‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 394 sur 412 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

LES ARTS INDUSTRIELS

Pour qu'il y ait dans un pays des arts industriels qui méritent vraiment ce nom, ce n'est pas assez que le travail manuel n'y soit point méprisé ; il faut encore que le goût du beau y soit assez répandu pour que l'ouvrier lui-même en subisse l'influence; il se trouve alors conduit à porter, dans toute œuvre à laquelle il s'applique, un vif et juste sentiment des délicatesses de la forme, sentiment qui, par sa seule vertu, suffit à ennoblir jusqu'aux tâches que l'on traite parfois de serviles. C'est ainsi que les choses s'étaient passées en Egypte et en Chaldée, dans ces ateliers où furent créés les types et les motifs d'ornement sur lesquels vécut la haute antiquité. A plus forte raison en fut-il de même dans cette Grèce, où l'ouvrier ne se distingue pas de l'artiste. De la Perse il n'y avait rien de pareil à attendre. Les Perses n'estimaient ni les arts mécaniques, ni le commerce auquel ils donnent naissance \ C'était pour eux un sujet d'élonnement et de scandale que l'activité bruyante de l'agora grecque, avec ses boutiques, avec ses bavardages et ses marchandages ^ L'agora suppose une population agglomérée; or il ne semble pas que la Perse, au cinquième siècle, ait eu une seule ville assez importante pour que le nom en arrivât jusqu'aux oreilles des Grecs. Ceux-ci, dans tout l'Iran, ne connaissaient guère qu'Ecbatane^ Entre la capitale de la Médie et Suse, ceux mêmes qui sont le mieux informés ou qui veulent le paraître, Xénophqn après Hérodote,

i, Hérodote, II, 167. Strabon, XV, ni, 19 : oute :zùiko\jfsiv o3ts tovouv-at.

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