbolique, dans le corps à corps du lion et du taureau, si le mouvement général est juste et même esquissé avec un certain feu, il y a de la lourdeur et une exagération de puissance musculaire dans le mufle du lion, qui se présente de face. Quant au taureau, sa tête est loin d'avoir la noblesse et l'ampleur qu'elle présente dans les chapiteaux; une des pattes, relevée et appuyée contre le cadre, semble cassée; elle est d'un effet disgracieux. Le torse delà bête est un peu grêle (fig. 491). Dans le cortège des porteurs de présents, les chevaux, l'àne, les béliers, le bœuf bossu, le chameau sont d'un dessin exact. L'ensemble de la forme est bien saisi; mais il n'est indiqué que par un contour vide (fig. 475-i76). La proportion entre les figures d'homme et les figures d'animaux est d'ailleurs mal observée; en général, celles-ci sont trop petites. Ce qui manque surtout, c'est ce vif sentiment de la diversité des espèces et de leur physionomie individuelle qui fait du peintre égyptien et du sculpteur assyrien des animaliers hors ligne.

Il y a une exception. Elle est fournie par les frises de Suse, en terre émaillée. L'art oriental n'a rien produit de plus beaii que ces figures de lions qui décoraient, selon toute apparence, Tentablemenl des propylées (pi. XI) *. Jamais il n'a mieux rendu ce mélange de sou-

1. Los lions de celte frîse ont 1",75 de haut et 3°»,50 de long.

Page 1